CHAPITRE VIIL
Qm U ptanlitil àm pcnoonei en IMeo rtralic <k» prapriéUi ; nuit qu'il n’y ■ qu’une teulc M tople CMeoe».
Il est de la foi catholique de confesser que les propriétés des personnes ne sont autre chose que les personnes mêmes , et que celles<i ne sont autre chose qu’un seul Dieu, une divine substance, une divine nature, une divine et souveraine majesté. Comptez donc, si vous pouvez : on sans la substance, les personnes qui sont cette même substance; ou sans les personnes, les propriétés qui sont ces mêmes personnes ; ou bien, si quelqu'un tâche de diviser les personnes d'avec la substance , ou les propriétés d'avec 1rs personnes , je ne sais pas comment il pourra se dire l’adorateur de la Trinité, en même temps qu’il se laisse aller à compter ce nombre excessif de tant de choses. Servons-nous donc du nombre de trois , mais sans préjudice de l'unité ; confessons une chose , mais sans confusion de la Trinité. Car ce ne sont point des noms vides , ni des paroles inutiles qui ne signifient rien. Mais quelqu'un me demandera comment ce que nous tenons pour catholique peut être? Qu'il lui suffise de croire que cela est ainsi , et qu'encore que cela ne soit point évident â la raison, l'opinion, toutefois, n’en doute point, et la foi en esc entièrement persuadée. Ce mystère est extrêmement relevé et digne de respect; mais on ne doit pas l'examiner avec trop de curiosité. Comment la pluralité se peut-elle renconb-er dans l’onité, et dans une telle unité, on cette même unité dans la pluralité ? Il y a de la témérité â le vouloir trtq> pénétrer, il est de la piété de le croire, et c'est la vie et la vie étemelle de le connaître.
Cest pourquoi si vous le trouvez bon, mon
cher Eugène, que votre considération se porte maintenant à examiner plusieurs sortes d’unités, afin que vous connaissiez plus clairement l’éminence de cet un singulier et singulièrement admirable. Il y a une sorte d'unité qu'on peut appeler co//ecti'i'e;lorsque, par exemple, plusieurs pierres sont un monceau. Il y en a une autre qui est appelée constitutive , lorsque plusieurs membres constituent un même corps ou que plusieurs parties composent un même tout. La troisième se peut appeler corÿugative, par laquelle deux personnes ne sont plus deux, mais une seule chair. Par celle qu’on appelle native, il se forme un seul homme de l’âme et du corps. Il y a encore une unité potestative, par laquelle une personne de vertu tâche de se trouver toqjours une et toqjours égale à elle-même , sans se laisser aller à l'inconstance ni au changement. L'unité de sentiment est celle qui fait que plusieurs personnes, par le moyen de la charité, ne sont qu’un même cœur et une même âme. L’autre unité, qu'on appelle votive, fait qu'une âme qui est attachée â Dieu de toutes ses affections n'est plus qu’un même esprit avec lui. Enfin , il y a une unité qu’on peut appeler dignative, par laquelle le Verbe diviu a pris notre limon pour l’unir en sa personne. Mais qu’est-ce que sont toutes ces unités â l'égard de cet un souverain , et uniquement un , où la consubstantialité foit l’unité? Si vous faites le rapport de quelqu’une de ces unités sur cet un suprême, elle paraîtra une en quelque façon; mais si vous la voulez foire entrer en comparaison, elle ne le sera point du tout. II est donc vrai qu’entre toutes les choses qu’on peut justement appeler unes, c'est l’unité de la Trinité , par laquelle les trois personnes ne semt qu’une même substance , qui tient le premier rang. Et il fout mettre au second cette unité par laquelle ua contraire trois substances ne sont qu'une même personne en JésusChrist. Or, considérant dans la vérité et avec prudence cette unité , ainsi que toutes les autres choses qui peuvent être appelées unes, il est certain qu'on les peut nommer justement unes; mais ce n'est que par imitation de cette unité souveraine et non par comparaison. Et nous ne nous éloignons nullement de cette confession de l’unité , lorsque nous soutenons le nombre trois; parce que dans cette trinité nous n'admettons point de multiplicité , non plus que
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TRAITÉ DE LA C0^S1DERATI0
de Hilitnde dans l'unité. Cest pour cria que quand je dis un , je ne nir sens point troublé par le nombre de la trinité, 1 cause qu'il ne multiplie , ni ne change , ni ne divise point l'essenre. Et aussi quand je dis trois , je ne reçois point de reproche par la vue de l'unité , parce (|u'clle n'a-ssemble point ces trois avec confusion , ni ne les réduit point à la singularité.
GIIAIMTRE IX.
0«'m Dira il n'y i qu'anr iralr ruiarr n trou pmoanM , cl «1 pontraire qa'ra il y a phiaivan aalitm en
U oc Mule pmooDe.
J’avoue que je n'ai point d'autre sentiment de cette unité à laquelle j'ai donné entre toutes les autres le second rang après cette première souveraine. Je dis donc qu'en Jésus -Christ, le Verbe divin, l'âme et la chair, ne sont qu'une seule personne sans confusion des essences, et que ces trois choses demeurent dans leur nombre sans préjudice de l'unité iiersonnelle. Aussi je ne nie pas que cette unité ne soit de même genre que celle par laquelle l'âme et la chair ne font qu'un seul homme. En effet, il était fort â propos que le sacrement qui avait été institué en faveur de l'homme, eht un rapport et une ressemblance plus particulière à l'état dans lequel il avait été créé. Il était encore â propos qu'il efit de la convenance avec cette unité souveraine qui est en Dieu et qui est Dieu même, afin que comme en Dieu les trois personnes sont une même essence, demêmeici,parune certaine contrariété très convenable, les trois essences ne fossent cpi'une même personne. Remarquez, je vous prie, la beauté de cet ordre dans la disposition de cette unité entre les deui autres dans Jésus^lhrist homme , qui a été établi le médiateur de Dieu et de l'homme. Cette convenance , dis-je, est toot-â-foit belle, en ce que ce sacrement salutaire, par une juste ressemblance, répond fort bien à tous les deux, et â celui qui sauve et â celui qui est sauvé. Ainsi cette unité demeurant mitoyenne entre les deux autres parait au-dessous de l'une et au-dessus de l'autre, autant inférieure à celle qui lui est snpérieure, qu'elle est supérieure â celle cpii est au-dessous d’elle.
Enfin, cette personne en laquelle Dieu et l'homme ne font qu'un, Jésus-Cbrist , enferme en soi une si grande et si particulière force
d'unioa, que vous pouvez sans erreur deux choses réciprocpiement l'un de l'i prononcer véritablement et ratboliquen l)ieu est homme et l'homme est Dieu n'en est pas de même de l'âme et du co quoique l'âme et le corps ne constituei seul homme, vous ne pouvez pat dire ti tans une extrême absurdité, que l'âme est et que le corps est l'âme. Et ce n’est pc chrâ: fort surprenante que l'âme, avec force de son empressement naturel , ne| lier ni attacher â soi la chair par ses ah de la même façon que la divinité a uni homme, « qui a été prédestiné fils de I sa vertu. > C’est une longue chaîne, bien de la force pour lier, que la divine tination, puisqu'elle est étemelle. Et quoi de plus long que l'étemité? Quoi puissant que la divinité ? Aussi cette i jamais pu être divisée par la mort mên que le corps et l'âme aient été séparée l'autre. Et c'est lâ , peut-être , ce qu'a vc celui qui a protesté qu'il n'était pas d délier le cor^n de son soulier.