‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 244 sur 684 · IS · texte numérisé non relu

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U giuirc , et que toute* no* larmes seront essuyées, CCS lamies qui me sont devenues inon pain ordinaire le jour et la nuit, lorsqu'on médit sans cesse : «Où est votre Dieu.- •

CHAPITHE XIV.

L’âfii» e»t MMiIrnur par l'np^rance.

Et moi-méme souvent je m'écrie : « Où êtesvous, mon Dieu , où êtes-vous? • Et je respire un peu en vous, lorsque mon ime se répand en elleméme par la joie qu'elle ressent de confesser votre fp-andeur et de publier vos louanges; mais elle ne laisse pas d'étre encore triste, |»arce qu'elle retombe bientôt dans les faiblesses et qu'elle devient un abîme, ou pour mieux dire elle reconnaît qu'elle est encore un abime. lorsqu'elle est en cet état , U foi que vous m'avez donnée pour conduire mes pas parmi ces ténèbres, lui dit: ^ « r<Hirquoi es-tu triste, mon âme, et pourquoi me | troubles-tu ? Espère en Dieu, dont la parole est i un Hambeau allumé pour te conduire; espère et j persévère jusqu'à ce que la nuit mère des impies ! soit passée, et que la colère du .Seigneur le soit aussi. Cest cette colère dont nous étions les enfans , lorsque nous étions autrefois ténèlires ; et noos portons encore les restes de ces ténèbres dansce corps mort par le pécbé. jusqu'à ce que le jour vienne à paraître , et que les ombres soient dissipées, s

Espère en Dieu! Je me tiendrai présent, Sei- (pieur, devant vous au point du jour, et en contemplant vos grandeurs je les publierai sans cesse : je me tiendrai devant vous au point du jour, et ainsi je verrai mon Dieu, le Dieu de mon salut, qui a vivifié nos corps mortels par le .Saint- Esprit qui habite en nous , et qui par sa miséricorde était porté sur les replia les plus cachés de nos âmes toutes ténébreuses et toutes flottantes. C'est par lui que nous avons requ dans le pèlerinage de cette vie la promesse et le gage d'étre désormais lumière. C’est par lui que nous sommes sauvés dès ici-bas par l'espérance, et que d'enlàns de la nuit et des ténèbres que nous étions auparavant, nous devenons enfans du jour et de la lumière. C'est vous seul , mon Dieu , qui i dans la certitude des choses humaines pouvez I Aire la distinction des uns et des autres, parce I que voua seul pénétrez le fond de nos oceiirs, et I appdci la lumière jour, et nommez les ténèbres !

nuit. Car qui peut, sinon vous, mettre de la diffërence entre nous? et qu'avons-uous que nous n'ayons point re<;u de vous, nous qui avons été tirés d'une masse pour être des vases consacrés à votre honneur, dont d'autres ont été tirés pour être des vases de déshonneur et d'iguoiniuie?

CH.APITRE XV.

Il oonparr Cécritore «liais m Sniianeal ; et la M^a aux aux qui (oui lU'ikMui Ju Brnuiueut

Quel aulrcsiiiaavous,moaDieu,aélablian dessus de nous un firmament d'autorité , en nous donnant vos saintes et divines Écritures? 11 est dit du ciel ; «qu'il sera plié comme un livre, et qu'il est maintènant étendu sur nos tètes oumne une peau. • Et vous savez. Seigneur, vous savez comment vous revêtîtes les hommes de peaux , lorsque le péché les rendit mortels : et ainsi cela nous marque que c'est par le-ministère des hommes que vous nous avez dotmé vos Écritures, et que même leur autorité s'rst augmentée par leur mort. Vous avez donc étendu comme une peau le firmament des livres sacrés qui contio^ nent ces paroles pleines d'une conlormilé si ad- I mirable , lesquellea vous nous avez données pour lois établies an-dcssns de nos tètes, par l’entremise des hommes. Car l'autorité si po»sanle contenue dan* ees paroles qu'ils nous ont annoncées de votre part , s'esi étendue après leur mort avec beaucoup plus de liirce sur tout ce qui est sous le ciel, qu'il ne l'avait été durant leur vie, parce que vous n'aviez pas encore alors étendu comme une peau le ciel de ces saintes Écritures, et n'aviez pas répandu de tous côtés cette haute réputation qu’ils ont acquise par leur mort.

