CHAPITRE XXXIL
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de TOUS rends grlces , mon Dieu , de tous les ouvrages merveilleui que vous avez laits. Nous voyons le ciel et la terre, soit que l'on entende par-U les deux parties du monde corporel, la supérieure et l’inférieure, ou que l'un nous marque la nature spirituelle, et l’autre la corporelle. Nous voyons que pour l’ornement de ces deux parties qui composent ou toute la machine de cet univers, ou généralement toutes les créatures, la lumière a été hiite et divisée des ténèbres. Noos voyons le firmament du ciel , soit que ee ftrmament soi t le premier corps du monde, et qu’il soit placé entre ces eaux supérieures qui sont toutes spiritnellea, et ces eaux inférieures qui sont toutes corporelles; ou bien que ce soit cet espace et cette étendue de l’air, qui porte aussi le nom de ciel, dans lequel volent les oiseaux, et qui est eomprise entre les eaux que les vapeurs élèvent au-dessus d'eux , et qui forment ces douces rosées qui tombent durant la nuit, lors même que le temps est serein et sans nuages, et entre ces autres eaux qui étant plus grossières et plus pesantes coulent et Bottent sur la terre.
Noos voyons dans les campagnes de la mer la beauté de cette grande multitude d'eaux ainsi rassemblées; nous voyons la terre Icnne, soit qu'elle soit encore informe , ou que d^à elle soit formée aün d'être rendue visible et capable de produire des herbes et des plantes ; nous voyons les astres briller sur nos têtes ; nous voyons que le aoleil suffit seul è former le jour; que la lune et les étoiles édairent la nuit dans tes ténèbres.
A L’GÜSTIN. - LIVRE Xlll. 291
et que tous ensemble ils distinguent et marquant les temps ; nous voyous cet humide élément dont j'ai parlé, être fécond en poissons dont il y en a d'une grandeur prodigieuse, et en diverses sortes d'oiseaux, parce qucla vapeur de l'eau épaissit le corps de l'air, afln de le rendre plus capable de soutenir le vol des oiseaux du ciel.
Nous voyons que toute la surfaee de la terre est parée de ce grand nombre d'animaux qu'elle nourrit, et que l’homme, comme ayant été créé t votre image, règne sur eux par le pouvoir que lui donne cette divine ressemblance , qui n’est autre chose que rintclligence et la raison; et que tout de même que dans notre ême, D y a une partie dominante qui agit par jugement et par délibératiou, et une autre qui est soumise et qui obéit, ainsi la femme ayant été créée pour l'homme, quoiqu'elle ail dans l'esprit une intelligence raisonnable pareille 1 la sienne, néanmoins en ce qui est du corps son sexe l'assujettit à l'homme, comme la partie qui nous porte b agir et où se forment les passions , doit être soumise 1 la raison et emprunter d’elle la lumière qui la règle dans ses actions. Nous voyons, disje , toutes ces choses ; nous voyons que chacune d'elles sont bonnes, et que toutes ensemble sont très bonnes.