CHAPITRE X
U dScUfiw tonnnrat ooatK le* *txM rt le* fourteiirt SM *Tor*l*, (le* pracureor* et de* Juge* du tUcIe.
Mais vous me direz : je veux que cela ait été autrefois de la sorte , l'on est maintenant dans une autre pratique. Nous ne sommes plus dans ce lemps-lA, ies moeurs des gens d'aujourd'hui sont toutes différentes de celles du pas.sé, et les mauvais temps ne nous menacent pas seulement A pré.sent , mais ils sont déjA arrivés. La fourberie, les surprises et les violences régnent présentement dans le monde ; on ne voit que des calomniateurs cl très peu de protecteurs ; partout les plus pui.s.sans opprinirnt les plus pauvres, et ainsi je ne puis abandonner sans secours les personnes qui sont dans l'oppression, ni dénier la protection des lois à ceux qui souffrent injure. Or, si l'on ne plaide point les causes, si l'on n'écoule point les parties, quel jugement peut-on donner sur tous leurs différons?
Véritablement , je tombe d'accord qu'il fout examiner les affaires; mais il les faut examiner autant qu’il est nécc.ssaire. Ca .• la manière dont ou le sert aujourd'hui est tout-A-fait exécrable et indigne, je ne dis pas de l'Église, mats du
TRAITÉ DE LA CONSIDÉRATION
t'arreau même. Pour moi, je ne Mi» comment iw iM-eille» de votre Minjcté peuvent supporter CCS disputes d'avocats et ces amtestaliuns de paroles , qui sont plus propres i détruire qu'à découvTir la vérité. Retranchez donc cette mauvaise pratique , arrêtez ces i;rands parleurs, et imposez silence à ces discours artifkieui et mensungers. Ces sortes de gens ne s'étudient qu'à produire le mensonge ; Us sont éloquens contre la justiie, et Mvans pour la fausseté. «lls.sont sages pour faire le mal, dit le prophète, et bien disans contre la vérité. » Us entreprennent d'instruire ceus dont ils devraient recevoir des instructions; ilsétablissent,non paseequ'ils ont trouvé de véritable dans les pièa's de leurs parties, mais cequ'ils ont inventé d'eui-mémes; ils ^briquent des calomnies contre l'innocence, détruisent la simplicité de la vérité , et font tout leur passible pour empèclier l'équité d'un jugement. Cependant, il n'est rien qui fasse mieux connaître la vérité Mns aucune peine, comme une courte et pure exposition du fait.
Je souhaiterais donc que , dans les causes qui doivent nécesMirrment passer devant vous (car il n'est pas nécessaire que toutes y passent), vous prissiez la coutume de rendre une bonne et prompte justice, et que vous retrancliassirz tous ces avenirs inutiles et res délais processifs qui ne servent qu'à consumer les parties en frais. Appelez devant voas les causes des veuves, des )>auvres, et de ceux qui n'ont pas le moyen de plaider; mais vntis en pouvez commrltre plusieurs à d'autres juges, et déclarer qu'il y en a quriquesmnrs qui ne méritent laiint d'audienre, puisqu'on ne doit point l'aecorder à des gens dont les crimes sont d'ailleurs assez publics et manifestes, sans qu'ils aient besoin d'un jugement particulier. Kn efl'ct, l'iniprudence de quelques-uns va ju.si|u'à tel point, qu'encore qu'on ne remarque dans toute leur afftirc qu'une ambition très déréglée, il» n'ont point de honte de poursuivre de» audiences avec grande imstancr , se produisant eux-méinrs, au grand scandale de plusieurs , en des elHisrs oft le seul témoignage de leur propre conKicnce était capable de le» jeter dan» la demÜTC confusion. .Mais ctHnme jusqu'ici l'on n'a point réprimé l'insolence de ce» effrontés, le nombre s'en est tnqjours accru, et leur mdurci.s.sement en «St devenu plus grand. Cest une chose étrange.
que les vicieux ne craignent point de paraître devant les personnes qui sont engagées dans le vice; et qu'on ne sente point la mauvaise odeur d'un seul , lorsque tous les autres sentent aussi mauvais. Par exemple, on n'a jamais vu rougir un avare en présence d'un autre avare , ni un impudique devant un impudique, ou un voluptueux devant un autre voluptueux. Nous voyons l'Ëglise toute remplie d'ambitieux , et on ne trouve personne maintenant qui ait horreur de tous les artihees et des intrigues de l'ambition, non plus qu'une compagnie de voleur* n'en a point pour les dépouilles des passant.