‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 363 sur 684 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De rbumbie enUuncot qa'oa doit «voir de aoi>in^K'

1 . Tout homme désire naturellement de savoir : mais A quoi sert la science sans la crainte de Dieu?

Un humble paysan qui sert Dieu vaut a,s.surémenl mieux qu'un philosophe superlie qui

s'oublie lui- même pour considérer le cours des astres.

Celui qui se coniult bien est fort petit à ses yeux , et n'est pas flatté des louanges des hocnmes.

Quand je connaîtrais toutes les cho.ses qui sont dans le monde, sans avoir la tharité, de quel secours me serait ma science derant Dieu , qui doit me juger sur mes oeuvres?

2. Renoncez i un désir excessif de savoir, parce qu'il est la source de beaucoup de dlssij)atioos et d'illusion.s.

Les savans sont bien aises d'étre connus et de passer pour des sages.

Il y a bien des choses dont la connaissance sert peu ou ne sert point du tout à l'âme.

Et c'est une grande folie de s'appliquer â autre chose qu'à ce qui peut contribuer au salut.

Les longs discours ne rassasient |ias l'émet niais une bonne vie réjouit l'esprit, et une conscience pure donne une grande cunliance en Dieu.

3. Plus et mieux vous savez, plus vous serez jugé avec rigueur, si vous n'avez vécu plus saintement.

Loin donc de vous enorgueillir de votre habileté ou de votre science , que les connaissances qui vous ont été données soient plutût pour vous un sqjet de crainte.

S'il vous semble que vous savez beaucoup de choses, et que vous les savez assez bien , songez cependant qu'il y en a beaucoup plus que vpus ignorez.

l\e votuélevei poitU{ Rom. , ii, 20 ); mais avouez plutôt votre ignorance.

Pourquoi vouloir vous préiércr aux autres , puisqu'il s'en trouve beaucoup qui sont et plus habiles que vous, et plus versés dans la lui de Dieu?

Si vous voulez apprendre et savoir quelque chose utilement , aimez a être incutmu , et à être compté pour rien.

4. La science la plus sublime et la lei^n la plus utile, c'est la vraie connaissance et le mépris de soi-méme.

Ne foire aucun cas de soi-méme, et avoir toujours des autres des sentimens favorables et avantageux, c'est une grande sagesse et une grande perfection.

Quand vous verriez un antre manquer ouver-

tement ou commettre de grands crimes, vous ne devriez pas pour cela vous croire meilleur; parce que vous ignorez combien de temps vous pourrez persévérer dans le bien.

Nous sommes tous fragiles, mais vous devez croire que personne n'est plus fragile que vous.

Page 1