CHAPITRE X
Il rapiKVte i U pmoaoe de ÜMM-Cbriil U parai dans koiot Matbien, dea iruu mcaum de fat
Que si quelqu'un veut encore rappoi trois choses dont je viens de parler, les sures de farine de l'Evangile, dont la mêlée de levain et pétrie en un seul pa semble que ce rapport se pourrait là justement. En efièt , cette femme a si h cet trois choses , que malgré la sépara a été faite du coiqra d'avec l'âme, jauu tant le Verbe divin n'a pu être séparé c de l'autre. Cette unité est demeurée im dans la séparation même; et la séparai est arrivée en quelque partie , n'a pu â l'unité, qui est demeurée en toutes l> soit que l'âme et le corps aient été u qu’ils aient été séparés d'enaemMe, l'u aonnelle est toiyours demeurée invioli les trois. Le Verbe divin , l'âme et la c toqjours également demeurés un mên Christ et une même personne, après la l'homme. C'est, conune je croia, dai trailles de la Vierge que s'est foite cet I et ce mélange du levain, et elle est cet
PAR SAINT BERNARD — LIVRE V
qui a mèl< et levé cette péte. Aussi je ne pense pas m’éloigner de la vérité en disant que la foi de Marie est ce levain céleste. En effet, « elle a été bien heureuse d'avoir cru , parce que ce qui lui avait été dit de la part du Seigneur a tté accompli en elle. » Or tout cela ne serait pas accompli si , selon la parole de notre Seigneur, toute la péte n'eht été levée et perpétuellement levée, en nous conservant également dans la mort, aussi bien que durant la vie, un même homme et entier, Jésus-Christ avec sa divinité, médiateur entre Dieu et les hommes.
Mais dans cet admirable mystère , l'on y peut encore remarquer, conformément aui trois mesures de forine de l'Evangile, trois degrés d'une distinction merveilleuse et tout-à-fait convenable A notre sujet , savoir : le nouveau , l’ancien et l'étemel. Le nouveau, qui est l’Ame, que l'on croit être tirée du néant au moment qu'elle est infuse; l'ancien, qui est la chair, que l'on sait avoir pa.ssé jusqu’à nous depuis le premier des hommes , c’est-à-dire Adam ; l'éternel, qui est le Verbe divin , que l'on assure , avec une vérité indubitable, avoirété engendré du Père étemel et qui lui est cuéternel. Or si vous faites ici une sérieuse réflexion , vous admirerez dans ces trois choses trois différens effets de la puissance divine : une chose faite de rien, une chose nouvelle de celle qui était ancienne , et une éternelle et bienheureuse de celle qui était morte et condamnée. Mais en quoi est-ce que tout cela contribue à notre salut ? Beaucoup en toutes façons. Premièrement en ce qu’ayant été réduitsau néant parle péché, nous avons en quelque façon été créés une seconde fois par le moyen de ce mystère, afin que nous soyons comme les prémices de ses créatures. Secondement , en ce que nous avons été transférés de notre ancienne servitude dans la liberté des enfans de Dieu , marchant beureusement dans un renouvellement d'esprit. En troisième lieu , en ce qu'ayant été appeltb de la puissance des ténèbres an royaume de la clarté étemelle, nous avons eu l'honneur d'y être assis par le moyen de Jésus-Christ. Loin de nous donc ces mallieurenx hérétiques qui tâchent de séparer la chair du Sauveur d'avec la nbtre, soutenant, par une impiété criminelle, qu’il y en a eu une nouvelle créée ^ans la Vierge et non tirée de sa substance. Mais il y avait déjà longtemps que l'esprit du prophète avait agréable-
ment prévenu cette opinion, ou plulAt ce blasphème des impies , lorsqu'il dit ; « Il sortira un rejeton de la racine de Jessé et une fleur poussera de sa racine. > Il aurait pu dire , une fleur poussera du rejeton; mais il a mieux aimé dire V de la racine, a afin de faire connaître plut clairement que la fleur avait tiré son origine du même tronc que le rejeton. Ainsi la chair a été prise du même endroit d'od la Vierge est sortie, et comme ce germe a été produit de la racine, celle-là n'a point été nouvelle dans la Vierge.