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CHAPITRE XVIII

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I. Jetez les yeux sur les exemples parlant des saints Pères en ipii ont brillé la vraie perfection et 1.1 religion , et vous verrez que ce que nous faisons est peu de chose et presque rien.

JÉSÜS-CHRIST,

Hélas! qu'est-ee que notre vie, si on la compare à la leur? Les saints et les amis de Jésus- Christ ont servi le Seigneur dans la faim et dans la soif, daru le froid et dans la nudité, dans le travail et dans la fatigue, dans les veilles et dans les jeûnes (11. Corinlh. , xi, 37 ) , dans les prières et dans de saintes méditations, dans une infinité de persécutions et d'opprobres.

3. Oh ! combien de grandes tribulatioixs ent souffertes les apôtres, les martyrs, les confivsseurs , les vierges et tous les autres qui ont voulu suivre les traces de Jésus-Christ ! car Us ont haï leurs âmes en ce monde, afin de les posséder dans la vie étemelle (Jean , xii , 35).

Oh ! quelle vie austère et détachée Ire saints Pères ont menée dans le désert! quel les longues et fteheuses tentations ils y ont éprouvées! combien de fois ils ont été tourmentés par l'ennemi ! qu’ils ont offert è Dieu de fréquentes cl de ferventes prières! qu'ils ont pratiqué de rigonreuses abtuinences! qu’ils ont eu de zèle et d'ardeur pour leur avancement .spirituel! quels rudes combats ils ont livrés à leurs vices pour les dompter! quelle pureté et quelle droiture dans leur intention à chercher Dieu !

Ils travaillaient pendant le jour, et ils consacraient les nuits à la prière, quoique pendant le travail ils ne crssa$.senl de prier en esprit.

3. Ils employaient utilement tout leur temps; leurs heures leur paraissaient trop courtes pour leurs entretiens avec Dieu, cl la douceur qu'ils goûtaient dans la contemplation leur faisait même oublier la nécessité de nourrir leur corps.

Ils renonçaient A tout , aux richesses, aux dignités, aux honneurs, à leurs amis et à leurs parens; ils ne désiraient rien des choses du monde;à peine prenaient-ils les alimens néce.ssaires i la vie; ils gémi.ssaient de l'obligation de servir leur corps, même dans la nécessité.

Ils étaient donc pauvres des biens de la terre, mais très riches en grèce et en vertu tan dehors ils manqiKiient de tout, mais au dedans ils étaient remplis de Li grâce et des coosolations divines.

4. Ils étaient éloignés du monde, mais ils étaient très unis à Dieu , et scs amis intimes et familiers; ils étaient vils à leurs yeux et â ceux de ce monde , mais ils étaient prÂàeux et chers à ceux de Diru.

lU U oooMTvaieDt dans une humiiilé sioctre, ils vivaient dans une obéissance simple , ils marchaient dans la charité et la patience ; aussi avançaient-ils de jour en jour dans la vie de l'esprit, tt acquéraient-ils un grand crédit auprès de Dieu.

Us ont été donnés pour modèles à tous les religieux, et ils doivent plus nous porter à notre avancement que le nombre des tiédes au relâchement.

5. Oh ! combien grande était la ferveur de tous les religieux au cummeocementdeleur saint institut!

Oh ! quelle ardeur pour l'otaison ! quelle émulation pour la vertu ! quelle vigueur dans la discipline ! quel respect dans tous , et quelle obéissance pour la règle de leur maître !

Leurs vestiges , qu’on ne suit plus , attestent encore que c'étaient des hommes véritablement saints et parfeits , qui , en combattant si généreusement, ont foulé le monde aux pieds.

Maintenant on regarde comme un grand religieux celui qui n'a point transgressé la règle, celui qui a pu supporter avec patience l'état qu'il a embrassé.

6. O tiédeur et négligence de notre état, de dégénérer si promptement de l'anrienne ferveur, et de trouver meme la vie ennuyeuse par abattement et par Ucheté !

Dieu veuille que le désir d'avancer dans la vertu ne s'assoupisse pas entièrement en vous, qui avez vu souvent nombre d’rxeiiiplcs dr per- .sonnes pieuses !

Cil A PITRE XIX.

Im nPTCMv* (Tan boa rdigicuv.

1. La vie d'un Imn religieux doit être ornée de toutes les vertus, afin qu'il soit inlérieurement tel qu'il parait extérieurriuent aux hommes; et il est bien juste qu’il soit beaucoup plus saint au dedans qu'il ne le parait au deliors, parce que le fond de notre cœur est sous les yeux de Dieu, que nous devons inhniment respecter en quelque endroit que nous soyons, et en la présence de qui nous devons marcher avec la pureté des auges.