Faites-nous la grâce. Seigneur, de voir ce ciel qui est l'ouvrage de vos mains ; dissipez de devant nos yeux les nuages dont vous le couvrez. Cest là où vous nous donnez ces instrnetkms qui inspirent la sagesse aux humbles. Ao complisscz , Seigneur , votre louange par la bouche des enfans qui ne savent pas parler, et qui sont encore à la mamelle. Car nous ne ooiinaissoiis point d'autres livres qui , comme ceux-là , détruisent l'orgueil, et détruisent l’ennemi de votre grâce, lequel en défendant scs péchés résiste â sa réconciliation avec vous. Je n'ai jamais entendu , mon Dieu , de discours qui fussent si pun et si chastes, qui me persnidassent de telle sorte devons confesser toutes mes

CO.NFESSIONS DE SAINT ALGUSTLV — LIVRE XllI.

bulrs, qui in'assujc(tis8«Dt avec douceur à me | souiDCIlrc h voire joujj, et qui m'invitassent à j vous réïfrer et à vous servir purement par le j seul motif de votre amour. Failes^noi la grâce, ô Père tout bon et toul-pnissaiit , que je 1rs entende. et accordez celle faveur ù la soumission que je leur rends , puisque vous ne les avez établis si sulidnurni que pour le bonheur de ceux qui s'y souinetteut.

Il y a d'aiilri-s eaux au-dessus de ce firmament; et ces eaux sont, comme je crois, ces esprits iimnorlrU qui sont exempts de toutes les corruptions de la terre. Que ceux-là louent votre nom, Seigneur! Que ces hiérarchies de vos anges, qui sont élevées au-dessus des deux, chantent inceasaumient votre grandeur , enx qui ne sont point obligés de considérer ce firmament de vos saintes Lcrilures pour entendre vos paroles en les y lisant , puisqu'ils vbient toujours votre visage, cl que sans l aide des syllabes et des mots qui ont besoin de temps pour se Faire entendre, ils lisent dans vnus-méme ce que votre étemelle volonté désire d'eux ; ils le lisent , Us rembrasseul et ils l'aiment. Us lisent toujours, et ce qu'ils lisent ne passe jamais, parce que c'est l'immuable stabilité de vos conseils qu'ils lisent sans cesse, et qu'ils ne lisent que pour l'embrasser et pour l'aimer. Leur Mre ne se ferme |ioinl et ne se fermera jamais, parce que vous leur êtes vous-inèuie ce livre, et que vous le serez éternellement ; et vous les avez placés au-dessus de ce finnament que vous avez établi au-dessus de la Faiblesse des peuples qui sont sur la terre, c'est-à-dire au-dessus des Écritures que vous avez données par une bonté et une miséricorde infinie, ayant voulu vous faire connaître à nous par des paroles passagères et temporelles, vous qui avez créé les temps. Car votre miséricorde , ^igneur, est dans le ciel, et votre vérité s'élève jusqu'aux nuées : or les nuées passent , mais le ciel demeure. Les prédicateurs de votre parole qui sont ces nuées , passent de celle vie en une autre , mais votre Écriture sainte, qui est ce ciel, s'étend sur tous les peuples jusques à la fin des siècles.

Le ciel même et la terre passeront , mais votre parole. Seigneur, ne passera point. Car la peau sera pliée , et l'herbe sur laquelle elle est étendue passera avec toute sa beauté, au lieu que votre parole, qui est votre \ rrbe, subsiste éternelle-

ment. Maintenant que nous ne le voyaos qu'à travers l'obscurité des nuées, qui aool les prédic.vteurs qui nous l'aimonocnl , et dans le miroir de ce ciel mystérieux, qui est l'Écriture , nous ne le connaissons pas tel qu'il est, parce qu'encore que nous soyons aimés de Jésus- Christ , votre fils notre Seigneur, nous ne voyous pas clairement ce que nous ferons après cette vie. 11 noua a regardés , à travers sa chair mortelle , comme l'époux du cantique à travers les barreaux , pour noos attirer à lui; ses caresses nous ont enllammés de son amour , et noos cooroos après l'odeur de ses parfiims. Mais lorsqu'il paraîtra dans sa gloire, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons dans toute l'étendue de ce qu'il est. Faites-nous la grâce , Scigueur, de le voir ainsi tel qu'il est , et qu'il ne nous parait pas encore.

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