‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 37 sur 684 · CH.\PITRE IV · texte numérisé non relu

CH.\PITRE IV

D'an larriD qu'il Al avccquclquN-iiiu de te» «mit.

Vous condamnez le larcin, mon Dieu, et ne le condamnez |<as seulement par votre loi gravée sur la pierre , mais par une loi encore plus ancienne que vous avez écrite dans le fond des <ii-urs , et que la malice de l’Iiomme ne peut eflàcer. Car qui est le voleur qui ne trouve point mauvais qu’on le vole? Et qui est le riche qui ne juge point coupable un pauvre qui lui déroDe son argent , lors même qu’il n’y est poussé que par son extrême misère? Et cependant , mon Dieu, j’ai voulu commettre un larcin ; et je l'ai commis en eRèt, non par le besoin et par la nécessité où je me visse réduit, mais par un pur dégoût de la justice, et par un excès et un comble d'iniquité ; car j’ai dérobé des choses dont j’étais si éloigné de manquer, qu’il y en avait chez nous en grande abondance, et de meilleures même que celles que je dérobais. J’ai dérobé . sans rien chercher dans le larcin que le larcin I même ; et voulant plutôt me repaître de la lai- ! deur du vice que du fhiil de l’action vicieuse. U i

r AL'GLSri.N. -l.IVRE II.

y avait un poirier près de la vigne de mon père, dont les poires n’étaient ni ibrt belles A la vue, ni fort délicieuses au goAt. Nous nous en allâmes une troupe de méchans eofins , après avoir joué ensemble jusqu’à minuit, comme ce désordre n’est que trop commun ; noos noos en allâmes , dis-je , secouer cet arbre pour emporter tout ce qu'il y avait de fruits. El nous nous en revînmes tout chargés de poires, nm pour les manger, mais seulement pour les prendre , quand on les eût do jeter aux pourceaux , quoique nous en mangeâmes quelque peu, nous contentant du plaisir que nous trouvHmx â faire re qui nous était défmdu.

Mon Dieu , voici mon ccnir devant vous : voici mon ccrur dont il vous a plu avoir pitié lorsqu’il était dans le profond de l’ablme. (Ju’il vous dise maintenant ce qu’il recherchait dans cette action , cequi le portail â se rendre coupable gratuitement et sans avoir aucun sqjet de sa malice que sa malice même; car j’ai aimé cette malice toute honteuse quelle était ; j’ai aimé â me perdre; j’ai aimé mon péclié, je ne dis pas seulement ce que je désirais d’avoir par le pÂ;hé, mais le péché en soi et dans ta difformité naturelle. Étrange corruption de l’âme, A mon Dieu , qui , te détachant de vous dont la fermeté immohile est ton unique soutien , devient ensuite si aveugle et ai déréglée, qu’elle ne fait pas seulement pour satisfaire sa passion des choses honteuses et infâmes, mais qu’elle trouve sa propre satisfiiction dans ta houle même et son infamie.

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