Croyez-vous éviter ce que nul mmlel n'a pu fuir
Qui d'entre les saints a vécu dans le monde sans croix et sans affliction?
Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, tant qu'il a vécu , n'a pas été un moment sans souffrir. Il fallait , , que te Christ souffrit ,
qu'il ressuscitât d'entre les morts, oèÿu 'il entrdt ainsi dans sa gloire ( Luc , xxiv ,6).
Et comment donc cherchez-vous un autre chemin que ce chemin royal de la sainte croix?
7. Toute la vie de Jésus- Christ a été une croix et un martyre; et vous, vous cherchez le repos et la joie.
Vous voua trompez û vous cherchez autre chose que des souffrances ; parce que toute cette vie mortelle est remplie de misères, et de toute part environnée de croix.
Et plus un homme a fait de progrès dans la vie spirituelle , plus 1rs croix qu'il rencontre lui paraissent souvent pesantes , parce que la peine de son exil croit à proportion de son amour.
$. Néanmoins , affligé en tant de manières , il
n’e*t pas sans soabgement et sans consolation , parce qu'il sent que les fruits de sa patience à porter b croii augmentent de plus en plus.
En tffet, lorsqu'il s'y soumet de bon cœur , tout le poids de son affliction se change en une ferme espérance des consobtkms divines; et plus U chair est ahattue par l’affliction, plus resprit est fbrtifrë par h grâce intérieure.
Et qœlqnefflâ même l’amour des souffrances etdel'adversité, inspiré parle désir de se rendre conftirme i Jésus crucifié , fortifie Thomme au point qu’il ne voudrait pas être sans douleur et sans affliction , parce qu’il est persuadé qu’il sera d’autant plus agréable à Dieu qu’il pourra souffrir pour lui des maux plus multipiés et plus violens.
Ceci est l’effet non de la vertu de nioaune, mais de 1a grâce de Jésus-Christ, qui peut et opère de si grandes choses dans une diair flragib, que ce qu’eUe abhorre et fiiit naturellement, eUe l'entreprend et s’y affectûmne par b ferveur de l’esprit
9. n n’est pas naturel â l’homme de porter b croix, d’aimer b croix, de châtier et d'asso-rir son corps, de fuir les Imnneurs, de souffrir volontiers la affronts , de se mépriser soi-même et de souhaiter d’être méprisé, de soutenir toutes sortes d’adversités et de pertes , et de ne désirer aucune propriété en ce monde.
Si vous consultez votre propre natiBé,vous ne pourrez rien de semblable par vous-même ; mais si vous mettez votre confiance dans b Seigneur, b fbrce vous sera' donnée d’en haut, et le monde etb chair seront assojeltia â votre empire;
Vous ne craindrez pas même le démon votre ennemi,8ivausêtesarmédeb foi et marqué du signe de b croix de Jésus-Christ
10. Disposez-vous donc, comme un bon et fidèle serviteur de Jésus-Chrib, à porter courageusement la croix de votre Seigneur qui a bien voulu être crucifié par amour pour vous.
Préparez- vous â souffrir dans cette misérable vie bien des maux et différentes incommodités ; patte que tel sera votre sort en quelque lieu que vous soyez, et que vous en trouverez infailliblement, dans quelque retraite que vous vous cachiez. •
Il faut que ceb soit ainsi ; et iUi’y a pasd'autse ' remède contre tant de maux et de douleurs que de vous sn{porter vous-même.
Buvez avec amour bcaliceduSeigncur,si vous voulez être son ami et avoir part â sa gloire.
Abandonnez â Dieu la dispositmn de ses consobtums, afin qu’il en use comme il lui sera b plus agréable.
Mais pour vous, tenez-vous prêt à souffrir des tribubtions , et regardez -Ica comme les plus grandes consobtions, parce queier souffrances delà vie présente, puissiez-vous seul les endurer toutes, n'ont aucune proportion pour mériter la gloire de l'autre vie qui se manifestera en nous {Vxm., viti, 18).
11. Quand vous en serez venn an point de trouver les tribubtions douces , et de les goûter pour l'amour de Jésus-Christ, alors estimezvous heureux, parce que vous avez trouvé un paradis sur la terre.
Tant que les souffrances vous feront peine, et que vous chercherez à les éviter, vous serez malheureux, et b désir de fuir b peine vous suivra partout.
13. Si vous vous disposez, comme vous le devez, à souffrir et âmomrir, vous vous sentirez aussitôt plus à l’aise, et vous trouverez b paix.
