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CHAPITRE PREMIER

SMAf BwmkI furie «)m(nMloaMi,ape, i cmrr de are oCQupttioiu canltiiijcflee.

■ Quel sujet donc prendrai-je pour commenerr ? Il me semble que je ne le puis plus i pro|M)s que par vos occupations continuelles , puisqu'elles sont tout le siqa de la compassion que je vous porte. Je dis que je vous porte comiKission , si toutefois vous sentez votre mal , antrement je devrais simplement dire que je souffre, pni.squ'il n'y .1 pas .«ijcl de roiiq>alir lorsqu'il

TRAITÉ DE LA CUASIDKRATlü.N,

ne M trouve personne qni petit ivec nous. Tii donc de U compusion si vous avez de la douleur; niais si vous n'en avez point, je ne laisse pas de souffrir eztrtuieineot , d'autant plus que je sais qu'un membre qui est devenu insensible est très fort èloifpié de la guérison , et qu'un malade qni a pei^u le sentiineot est dans un l'Iat bien dangereuz. A Dien ne plaise que j'aie tT sentiment de votre sainteté 1 Je sais les délices dont vous jouissiez U n'j' a pas hmg-teinps ilitiis votre chère solitude; il n'est pas possible i|uc vous en ayez perdu Phabitude si tOl; 1 nus ne pouvez pas en si peu de temps n'ètre |xiint tuucbé de la perte que vous en avez laite : ■me plaie récente n'est point sans douleur, (larce qu'elle n'est pas encore endurcie, ni devenue insensible en un moment ; quoique , si vous voulez confesser la vérité, les grands dommages que vous souffrez tous les jours ne manquent lias de vtms donner un sujet continuel d'une juste douleur. Je me trompe si ce n'est malgré vous qu'on vous arrache d'entre 1rs bras de votre aimable Rachcl, et il fout nécessairement que votre douleur se renouvelle autant de fois qu'il vous arrive d'en être séparé. Mais quand est-ce que ceia n'arrive point? Combien de fois prenezvous des résolutions, mais en vain! Combien de fou vous remuez-vous sans bouger de votre place ! Combien de tentatives sans passer outre ! Combien d'efforts sans rien gagner ! ^'oos êtes toujours dans le travail , et vous n'enfontez jamais. Vous pensez avancerd'un cdté, et vous êtes emporté de l'autre. Enfin , voua vous désistez an même moment que vous commencez, et à peine avez-vous fait un pas , qu'on vous arrête aussitôt , et qu’un vous rompt tous vos desseins. • I-es rnfons, dit le prophète, ont été tout prêts de voir le jour; mais la mère n'a pas eu assez de forte pour les mettre au monde. ■> Il est certain que vous coniuissez toutes ces choses mieux que persoime ; maU vous me pardonnerez si j’ose dire que vous seriez tout-A-foit endurci , et que vous auriez d^à pris une grande habitude du travail, comme la génisse d'Éphraim, si vous étiez paisible au milieu de tous ces embarras. Dimveuinequevouaneaoyezpas encore dans ce déplorable état , qui est le partage de celui qni est tombé dans un sens réprouvé.

Certainement je souhaite que vos affaires vous laissent en paix, mais non pas que vous

ayez la paix avec elles , et je ne crains pour vous rien davantage que cette paix. Vous croirez peut-être que cela ne peut pas arriver de la sorte; mais pourtant je dit qu'il vous peut arriverà vousHuéme, si, comme nous le voyons assez souvent , vous veniez à négliger les choses par habitude et par nonchalance.

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