CHAPITRE XVII
l'oa pnit fnteiHlrc plawan cbo«s par oct booM àa ciel et <k 1* krre.
«Encore, disent-ils, que tout cela soit véritable, Moïse, néanmoins, n'entendait pas parler de ces deux choses, lorsque étant inspiré du .Saint-Esprit , il a dit que Dieu créa au commencement le ciel et la terre ; il n’a pas entendu par ce nomdu ciel cette créature spirituelle et intelligente qui jouit incessamment de la vue de Dieu , ni par le nom de terre cette matière sans forme, «fi qu'a-t-il donc entendu?! — «Ce que nous disons,! répondent -ils. — «Et quoi?! leur denundé-je. — « Par le nom du del et de la terre , répliquent-ils. Moïse a voulu premièrement m»equer en général et en peu de mots tout ce inonde visible, ahn de distinguer ensuiteen particulier selon le nombre des jours dont il parle, toutes les choses qu'il a plu an Saint-Esprit de comprendre généralement sous les noms du ciel et de la terre. Car le peuple juif était si grossier et si charnel, que Moïse ne jugeait pu à propos de leur parler d'autres ouvrages de Dieu que de ceux qui sont visibles et corporels. «
Ainsi ils avouent que par cette terre invisible et sansordre, et par cet abîme couvert de ténèbres, dont ensuite toutes les choses que nous voyons et qui sont cimnues à tous les hommes, ont été foites durant les six jours, on peut entendre avec raison cette matière informe dont j'ai parié.
D'autres pourront dire que cette même confosiun d'une matière informe a été premièranent appelée du nom du ciel et de la terre , parce que ç'a été d'elle qu’a été formé ce monde visible avec toutes les natures qui s'y font voir si clairement à nos yeux, et que l’on apfielle d'ordinaire du nom du ciel et de la terre. D'autres pourront dire encore qu'on peut, avec assez d'apparence , ippeler do nom du ciel et de la terre tous les êtres tant invisibles que visibles; et qu'ainsi toutes les créatures que Dieu a faites par sa sagesse, qui est le principe de toutes choses, sont comprises sous ces deux noms;
COiNFESSIONS DE SAINT
mii$ que parte qo'étant fiûtea de rien et non paade U propre tiibslancedeDieu, pniaqn’eUes ne aont pas une m(me chose que loi , elles sont natureUement muahles et sqjettes au chan(^ ment, aussi bien que celles qui ne changent point, comme sont ces bienheuretises intelligences que Dieu a choisies pour son éternelle maisun, et celles qui changent, comme est le corps et rame de l'homme. matière encore inüarroe, mais capable de recevoir diverses formes , dont devaient être formés le ciel et la terre, c'est-i-dire cette double créature , l’one invisible et l’autre visible, a été appelée une terre invisible etsansordre, etunabimesurlequel les ténèbres étaient répandues, avec cette dlstinetion , que ce mut de terre invisible et sans ordre marque particulièreanent la matière corporelle avant qu'elle eût reçu aucune forme, et celui d'abtane , sur lequel les ténèbres étaient répandues, la matière spirituelle avant qne votre stresse l’eût illuminée, rteûtarrétélecaursde cette inconstance qui lui était naturelle.
Et enfin quelques autres pourront encore dire que , lorsque nous lisoiu dans la Genèse , Dieu créa an commencement le ciel et la terre , rÉcriture n'entend point, par ces mots, ces natures invisibles et visibies autant que d^è formées, et sebn qn'elles ont reçu la perfection de leur être , mais qu'elle a nommé ainsi cette matière informe qui n'était qne comme un commencement des ouvrages que Dieu voulait faire, parte qu'ils en pouvaient être tirés et formés, et que ces dcui créatures, l'une spirituelle et l’antre corporelle , qui étant maintenant disposées avec un ordre admirable portent le nom de del et de la terre, étaient dès lors dans elle, quoique très confusément et sans être distinguées ni par les qualités ni par les formes qui les rendent maintenant si belles et si agréables.