Chaque jour nous devons renouveler notre première ré.solution, nous exciter à la ferveur, comme si outre conversion ne foisait que de

commencer, et dire : «Aidez-moi, Seigneur

< Dieu, dans mon bon propos et dans votre > saint service, et faites-moi enfin la grâce de « commencer aqjourd'hui parfaitement, puis-

< que ce que j'ai fait jusqu'à présent n'est rien. >

3. Notre avancement se proportionne sur notre résolution; et qui veut faire de grands progrès , doit s’y porter avec beaucoup de soin.

Si celui qui prend les plus fermes r^lutions ne laisse pas souvent de se relâcher , que sera-ce de celui qui n'en forme que rarement, ou qui nen forme que de faibles !

Cet abandon de nos bonnes résolutions arrive cependant de differentes manières , et la plus légère omission de quelques exercices ne manque guère de causer à l'àme quelque dommage.

Les résolutions des justes sont plus fondées sur la grâce deDieuque sur leur propre sagesse ; et c'est toujours en lui , quoi qu'ils entreprennent, qu’ils mettent leur confiance ; carT’homme propose, mais Dieu dispose; et la voie de l’homme n 'est pas au pom-oirde l'homme (JiWm., 1, 33).

3. Si c'est par un esprit de piété , ou pour le bien du prochain , que l'on omet qnelquefois un exercice ordinaire, il sera aisé de réparer dans la suite cette omission ; mais si on le quille légèrement , par dégoût ou par négligence, c'est une omission répréhensible , et l'on sentira qu’elle est nuisible.

Efforçons-nous de tout notre pmivoir, et nous ne laisserons |>as de inauqiier encore aisément en bien des choses.

Nous devons néanmoins nous proposer limjoiirs quelque cliusc de fixe, .surtout contre 1rs obstacles qui nous retardent le plus.

Nous devons examiner et régler avec Icinthne soin notre intérieur et notreextérieur, parce que l'un et l'autre eontribueiit à notre avancement.

4. Si vous ne pouvez pas vous recueillir continuellement, failes-lede temps en temps, et pour le moins une fois le jour , le matin ou lesoir.

Le matin, formez vos résolutions; lesoir, examinez votre conduite, quelles ont été en ce jour vos paroles , vos actions et vos pensées; car peut-être en tout cela avez-vous souvent offeo.sé Dieu et le procliain.

Armez-vous, en homme courageux, contre les artifices du démon; mettez un frein a l'in-

IMITATION DE Irmp^niDcc, n vous réprimerez plus aisémait tout désir déréglé de la chair; ne soyez jamais oisif; mais occupez-vous ou i lire, ou à écrire, ou à prier, ou i méditer, ou i quelque ouvrage Utile i) la communauté.

Il faut néanmoins être discret dans les exercices du corps, et tous ne conviennent pas également à tous.

à. Les pratiques qui ne sont pas communes ne doivent pas être montrées au dehors ; car on s'acquitte plus sûrement dans le secret de celles qui sont particulières.

Prenez garde cependant d'ètre Uche dans les exercices communs, et d'étre trop ardent pour ceux de votre citoix ; mais après avoir rempli pleinmnent et fidèlement tout ce qui est de devoir et de règle, s'il vous reste encore quelque temps, rendez-vous à vous-méme selon les mouvemens de votre dévotion.

Tous ne peuvent pas s’assqjettir au même exercice r mais l'un convient mieux à celuhci , et l'autre à celui-U.

On aime aussi à varier ses exercices sdon. la convenance du temps ; parce que les uns plaisent davantage les jours de fêtes, et les autres les jours ordinaires : nous avons besoin des uns dans le temps de la tentation, et des autres dans un temps de paix et de tranquillité : quand nous sommes tristes, certaines pensées nous conviennent , et d'antres quand noos trouvons de la joie dans le Seigneur.

6. Aux approches des principales fêtes, il faut renouveler ses pieux exercices, et implorer avec plus de ferveur les suffrages des saints.

Nous devons , d’une fête à une autre, prendre des résolutions comme si nous devions alors sortir du monde et passer à la fête étemelle ; ainsi , dans ces saints temps, nous devons nous préparer avec soin , vivre dans une plus grande piété, et pratiquer tons nos devoirs avec plus d’euctilude, comme devant bientM recevoir de Dieu le prix de nos travaux.

7. Et si ce bonheur est différé , croyons que nous ne sommes encore ni assez bien préparés , niasses dignes d'une si grande gloire , qui nous sera découverte (Rom., viii , 18} dans le temps marqué , et travaillons à nous mieux préparer a ce passage.

Heureux , dit l'évangéliste saint IzK , /e serviteur que son maître, quand il viendra.

JÉSUS-CHRIST

trouvera leillant ; je vous le dis , en vérité, il l'établira sur tous ses biens (Luc, xii, 43, 44).

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