CHAPITRE XVm
I» JoM K imnM tomfarrr 1 dci aura; << de b diffémior dn dotu de IMm.
Je vous conjure. Seigneur, qu’en cette sorte, et selon ce que voua agissez si puissamment Sans les âmes en les remplissant de joie et de force pour vous servir, la vérité naisse de la terre, et la juirtice nous regarde du haut du ciel, et qu’il se fisse des astres dans le Rrmament. Partageons notre pain avec les pauvres, recevons dans no« maisons ceux qni n’ont point de retraite, revêtons les nus, et ne méprisons pas ceux qui sont d'une même nature que nous.
Après que ces fruits seront nés en notre terre, prenez plaisir. Seigneur, â les regarder, afin que nous fassions éclater en sa saison la lumière que voua nous aurez donnée , et que par ces premiers fruits de nos bonnes oruvres, nous nous rendions dignes d’être élevés â la connaissance de votre contemplation, et miua paraissions dans le monde comme des astres attachés au firmament de vos saintes Écritures.
Cest là que vous nous apprenez à connaître la différence qu’U y a entre les rbosrs intelligibles et les sensibles, comme entre le jour et la nuit ; ou entre les âmes , dont les unes se plaisent aux Aloses intelligililes, et les autres aux sensibles, afin que ce ne soit plus seulement vous qui , dans le secret de votre cimnaissancc, comme avant la création du firmament , divisiez la lumière d’avec les ténèbres ; mais que ceux qui sont animés de votre Esprit , et qui par l’infusion de votre grâce dans le monde, sont placés et rangés par ordre dans ce même firmament , éclairent aussi la terre, fassent la dislinc tion d’entre le jour et la nuit, et marquent la différence des temps, parce que ranrienne loi est passée pour faire place à la nouvelle , que notre salut est plus proche que lorsque uous avons commencé de croire, que la nuit a cédé au jour qui s’est approché, et que vous Wnirez l'année et la couronnci-ez de vos biens, lorsque vous enverrez des ouvriers dans votre moi.sson où d'autres ont déjà travaillé qu,ind clic a été semée , et que vous en enverrez aussi dans une autre mousson qui ne ,se recueillera qu'à la fin des siècles.
Ainsi vous accomplissez les vieux du juste, et vous bénissez scs jours. Mais quant à vous vous
CONFESSIONS DE SAINT
êtes toiOours le même, et vous consenez et mettez en sûreté, dans nos années qui ne Uniront jamais, nos années volantes et passagères. Car par votre eonseil étemel vous distribuez en certains temps sur la terre les biens célestes : vous donnez i l'un par votre Esprit la parole de sagesse, qui ressemble ù un soleil au regard de crus qui se plaisent à voir la cLiire lumière de la vérité , comme dans la naissance d'un beau jour : vous donnez un autre par le même Esprit , la parole de science, qui est comme l'astre de la nuit ; û un autre la foi ; i un autre le puuvuir de guérir les maladies ; à un autre le dun de faire des miracirs; à un autre celui de prupliélic; û un autre celui de discerner 1rs esprits; û un autre celui des langues. Et toutes ces diverses grâces sont comme autant d'étoiles formées |iar un seul et même Esprit, qui distribue ses dims û chacun comme il lui plait , et fait reluire cl éclater ses étoiles pour le bien et l'avantage de vus élu.s.
Mais il y a tant de dilférence entre celte lumière de sages.se qui se rencontre dans le plein jour dont j'ai parlé, et entre celle parole de science dans laquelle suât compris tous 1rs sacremens ou signes sacrés que Dieu a changés selon les temps cuininc une lune, et ces autres dons que j'ai rais au rang des étoiles, que ces derniers ne sont, en comparaison du premier, que le eommeocemeni d'une nuit. Mais ils sont nécessaires à ceui A qui votre grand serviteur Paul n'a pu parler comme à des hommes spirituels, mais seulement oooune i des bomines charnels , lui qui savait parler le langage de la sagesse avec les parfaits.
Car l'homme terrestre qui est petit en Jésus- Cbrist, et comme un enfant à la mamelle, ne doit pas être tout-i-fail abandonné de lumière dans la nuit où il est encore, mais il &nt qu'il se contente de la clarté de la lune et des étoiles , jusques à ce qu'il soit assez fort pour manger des viandes solides , et que scs yeux soient assez fermes pour regarder le soleil. Vous, mon Dieu, qui êtes la sagesse infloie , vous nous instruisez ainsi dans le firmament de vos saintes Écritures, afin que noos discernions toutes choses par une contemplatiaa admirable, quoique nous ne voyions encore sinon qu'au travers des figures, et qu'étant sujets i la loi du temps, nous soyons renfermés dans les bornes des ans et des jours.
AUGUSTl.N. - - LIVRE .Mil.