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CHAPITRE III

Du law de» babil» qu’M faol retranrber , ft du aèle qui r»t uéctMaiiT au •ouTcraiu puatife.

Que dites-vous donc à tout cela? Ces gens qui vous environnent des fllets de b mort, ne vous empêchent -ils point votre sommeil? Souffrez un peu, et me sup|M)rtez, ou plutôt pardonnez-moi si je vous dis toutes ces choses avec plus de crainte que de témérité. C'est une sainte émulation que j'ai pour vous, et Dieu veuille qu'elle vous soit aussi utile qu'elle est ardente en moi. Je sais quelle est votre demeure ; les incrédules et les destructeurs sont de votre compagnie : ce sont des loups et non pas des brebis, et toutefois vous en êtes le pasteur. Ce sera sans doute une considération bien profitable que celle qui vous fera , s'il est possible , trouver les moyens de les convertir, de peur qu’ils ne vous pervertissent. Pourquoi nous déflons-nous que ceux qui de brebis qu’ils étaient ont pu devenir des loups , ne puissent encore une fois devenir des brebis? C'est ici, c’est ici où je ne veux |M>int vous épargner, afin que Dieu vous épargne. Ou désavouez, ou montrez que vous êtes pasteur de cc peuple. Je ne crois point que vous le désavouiez , de peur que celui de qui vous tenez b place ne vous désavoue pour son héritier. Je parle de saint Pierre, que l’on n’a jamais vu marcher ni chargé de pierreries, ni vêtu de soie, ni couvert d'or, ni porté sur une liaquenée blanche, ni entouré de soldats, ni environné d'une infinité d’officiers. Certainement il a cru que, sans tout cet appareil, il pouvait aisément accomplir ce commandement du Sauveur : <t Si vous m'aimez, ayez soin de paître mrs ouailles. ■> En effet , dans tout cet éclat , vous êtes plutôt le successeur de Constantin que de saint Pierre. Je vous conseille toutefois de le souffrir pour un temps, mais non pas de le rechercher comme une chose qui vous soit absolument due. Je vous exhorte bien plutôt à vous acquitter parfoitement des choses qui sont de votre devoir. Quoique vous soyez vêtu de pourpre et couvert d’or, néanmoins, comme vous êtes l’héritier dn pasteur, votis ne devez pat avoir en horreur les fonctions pasto-

TRAITK DR LA CONSIDERATION

ralM, ni rougir de l'Ëvangile. Au contraire, « vous le prêchez sans contrainte, vous participez A la gloire des apôtres. Prêcher l'Évangile , c'est repaître son troupeau ; faites donc l'oHice d'êvaugêlisie, et vous aurez accompli le devoir de pasteur.

Mais, me dites -vous, vous m'eihortez h paître des dragons et des scorpions, et non pas des brebis. Cest pour cela aussi que je vous dis qu'il les faut entreprendre plus fortement par la parole que par l'épêe; car pourquoi voulezvous encore une fois vous servir de l'êpêe, puisqu'on vous a déjà commandêdela remettre dans le fourreau ? Ce n'est pas qu'à mon sens, celui qui croirait que cette êpêe n'est point à vous, ne ferait pas toute la rêfleiiun nécessaire sur la parole de notre Seigneur, quand il dit ; • Remettez votre épée dans le fourreau. » Elle est donc à vous , et vous la pouvez tirer selon votre volonlê, mais non pas de votre propre main : autrement si elle ne vous appartenait en nulle façon, lorsque les apôtres dirent à notre Seigneur ; « U y a ici deuz épées , » il ne leur aurait pas répondu; < Cest assez, > mais il aurait plutôt dit : « C'est trop. > Il est donc vrai que toutes les deux épées, la spirituelle et la matérielle appartiennent effectivement à l'Église, mais celle-ci doit être tirée pour la défense de TÉglise et celle-là par l'autorité de l'Église , la spirituelle par la bouclie du prêtre et la matérielle par la main du soldat , et cela selon l’ordre de l'Église et le commandement de l'empereur. Mais nous traiterons de cette matière une autre fois. U suffit maintenant que vous preniez en main celle qui vous a été donnée pour châtier les rebelles, et que si vous ne pouvez pas les blesser tous, ou la plus grande partie, pour leur salut , au moins que vous le fassiez à l'égard de ceux que vous pourrez guérir.

Vous me direz sans doute : «Je ne suis pas meilleur que mes pères. Qui d'entre eux a été , je ne dis pas écouté , mais n'a point été baffoué par cette natkin rebelle? n Et c'est pour cela même que vous devez la presser davantage, pour voir si peubêtre ils ne vous écouteront point plus volontiers et ne quitteront point leurs mauvaises habitudes. Il fout que vos instances soient d'autant plus puissantes, qu’ils s'opiniâtrent davantage à vous résister. Mais on m'accusera peut-être d'féler jusqu'à l'excès en pariant de la sorte. Il

semble pourtant que ce soit à moi que s'adresse cette parole : i Ihessez-les à temps et à contretemps. > Reprenez donc saint Paul de son excès, si vous l'usez. On commande au prophète de crier incessamment ; après qui , sinou après les scélérats et les pécheurs? •Annoncez à mon peuple ses crimes, lui dibon, et à la maison de Jacoh ses péchés. • Remarquez prudemment qu'il parle tout ensemble et des scâérats et du peuple de Dieu , et qu'il dit la même chose de tous les deux. Quoique ce soit des scélérats et des médians , prenez garde qu'un ne vous dise : • Ce que vous n'avez pas fait au plus petit des miens, vous ne me l'avez pas fait à moi-même. • J'avoue que jusqu'à présent ce peuple a paru extrêmement endurci et iudompté; mais je ne sais d'où vous pourriez avoir appris qu'il est absolus ment indomptable ; il peut devenir ce qu'il n'a |)uint encore été. Et si vous avez sqjet de vous défier de vous-même , ■ il n'est rien d'impossible à Dieu. • S'ils ont un front endurci , endurcissez le vôtre encore plus que le leur; il n'est rien de si dur qui ne cède à ce qui l'est davantage. Écoutez ce que Dieu dit à son prophète. • Je t'ai donné un front plus dur que n'est celui de ce peuple. > Vous aurez satisfoit pleinement à votre devoir si vous vous êtes comporté envers ce peuple d'une telle manière que vous puissiez dire : « Mon peuple , qu'ai-je dû foire pour toi que je n'aie pas foit?»Si vous en avez agi de la sorte, sans y avoir rien profité, il voua reste en cote une chose à foire et à dire : •Sortez de la demeure des Chaldéens. • Et dites-leur : • Il fout que je m'en aille prêcher l'Évangile à d'autres villes. > Je me persuade que vous ne vous repentirez point de vutre bannissement , en prenant toute la terre pour votre seule ville.

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