Quand vous auriez été ravi comme saint Paul jusqu’au troisième del, vous ne seriez pas pour ceb assuré de n'avoir plus de coatradictions i souffrir. Je luifieraiconnaltre, dit Jésus, combien il faudra qu'il souffre pour mon nom (Act.,«.16).
Votre partage est donc de souffrir, si vous êtes résolu d’aimer Jésus et de le suivre coastammenl.
13. Plût â Dieu que vous fussiez digne de souffrir quelque chose pour b nom de Jésus!
Quelle gloire il vous en reviendrait! quelle joie pour tous les saints de Dieu ! et quelle édificatipn pour b prochain I Car tout le monde recommande b patience, quoiqu'i^y en ait peu qui veuiUent souffrir.
Vous devriez bbn souffr'w avec joie de légères peines pour Jésus -Christ, puisque tant de gens en souffrent de beaucoup plus grandes pour le monde.
14. Soyez persuade que voire vie doit être une mort continuelle : plus un homme meurt â luiméme, plus il commence à vivre pour Dieu.
Personne n'est propre â comprendre les choses du ciel s'il ne se soumet â supporter les adversités pour Jésus -Christ.
, Rien de plus agréable â Dieu, rien eu ce
iDOode de plus saloUlre pour vous que de souffrir de bon cœur pour Jésus-Christ :
Et si vous sviez à choisir, vous devriez pIntAt souhaiter de souHrir des tribulations pour Jésus- Christ que d'élre comblé de consolatioas, parce que vous deviendriez par-là plus semblable à Jésus -Christ et plus conforme à tous les saints;
Car notre mérite et notre avancement dans la perfection de notre état ne consistent pas à goûter beaucoup de douceurs et de consolations , mais plulAtà souflvir courageusement beaucoup d'afflictions et de peines.
15. Assurément, s'il y avait eu quelque chose de meilleur et de plus utile pour le salut des honunes que les soufflaoces, Jésus- Christ nous l'aurait sans doute appris par ses paroles et par son exemple.
Au contraire il exhorte clairement et les disciples attachés à sa suite, et ceux qui désirent de le suivre, à porter leur croix; et il leur dit; 51 quelqu 'un veut venir à moi , qu'il renonce à toi-mime, qu 'il porte sa croix tous les jours, et qu'il me suive (Uic, ii,23).
Ainsi, après avoir tout hi et tout examiné, coocluons enfin qae c'est par beaucoup de tribulations qu'il nous faut entrer dans le roj-aume de Dieu ( Act. , xiv , 21 ).
as LÀ omaoLÀTiiKi uiTéMauasL CHAPITRE PREMIER.
De rentrvttra iatarieur de Jdsue-Oirût avec l'Sme SdUe.
1. LE FinéLE. — Técouterai ce que le Sei gneur mon Dieu me dira au fond du cœur (Ps. LXXXIV, 9).
Heureuse l'ânie qui écoute le Seigneur lorsqu'il loi parle intérieurement, et qui re<;oit de sa bouche des paroles de consolation !
Heureuses les oreilles qui reçoivent les impressions de l'inspiration divine , et qui ne font au cône attention aux suggestions de ce monde !
Heureuses parfoilement les oreilles qui écou trnt non la voix qui résonne au dehors , mais la vérité qui les instruit au dedans !
Heureux les yeux qui, formés aux chosesextérieures, sont attentifs aux choses intérieures! , |
Heureux ceux qui pénétrent dans les voies intérieures, et qui, par des exendoes journaliers, s'étudient à se rendre de plus en plus capables de comprendre les secrets du ciel 1
Heureux ceux qui mettent leur joie à s'occuper de Dieu, et qui se dégagent de tous les embarrras du siéde !
Remarquez bien ceci , A mon àme I et fermez toutes les portes de vos sens, afin que vous puissiez entendre ce que le Seigneur votre Dieu dit intérieurement.
2. jtscs-cnnisT. — Voici ce (jne dit votre bien-aimé ; 7e suis noire sa/ul(Ps.xxiiv, 3), votre paix et votre vie.
Tenez-vous avec moi , et vous trouverez la paix ; laissez là tout ce qui passe, cherchez ee qui est étemel.
Que sont tous les biens temporels, sinon des objets séduisans?
Et que vous servent toutes les créatures, si vous êtes abandonné du Oéateur?
Renonçant donc à tout, rendez-vous agréable et fidèle à votre Créateur , afin de pouvoir obtenir la vraie félicité.