‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 471 sur 684 · CHAPITRE LX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LX

Coolre la ?anit< du momlf

1. Certainement la eonversatioo de ce monde est funeste et périlleuse; car la chasteté périt dans les déliers , l’humilité dan» les richesses , la compassion dam le négoce, la vérité dans la mnltitode des paroles, la charité dans la malignité du siècle.

Comme fl est difficifo qu'un arbre planté sur les bords d'un chemin fréquenté puisse garder son fruit jusqu’à ce qu'il soit mAr , de même il est difficile qu'un homme qui converse seloD la vie du monde poisse te conserver dans une parfaite pureté, dans la justice, et sans offenser Dieu en diverses manières.

2. Oh I combien sont aveugles ceux qui recherchent et qui désirent la gloire et la lotumge du monde 1

Qtt'est-ce que la joie dn mwide , si ce n'est malignité et mauvaise vie qui n’est ni châtiée ni corrigée ; oA i'on s'abandonne â la débauche , â rivrognerie , â la gourmandise et à toutes les vanités mondaines , sans pouvoir soufh'ir d’ètre repris , châtié ou corrigé ?

Ceux qui vivent mal s’imaginent, au sein des délices , qu'ils y sont assurés pour jamais , quand personne ne les reprend et ne les corrige de leurs iniquités; ils ne considèrent pat qu'il n'est rien de plus malheureux en ce monde que ta félicité des pécheurs, par laquelle ib tombent dans une maladie incurable, et affèrmiasent leur Tolonlé dans le maL

5. Si TOUS Kcherchez, si tous (Usinez les dignités dans l'inlentioa sincère d'y vivre justement et saintement, je loue et approuve votre dessein ; mais qu'il est rare que l'eHét réponde i cette kiuable inteatk» i 11 est bien peu d'hommes qui aient ainsi justement et saintement vécu.

Qu'il est déplorable d'étre dans l'élévation avec une âme de boue, c'est-â-dire d'occuper les emplois les plus émineus de l'Ëglise, et de ne point élever son coeur vers Dieu et vers les choses de Dieul

Qu'il est déplorable de remplir le premier rang, et d’étre au-dessous des autres parla bassesse des sentimens et l'inconduite de la vie !

C'est une grande infortune que l'instabilité du cœur et la faiblesse du caractère.

Les puissans sont dignes d’autant de morts (pi’ils donnent de mauvais exemples à leurs sujets et â tous ceux (pii leur sont soumis.

4. Celui (pii veut acquérir la sagesse du monde court de grands dangers; car la sagesse du monde nous attache â la terre , nous expose aux tentatkms du démon , nous ravit le salut, donne la mort à l'âme , et engendre la cupidité.

Si vous convoitez les pompes et les vanités du siècle, si vons aimez les délices de la chair, considérez et voyez combien toutes ces choses ont peu de solidité et de durée : elles s'évanouissent comme un songe.

6. Qu'en est-il revenu aux adorateurs du siècle; de leur orgueil, de leur ostentation, de leur confiance en leurs richeases? Us ont passé comme rambr«,ou comme im vaisseau rapide qui fond les flots de l'Océan et disparaît sans laisser aucune trace de son passage.

Us ont été consommés dans leur malice , et la plupart d’entre eux ont abandonné renseignement et la voie de la vérité.

6. Où sont maintenant les princes et les grands seigneurs du temps passé qui possédaient de si vastes domaines , qui ont amassé d’immenses trésors d'or et d'argent, qui ont bâti des villes et des forteresses, qui ont vaincu des rois et conquis des royaumes P

Où sont les sages et les savons du temps passé (pii ont mesuré et décrit le monde?

Oùest lebel AbsalonPoù est le fort SamsonP où est le vaillant Alexandre? où sont les puissans empereurs? où sont les nobles rois et les princes illustres?

A quoi leur a servi 1a sagesse du monde et la science profone ? Quels avantages ont -ils retirés de la beauté, de la force, de la prouesse , de la vaillance, du pouvoir, de b noblesse, du sang, de i'écUt de la magnificence , de leurs vastes états et de b superfluité des richesses trompeuses?

Où sont les voluptés, les plaisirs charnels, les délectations de leur concupiscence? Que sont devenus les amiisemcns et les délices dont ils se sont enivrés? Où sont l’arrogance, b fierté, b présomption et b vaine gloire dont Us étaient remplis ?

llébs ! tout est passé, disparu, anéanti : il est impossible de rien découvrir de leurs restes parmi 1rs restes des autres hommes , parce que leurs cadavres ont servi de pâtiu-e aux vers, qu'ils ont été réduits en poussière , et que leurs âmes revivent b peine ou b récompense quelles ont méritée.

7. Laissons donc les pbisirs sensibles et mondains ; n’ambitionnons que les joies intérieures de l’esprit, en nous convertissant, en retournant ù Dieu de tout notre eœur, et en faisant sa volonté.

Au roi des siècles, immortel, invisible, â l'unique Dieu, soit honneur, gloire et action do grâces; parce que lui seul est le commencement , le milieu et la fin de notre consolation intérieure.

Ainsi soit-il.

•« fACHIMBIIT DB l’BCOiàBimB.

EibortaUoD iffpclueuie A U ulala eomamaloB

aèscs-cuitisT. — feriez à moi, ivm/x tous <jui êtes dans ta peine et qui êtes chargés, et je vous soulagerai (Math. , xi, 28).

Le pain que je donnerai, c'est ma chair que je donne pour la vie du monde (Jean, VI,. 52).

Prenez et mangez; ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi (1 Cor. , xi , 24)

Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en iui (Jean, vt,67).

Les paroles que je vous ai dites sont esprit et io'«(Jean, vi, 64).

m IMITATION DK

Page 1