CHAPITRE XIII
1kl myilére de rioeanultnn.
U Trinité toute-puissante, qui n'éles qu'un seul Dieu , qui voyez et qui pénétrez le fond de mon cn-ur , je viens de confesser jusques ici la toute-puissance de votre majesté et la majesté de votre loute-puissancc ; je vais présentement confesser en votre divine présence tout ce que vous avez dai|;né faire dans la plénitude des temps que vous aviez marqués |>our racheter le genre humain. Comme on ne peut être justifié sans le croire de tout stm amr , on ne .saurait être sauvé sans le confesser de bouche el liau- Irmcnl. je reconnais donc, A nam Dieu, Père
S.AINT AUGUSTIN.
étemel el tout-puissant , que vous seul des trois personnes divines n'avez point été envoyé; voici ce que votre ApAIre écrit parlant de votre Fils : • Dieu , dit-il , envoya son Fils quand tous les temps furent accomplis • : lorsqu'il dit que Dieu envoya son Fils , il fait assez entendre que ce fut dans ce monde qu'il fin envoyé pour se revêtir véritablement d'une chair fragile et mortelle , dans le sein de la bienheureuse Marie toujours vierge, et pour habiter même parmi les hommes d'une manière visible et sensible. Mais que veut nous faire entendre le plus éclairé de vos évangélistes, quand il dit, parlant du Fils de Dieu ; « qu'il était dans le monde, el que ('a été par lui que Dieu a lait le monde,» sinon que ce n'a été que comme homme qu'il a été envoyé dans le monde , puisque ««une Dieu il y a toujours été, et qu'il y sera toujours? Je crois de tout mon cosir , je confesse même de bouche et hautement que cette mission est l'ouvrage de toute la sainte Trinité. Combien nous avezvous aimés, l'ère si saint el plein de bonté, combien nous avez-vous aimés! Non content de nous avoir crées , vous avez même livré votre propre Fils pour d'aussi grands pécheurs que nous. Il vous fut dimc soumis jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la Croix ; et non-seulement il voulut bien y attacher la cédule de condamnation que nous méritioiis par nos péchés, il y attacha nos {téchés même ; mais en mourant il triompha de la mort, (kunme il n'appartenait qu'à lui de pouvoir ne point mourir s'il l'cAt voulu , il n'appartenait qu'à lui non plus de pouvoir se ressusciter lui-méme. U fut donc tout à la fois victime et vainqueur de la mort , et n'en fut le vainqueur que parce qu’il en fut la victime; il fut pour nous encore el le sacrifice et le prêtre , et ne fut le prêtre non plus que parce qu'il fut le sacrifice. Celui qui setd est assis à votre droite vous prie sans cesse poui nous; pourrais-je ne pas espérer que vous me guérirez , A mon Dieu , de toutes mes langueurs.’ Je reconnais et roofesse que je n'ai que trop donné de prise sur mon àme au prince de ce monde, et qu'il n’y a que trop de choses en moi qui viennent de lui ; mais j’espère , A mon Dieu , que vous me délivrerez de ses mains, par notre divin Rédempteur en qui ce prince du monde n'a rien su trouver qui lui appartint. J'espère que vous me justifierez par celui dont il est écrit .
MÉDITATIO\S DE SAINT AUGUSTIN
qu'il n'a Jamais pét1ié,e{ qu’il n'a jamais rien dit que de vfritable. > J’espriv onKn que vous me sauverez par les mérites de notre seul Sauveur , puisqu'il est notre cheF, quoique je ne suis que le moins considérable et le plus Faible de ses membres. Délivrez -moi donc de tout vice, de tout péché, de toute faute, de toute négligence; répandez dans mon âme tonies sortes de v<rtus; rendez mes nKFurs Innocentes et pures; enhn, pour la gloire de votre nom et selon votre esprit, Fiites-moi persévérer Jusqu’à la mort dans toutes sortes de bonnes œuvres.