‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 233 sur 684 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

1oiilt-« lr« lirnnrni Irur ^ dr la porr bond^

iSe llmi.

Toutes vos créatures ne subsistent que par la plénitude de votre bonté, qui a voulu en les créant donner l'étre A un bien qui pouvait procéder de vous, quoiqu'il vous fût iuutileet qu'il n'eût rien d'égai A vous; car, quel service vous ont rendu le ciel cl la terre, pour mériter que vous les créassiez par votre parole étemelle, qui est le principe de toutes les créatures? Que le» créatures tant spirituelles que corporelles, que vous avez créées par votre sagesse, me disent ce qu'elles ont fait pour mériter de recevoir d'elle cet être même imparfoil et inibrme, chacune en son genre, l'un spirituel et l'autre corporel. El quoique ce cuinmencrmcnl d'élre soit encore filet défrctucus, et les tienne fort éloignées de votre divine ressemblance : néanmoins, puisque la créature .spirituelle, quelque informe qu’elle soit, est plus rscrllente que le corps du monde le plus beau et le mieuz formé, et que la corporelle aussi , quelque informe quelle soit , est toujours plus ezccllenlc que le néant , que vous ont-elles foil. Seigneur, pour mériter d'étre au moins en métal, auquel elles seraient toujours demeurées, si ce même Verbe et celle même lagesae ne

les avaipnt rappelée» à voire unité , et ne leur avaient donné une forme qui les rend si belles, qn'ainsi qu’elles procèdent de vous, qui êtes souverainement bon, elles sont aussi toutes ensemble excellemment bonne»?

Qu’est-cc que la matière corporelle avait mérité de vous pour être même invisible et infbnne , puisqu'elle ne pouvait même être telle que parce que vous l’aviex faite , et que n’étant point elle ne pouvait mériter de vous que vou.» lui fissiez la faveur de lui donner l’ètre ? et qu’avait aussi mérité de vous cette créature spirituelle encore imparfaite, pour être, quoique ténébreuse et flottante, quoique semblable i un abîme si dissemblable à vou», si par le même principe, qui est votre Verbe, elle n’avait été ramenée vers le divin auteur de son être, qui l’ayant illuminé, l’a feit devenir une lumière, non pas éRale à ce Verbe, mai» qui a du rapport à la beauté de cette forme originale de toutes choses, laquelle est égale à vou»? Car comme en un corps, ce n’est pas une même chose d’être et d’être beau, puisque autrement il n’y en pourrait avoir de laids ; ainsi , dans un esprit créé , ce n'est pas la même chose d’être, et d’être sage, pnisqueantreroent il serait immuable dans la sagesse, au lieu qu’il lui est néces-saire de s’attacher incesaamment à vous, mon Dieu , afin de ne perdre pas, ens’en éloignant, la lumière qu’il a acquise en s’en approchant, et de ne retomber pas dans une vie semblable â un abîme ténébreux; car nous qui tenous aussi rang, selon l’ame, entre vos créatures spirituelles, n’avons-ooos pas été autrefois ténèbres dans cette sorte de vie, lorsque nous nous sommes détournés de vous qui êtes notre lumière ? Et ne travaillons-nous pas encore tous le» jour» è dissiper le» reste» de cette obscurité jusqu’à ce que nous devenions votre justice par votre fils unique. Notre- Seigneur, et soyons rendus semblables aux montagnes de Dieu après avoir été l’objet de vos jugemens ainsi qu'un profond ablnm?

Page 1