CHAPITRE L
ComiMiU va bdomie dteiU deSt le roncUR cnin Ici maliM dcDira.
I. LE FIDÈLE. — Seigneur Dieu, Père .saint, soyez béni maintenant et pendant l'éternité; car ce que vous avez voulu a été feit , et ce que vous fiiites est bon.
Que votre serviteur se réjouisse en vous , non en lui-mème, ni en quelque autre; parce que vous seul , Seigneur, êtes la véritable joie; vous êtes mon espérance et ma couronne, vous êtes mon plaisir et ma gloire.
Que pcts.sédc votre serviteur, sinon re qu’il a reçu de vous , même sans l’avoir mérité ?
JESUS-CIIRIST,
Tout est A vous , et ce que vous avez donné et ce que vous avez ftiit.
Pour moi, je suis pauvre et dans les travaux dès ma jeunesse (Ps. lxixvii, 16), et mon Ame s'attriste quelquefois jusqu'aux larmes, quelquefois aussi elle se trouble elle-même A la vue des maux qui se présentent A sooflrir.
2. Je désire la joie que donne la paix ; je vous demande la pais de vos enfans , que vous nourrissez dans la lumière de vos consolations.
Si vous me donnez cette paix, si vous versez en moi cette joie sainte, l’âme de votre serviteur se répandra en chants d'allégresse , et sera fervente A vous louer.
Mais si vous vous retirez, comme vous faites très souvent, il ne pourra point courir dans la voie de vos commandemens; il tombera au contraire sur ses genoux pour se frapper la poitrine; parce qu'il n'est plus aujourd'hui ce qu'il était hier et le jour d'auparavant , lorsque votre lumière luisait sur sa tête (Job,ixix, 3), et qu'd l’ombre de vos ailes il était à couvert (Ps. XVI , 8 ), des assauts de la tentation.
3. Père juste et toujours digne de louanges, l’heure est venue d’éprouver votre sm-iteur.
Père aimable, il est juste que votre .serviteur souffre maintenant quelque chose pour vous.
Père A jamais adorable, l'heure que vous avez prévue de toute éternité est arrivée où votre serviteur doit succomber extérieurement pour on peu de temps , mais sans cesser de vivre intérieurement en vous ;
Où il doit être un peu méprisé, humilié, abaissé devant les hommes, accablé de souffrances et de langueurs , mais pour se relever encore avec vous dans l’aurore d'un jour nouveau , et pour être glorifié dans le ciel.
Père saint , vous l'avez ainsi ordonné et vous l'avez ainsi voulu , et ce que vous avez ordonné est accompli.
4. Car c'est nue feveur pour celui que vous aimez de souffrir et d’être affiigé en ce monde pour l'amour de vous, quelque souvent et par qui que ce soit que vous permettiez que la chose arrive.
Rien ne se fait sur la terre sans votre sagesse et votre providence, et sans qnelqoc raison.
C'est un bien pour moi. Seigneur, que vous m'ayez humilié, afin que j'apprenne vos.
PAR FRERE JEAN GERSEN. — LIVRE lil.
, ordonnancet pleines de justice (Ps. cxviu , 7 1), et que je bannisse de mon coeur toute enflure et toute présomption.
Il m'est avantageux que mon visage ait été couvert de confusion (Ps. lxviii, 8), afin que je recoure à vous plutfit qu'aux hommes pour recevoir de la consolation.
J’ai encore appris de lâ à redouter votre jugement impénétrabie, par lequel vous affligea le juste avec l'impie , mais non sans équité ni sans justice.
5. Je vous rends grâces de ce que, loin de laisser mes fautes impunies , vous m'avez frappé des plus rades coupa en m’accablant de douleurs, et en m'envoyant des peines intérieures et extérieures.
Personne sous le ciel n'est capable de me consoler, si ce n'est vous, Seigneur mon Dieu , qui êtes le céleste médecin des âmes, qui blessez et guérissez, qui conduisez jusqu'aux enfers et qui en retirez (Tobie, xiu, 3).
Je suis sous votre discipline, et votre verge même servira â m'instruire.
& Me voici entre vos mains , A Père aimaUe, Je me courbe sous la verge de votre correction.
Frappez sur mon dos et sur mon cou , afin que je redresse au gré de votre volonté le penebant qui m'entraîne dans des écarts.
Faites de moi un disciple pieux et humble, comme vous le savez si bien faire, afin que je marche conforménicnt â tous vos désirs.
Je m'abandonne , et tout ce qui est en moi , â votre correction; il vaut mieux être châtié dans ce monde que dans l’autre.
Vous savez tout en général et en particulier, et rien ne vous est cadié dans la conscience de rhomme.
Vous connaissez les choses futures avant qu'elles arrivent, et vous n’avez pas besoin que personne vous instruise ou vous avertisse de ce qui se passe sur la terre.
Vous savez ce qui est utile pour mon avancement, et combien la tribulation sert â purger la rouille des vices.
Traitez-moi selon votre désir et votre bon plaisir, et ne me rejetez pas â cause de ma vie pleine de péchés, qui est connue de vous seul mieux et plus clairement que de qui que ce soit.
7. Failes-moi la grâce. Seigneur, de savoir ce qu'il faut que je sache, d'oiincr re que je dois
aimer, de louer ce qui vgus est le pins agréable, d’estimer ce qui est précieux devant vous , de blâmer ce qui est méprisable â vos yeux.
Ne permettez pas que je juge des choses sur ce que je vois an dehors, ni que je condamne sur un ouï-dire de personnes ignorantes ; mais que je fasse, selon la vérité, un juste discernement des choses sensibles et des spirituelles, et sur toutes choses que je cherche avec soin quelle est votre volonté et votre bon plaisir.
8. Les hommes se trompent souvent en jugeant sur le rapport des sens ; les amateurs du siècle se trompent aussi en n'aimant que les biens visibles.
En quoi un homme est-il meilleur, pour être plus grand dans l'opinion d'un autre homme?
C'est un imposteur qui trompe un imposteur, un homme vain qui séduit un homme vain , un aveugle qui égare un aveugle, un malade qui abuse un malade en le comblant d’éloges; et en le louant hussemeut , il le déshonore véritablement;
Car, comme dit l’humble saint François,
• L’homme n'est en effet que ce qu'il est â vos
• yeux , et rien de plus, a