CII.àPITRE XX
H Mü^r» «frt» te «tjoar de Diea , «c commeat ee aéjour de Dmu pne lul-néaae pour noos,
O bienheureuse demeure toute resplendissante de lumière, que j’aime votre beauté ! Que je vous aicrie, heurenx séjour de la gloire de mon Seigneur et de mon Dieu.' Quel est votre
SAINT AL'GUSTIiY
bonheur de posséder en vous-mème l’auteur de mon être et du vôtre ! Que de mon exil je soupire sans cesse après vous I que mon cour jour et nuit vous désire avec ardeur ! que mon esprit ne vous perde jamais de vue ! que mon àmc ne respire autre chose que d'avoir un jour part à votre bonheur infini I que ce souverain principe de votre être et du mien puisse me posséder tout en vous I qu'il puisse , par votre intercession , me rendre digne de partager avec vous la gloire dont vous jouissez ! Poorrais-je mériter par moi-méme l'botmcur d'Itabilcr une si sainte demeure , d'eu voir les bojiutés inefFablcs? Mais pourrais-je ne les pas espérer des mérites du sang démon divin Rédempteur? Que vos vœux, dont l'ardeur et la pureté ne sauraient ne pas être efficaces auprès de Dieu, puissent suppléer à mon indignité. J'ai long-temps erré comme une brebis égarée ; je ne me suis que trop attaché aux cliarmes trompeurs de cette vie : quand verrai-je finir ce pèlerinage si triste qui n'a déjà que trop duré? quand me verrai-je affrauchi de cet exil qui me tient dans un aveuglement si profond , et dans un tel éloignement de mon Seigneur et de mon Dieu ? Depuis le moment fatal que mou péché m'a exclu du paradis terrestre, je ne fais que déplorer en moi-méme les misères infinies de ma captivité : mes chants de joie sont changés en de tristes soupirs , et je ne puis penser à voos , ô bienheureuse et sainte Sion , ô céleste Jérusalem notre mère commune, sans gémir de ne pouvoir encore voos avoir pour demeure , et voir sans aucun voile vos plus secrètes beautés. Mais j'espère que votre divin architecte, qui veut bien être mon pasteur, voudra bien encore me reporter au troupeau sur scs propres épaules; j'espère même jouir à jamais de ces ineffables délices que vous goûtez à longs traits , et que goûtent avec vous ceux qui contemplent comme voua les beautés de Dieu notre Sauveur , de ce Dieu fait homme , qui, par les souffrances de sa propre chair, nous a réconciliés avec son père, et qui s mérité par son sang adorable de donner la paix à la terre, comme les arrhes de cette paix parfaite réservée pour le ciel. Cest lui qui est notre paix; c’est loi qui , de deux peuples n'en a fait qu’un , qui les a réunis en hù-méme , quelque opposés qu'ils Rissent, et qui leur a promis de leur faire part du bonheur dont vous
juuisau pour une ÿlcmité. « Ils seront , dit-il , semMaMes sus anges de Dieu dans le ciel, s O rdleste Jérusalem , demeure étemelle de Dieu , soyez donc , après Jésus-Christ que je dois aimer plus que vous, ma joie la plus solide , ma plus douce coo!»latiaii ; que leseul souvenir de votre nom bienheureui puisse tempérer par sa doureur tous nos chagrins et nos ennuis.