‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 284 sur 684 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Qite U mauoo de Dieu n'ert uiirr rboae ipte U ugeue crMe.

Votre séjour, 6 mon Dieu , n’est donc rien de terrestre ni même de semblable au ciel corporel et sensible : ce séjour est quelque rliose de tout spirituel; il tient en quelque manière de votre éternité même : il est incorruptible. Vous l'avez fait de nature é subsister toujours ; vous l'avez ainsi ordonné, et votre parole ne passe point. Cette demeure, ô mon Dieu , n'est pas toutefois éternelle comme voavtnème : elle n'est point sans commencement ; vous l'avez faite : mais comme ce n'est pas moins aussi que la sagesse créée, c'est au moins la première créée de toutes voscréalures, quoique infiniment au^b-ssous de la sagesse incréée ; cette sagesse incréée est éternelle comme vous-méme, ù Père tout-puissant ; elle vous est parfaitement égale; c'est par elle que vous avez créé le ciel et la terre et tout ce qu'ils renferment ; c'est le seul souverain principe de toutes choses ; en un mol ce n'est pas moins que votre Fils unique qui est cette sagesse incréée. Votre demeure n'est donc à la vérité qu'une sagesse créée; mais elle est moins spirituelle par sa nature, et par la cootemplalion de la lumière éternelle elle devient elle-même lumière; et c'est par-U que l'on peut dire, que c'est une sagesse, quoique créée. Mais il y a infioiment plus de différence entre vous , A sa gesse souveraine qui avez créé toutes choses et cette sagesse créée , qu’entre une lumière qui éclaire par elle-même et une autre qui n'éclaire que parce qu'elle re^t elle-même la lumière qu'elle communique ; qu'entre la justice i qui seule il appartient de justifier, et qui n'est autre que vous, A mon Dieu, et celle qui n'est justice qu'en ce que c'est une émanation de votre justice même. L' ApOtre nous assure ; « que nous sommes en quelque manière la justice de Dieu le père tout-puissant; mais que nous ne le sommes qu’en votre Fils unique notre seul Seigneur. • U y a donc une sagesse créée et la première créée de toutes

vos créatures , et cette sagesse n'est autre que ces inteUigences raisonnables qui composent votre sainte ville, la a'Icstr Jérusalem, cette ville toute libre qui est notre mère «Hnmune , et c'est ce qui est et sera étcnicllemeiit votre ciel. Mais quel ciel est -ce '/ Ce n'est pas moins que ce ciel du ciri , qui chante sans cesse vos louanges. C'est IA le ciel du ciel que vous vous êtes réservé ; et quoique nous ne trouvions point de temps avant cette créature, puisque dès qu'elle est de toutes la première créée, le temps ne saurait être que depuis elle, vous ne laissez pas, A mon Dieu, créateur de tuufes clioscs, d'élre avant elle de toute éternité. Elle ne tient son être que de vous; mais ce n'est point par une priorité de temps que vous êtes avant elle ; le temps n'était pas encore : c'est par une priorité de nature qui est de toute éteniité , et qui est infiniment plusettcellente que la sienne. Elle ne laisse donc pas , A mon Dieu, d'étre quelque chose de bien différent de vous, quoique mins ne trouvions point de temps avant elle , ni en elle. Fit quoiqu'elle soit capable par sa nature de contempler sans cesse la beauté de votre visage, et qu elle soit même affermie dans cet heureiii état, jusqu’à n'ètrc point sujette au changement , un peut dire qu'il ne laisse pas d'y avoir en elle un principe de mutabilifé : si vous cessiez un moment. .Seigneur, de vous la tenir attachée par un amour dominant et parfait, qui, comme un soleil en plein midi, la pénètre tout entière de son éclat et de son ardeur, elle ne serait plus à votre égard que froideur et que ténèbres. Mais , A Dieu , véritable et vraiment éternel, elle vous est unie par un amour lelleroent intime, qu'encore qu elle ne soit point comme vous de toute éternité, elle ne laisse pas d'élre esempte de diangemens : et loin d'être sujette aux vicissitudes des temps, elle est au contraire tliéc à vous coulempler à jamais. Vous vous plaisez, A mon Dieu, à vous faire connaître à quiconque vous aime sans réserve ; et cela seul suffit à toute intelligence pour être parfiiitement heureuse. C'est par là qu'elle n'est non plus capable de s'éloigner de vous que d'elle-même : et c'est ce qui la fixe pour jamais dans cet heureux état de vous voir cootiuuellement comme sa vraie lumière, et de vous aimer sans cesse comnir le seul digne objet de son amour.

Qu'heureuse est celte créature subUme, et la plus excellente de toutes ! bon bonbear , A mon

MEDITAMOAS DE

Dieu, n'est autre que ce qui fait le vdtie mtaie. Heureuse encore une fuis, et infiniment heureuse de vous servir de demeure pour une éternité, d'étre toute pénétrée de l'éclat de votre lumière! <}ue pourrait-il y avoir de plus di|pie d'étre ce ciel du ciel que le Sei|pieur s'est réservé , que ce qui vous sert de demeure , et qui jouit sans cesse du bonheur infini de vous posséder , sans craindre de vous perdre? Ce qui voos sert de demeure n'est autre chose que ces intelli|{encrs toutes pures, dont l’union est si parfaite, qu'elles ne sont toutes ensemble (|uc comme uuc seule. Ces esprits bienbcureui jouissent d'une pais que rien ne peut troubler, dans ce séjour de gloire infiniment élevé au-dessus de tous les cieui.

Que toute éme qui trouve son exil trop long sur la terre, examineavec soin si c’est qu’elle commence a ressentir pour vous une soiF ardente. Mais en se nourrissant ici-bas d'un pain de larmes et de douleur, qu’elle se cimsole par l'espérance de vivre avec vous i jamais dans votre sainte demeure. Et quelle est cette vie, que voua seul, 6 mon Dieu? quels sont vos jours, que votre éternité? Vos années ne passent point Que cette éme donc comprenne autant qu’elle en sera capable, combien votre éternité, 6 mon Dieu, est éloignée d'étre sujette au temps; ce qui vous sert de demeure u'y est pas même sqjet : non -seulement il n'a jamais été comme nous dans aucune sorte d'exil , mais quoiqu'il ne soit pas non plus de toute éternité comme vous , il ne laisse pas de vous être uni pour jamais sans craindre de vous perdre. C’est par-là que ce qn'il pourrait y avoir de mutabilité dans sa nature , ne saurait cependant le rendre sqiet à changer; il est fixé pour jamais dans cet heureux état par les délices si pures qu'il puise en voos sans cesse , et par le bonlieur qu'il possède de vous avoir toujours présent , et de vous aimer de toute l’ardeur dont il est capable, sans craindre qu’un tel buuheur soit jamais sqjet à cesser ni même à s’altérer.

Page 1