CHAPITRE XI
Qu'oo doit puotr ié%«rrairal lr$ «rocatâ ft In proninurt qid oe chercbeal qu*A tlnr du profil de kur lullee.
Si donc vous êtes le disciple de Jésus-Christ, que votre zèle s'anime et que votre autorité s'arme contre cette sorte d'impudence et cette peste universelle. Regardez votre divin Maître qui en use de la sorte, etécoutez-le, quand il dit : I Que celui qui me sert, me suive. » Il ne prête point son oreille pour écouter ces gens de trafic, mais il prend un fouet pour les punir. Il ne leur parle point ni n'écoute point tous leurs discours, il ne s'assied point pour les juger; mais il les poursuit pour les châtier ; toutefois il leur en dit la cause, «parce, dit-il, qu'ils faisaient une maison de trafic de la maison d'oraison. » Voilà de quelle fa<;oo il vous faut comporter avec ces sortes de personnes. Que ces négocians aient honte de paraître devant vous , si cela se peut , sinon, qu'ils en aient au moins de la crainte, puisipie vous avez en main de quoi les châtier : que ces banquiers vous appréhendent, et au lieu de s'as.surer en leurs richesses, qu'ils en prennent de la défiance, qu'ils cachent leur argent en votre présence, et qu'ils .sachent que vous êtes plus disposé à le renverser par terre qu'à le recevoir. Je suis certain qu'en pratiquant soigneusement et avec fermeté ce conseil que je vous donne, vous gagnerez plusieurs de ces affamés de gains honteux , en leur donnant des emplois plus honnêtes, et vous en empêcherez plusieurs autres de s'attacher à l'avenir à ces sortes de trafics infâmes, outre que rrla vous sen ira beaucoup pour trouver le loisir que je vous exhorte à prendre. Ainsi vous ne vous donnerez pas peu de temps pour vaquer à la
PAR SAINT BERNARD. — LIVRE il.
considération, en reAisanI, comme je l’ai dit, de donner audience i certaines affaires, commettant les autres à d’autres personnes, et terminant vous - même celles que vous jugerez dignes de votre connaissance , par un fidèle sommaire, selonresigence de la cause. J'ai dessein de vous dire encore d'autres choses sur ce aujet de la considération; mais je les réserve pour le commencement d'un second livre. Ainsi , je finis celui-ci de peur que cet entretien ne vous étant pas déji fort agréable, ne vous soit doublement onéreux si je lui donnais encore plus d'étendue.