CHAPITRE XVII
Il M plâlDt de la vtDilé qu'on lui donnait en l'nerçaot I imiter en proae ka penaéea dea poète* , et i le* rédter en public.
Permettez, mon Dieu , que je marque ici com bien j'usais mal de la raison et de l'intelligence qu’il vous a plu me donner, en reconnaissant combien je me tourmentais l’esprit et l'occupais avec effort et avec violence dans ecs folies et ces égaremens ridicules, lorsqu’on m'obligeait d'exprimer en prose les paroles ardentes et enflammées de la Junon de Virgile, qui. dans le transport de sa colère, se piaint en elle-même de ce
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«pi’elle ne pouvait empêcher le roi des Troyens d'arriver en Italie ; et qu'on m'eicitait à ce travail, ou par l’honneur des louanges qu'on me Usait désirer, ou par la honte du blüme qu'on me Usait fuir, ou par la rigueur des chitimens qu'on me làisait craindre. Je savais bien que Junon n'avait jamais dit ces paroles; mais ou nous contraignait de nous égarer pour suivre ces fictions poétiques , et de représenter en notre style ce que le poète décrit dans ses vers. Et celui-là remportait le prix et la gloire d'avoir excellé sur tous les autres, qui, selon l'éminence et la dignité de ces personnes imaginaires dont il représentait les passions, avait animé plus puissamment leurs colères et leurs plaintes, qui les avait Ut paraître plus vives et plus naturelles , et qui avait soutenu la force du raisonnement et des pensées par des expressions plus propres et plus élégantes.
Mais, hélas! A mon Dieu, 6 ma véritable vie, qu'y avait-il de solide en ces vaines acclamations et en ces faux applaudissemens qu’on me donnait , lorsque j’avais mieux récité ces déclamations fabuleuses que plusieurs de mes compagnons? Ces récompenses d'honneur étaient-elles antre chose que du vent et de la fumée? et n'y avait-il point d'autres sqjets où mon esprit et ma langue pussent s'exercer? Ne les pouvais-je pas employer, Seigneur, à réciter et à chanter vos louanges, que vous avez vous-mème dictées dans vus Écritures saintes , qui eussent soutenu et aFFenni la mobilité légère et volage de mon cceur, comme les branches des arbres soutienumt et arrêtent les pampres de vigne qui y sont enlacés et attachés ; qui l'eussent empêché de s'évaporer et de se perdre dans le vague de ces chimériques rêveries, et d'ètre la proie et le jouet des esprits impurs qui volent dans l'air? Car il y a plusieurs manières de sacrifier aux anges reWles.