AU PAPE EUGÈNE
THÉS SAIKT HÊHE.
Il nie vient en (leiisve de travailler i quelque ouvrage qui puisse ou édifier votre Ame, ou satisfaire votre esprit, ou vous consoler dans vos peines; mais je ne sais comment je me trouve partagé entre le vouloir et le Don>vooloir. J’aurais plaisir à parler, mais je me Sens retenu en considérant que lamour et la majesté me commandent deux choses qui sont toul4-fait opposées. D'un côté l’amour me presse, et de l’autre la majesté me retient; néaumoias la bonté que vous avez, non pas de m’ordonner, mais de me prier d’une chose qu’il vous siérait beaucoup mieux de ctiinmauder, m’oblige A la fin de vous donner les mains. Et en effet, pourquoi la modestie qui me retenait jusqu’ici ne se rendrait-elle pas, puisque la majesté lui cède si volontiers? Il est vrai que vous êtes assit maintenant dans la chaire de saint Pierre; mais quand vous seriez porté sur les ailes desventSfVOOsne seriez jamais aoutlraitl l’amour de mon cœur. L’amour ne vous regarde point comme mon seigneur, il vous reconnaît toujours pour mou fils, même élevé sur le trdne. Il vous est assez soumis de lui-mèine, il vous obéit sans contrainte, il reçoit vos ordres avec plaisir, et vous respecte dans une pleine liberté. O combien voiton de personnes qui n'en usent pas de la sorte, mais qui ne sont poussées I vous rendre leurs devoirs que par la crainte ou rintérêt ! Ce sont ceux qui voua donnent mille bénédictions de ixwebe, et qui vous maudissent dans le cœur, qui vous flattent devant le monde, et qui vous abaadonimit dans le besoin. Mais la véritable charité oe ae dément jamais. J’avoue que je suis déchargé A présent des soins qu’une mère doit A son enftnt;mais je ne suis pas dépouillé de la tendresse que je eon-
serve toujours pour votre chère personne. Je vous ai porté autrefois dans mon sein, ne croyez pas que vous en puissiez sortir si aisément Montez aux cieux si vous voulez, descendez dans les abîmes, vous ne vous éloignerez Jamais de moi, parce que je voua suivrai partout ofi vous puissiez aller. Je vous ai aimé lorsque vous étiez pauvre de volonté,je voua aimerai encore, A prfKOt que vous êtes le père des pauvreset des riehes.Csr autant que je voua puis connaître, je aais bien que, pour être devenu le père des pauvres , vous ne laissez pas du vous conserver dans l’esprit de pauvreté. Je suis I assuré que ce changement s’est fait en votre personne; mais non pas que vous ayez changé vousmême. Votre nouvelle dignité n’a point succédé A votre première condition, mais elle y a é*é ajoutée. C’est pourquoi je prendrai la liberté de vous donner des conseils, non en qualité de mattre, roaia de mère, ci de mère très affeettonnée. I*eulêtre que Je paraUrai plulét une mère en délire i maia ce aéra aeuimeot A celui qui ne aail pas aimer, et qui n’a jamais éprouvé la force de l’amour.