CHAPITRE XXXVIIL
Phère dans l’amictioa.
Ayez pitié. Seigneur, par votre bonté infinie, ayez pitié d'un misérable pécheur qui souffre justement la peine de son iqjustice , et qui ne souflre sans cesse que parce qu'il ne cesse de pécher. Si je considère , ô mon Dieu , les maux que j’ai commis, aurai-je lieu de me plaindre des maux que je puis souflrir , quelque grands qu'ils puissent èlre? Et qu'esl-ce queje souffiv! pour expier tant de maux? Vous êtes, Seigneur, infiniment juste, et vos jugemens ne sont pas moins que la justice et la vérité même. Vous êtes vous- même, mon Seigneur et mon Dieu, la souveraine justice, le souverain ordre, et l'on ne saurait même trouver en vous aucune ombre d'iniquité. C'est uniquement par justice et non par cruauté que vous nous affligez en punition de nos péchés, A Seigneur
tout-puissant, Dieu de miséricorde , seul auteur de notre être. Nous nous sommes perdus noosmêmes par notre faute ; avec quelle bonté avezvous réparé notre perle! Peut-on trop adorer une telle miséricorde! Rien ne se fait par luisard : vous êtes le seul auteur de tous les événemrns de la vie. C'est vous seul , O mon Dieu , qui prenez soin de toutes choses ; mais prineipalement de vos fidèles serviteurs, dont toute l'espérance est fondée sur votre seule miséricorde. Ne me traitez donc point selon mes péchés, par od j'ai mérité si justement les eftéts de votre colère, mais selon celle miséricorde infiniment au-dessus de tous les péchés des hommes. Faitesnous souffrir avec une humble et continuelle patience toutes les peines dont vous nous punissez, et que mon conir n'en soit que plus porté à publier vos louanges. Ayez pitié de moi , Seigneur, ayez pitié de moi , et me donnez tous les secours dont vous savez que j'ai besoin, tant à l'égard de ce corps corriiptihle , qu'à l'égard de mon âme ; vous savez et pouvez tout ; voua qui seul vivez, ô mon Dieu, dans toute la durée des siècles. Ainsi soit-il.