‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 472 sur 684 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Atee ^oeile rérénsDce U faut reoerolr Jéaoa-ClirM.

1. U FiDtiE. — Oui , ce sont là vos paroles , A Jésus, vérité éternelle, quoiqu'elles n’aient pas été dites dans le même temps ni écrites dans le néme endroit.

Puis donc qu’elles sont de vous et qu'elles •ont véritables, je dois les recevoir toutes avec recotmaissance et avec foi.

Elles sont de vous . et c'est vous qui les avez proférées; elles sont aussi à moi, puisque vous les avez dites pour mon salut.

Je les reçois avec joie de votre bouche, afin qu'elles s'impriment plus profondément dans mon cœur.

Des paroles si tendres , si pleines de douceur et d'amour m’encouragent; mais mes propres péchés m'épouvantent , et l'impureté de ma conscience me défend d'approcher de ces grands mystères.

La douceur de vos paroles m'y eicite, mais la multitude de mes dcfiiuls me gène.

3. Vous me eommandez d'approcher de vous avec confiance , si je veux avoir part avec vous ; et de recevoir la nourriture de l'immortalité, si je désire obtenir la vie et la gloire étemelle.

Feneiàmol, dites-vous , vous tous qui êtes dans la peine et qui ‘êtes chargés, je vous soulagerai.

Ohl quelle douceur et quelle bienveillance cette partie fait entendre à un pécheur, lorsque vous -même, Seigneur mou Dieu, vous invitez l'indigent et le panvre à la communion de votre très saint corps I

Mais que suis-je, Seigneur, pour oser m’approcher de vous I Quoi ! la vaste étendue des deux rte peut vous contenir ( III Rois, vm, 27 ), et vous dites : f'enez à moi, tous l

3. A quoi tend cette condescendance si charitable et une si tendre invitation?

Comment oserai-je venir à vous, moi qui ne sens en moi ancun bien qui puisse m’inspirer cette confiance?

Comment vous introduirai-jedansma maison , moi qui ai si souvent offensé on Dieu plein de bonté?

Les anges et les archanges vous révèrent , les saints et les justes vous redoutent , et vous dites : f'enez à moi, tous t

JÉSUS-CHRIST

Si vous ne le disiez vous-même , Seigneur, qui pourrait croire que cela fht véritable?

Et qui oserait aller à vous, si vous ne le commandiez?

4. D'un cAléNoé, cet homme juste, travailla pendant cent ans à la construction de Tarche, pour s'y sauver avec un petit nombre de pei^ sonnes ; et moi , comment pourrai-je me préparer en une heure pour recevoir avec respect celui qui a construit l'univers ?

Moïse, votre grand serviteur et votre ami particulier, fit une arche de bois incomiptible, qu'il revêtit encore d'un or très pur, pour y déposer les tables de la loi ; et moi, créature corrompue, j’oserai si aisément vous recevoir, vous l'auteur de la loi et le dispensateur de la vie!

Salomon , le plus .sage des rois d'Israël , mit sept ans à élever un temple magnifique à ia gloire de votre nom , et en célébra la dédicace par une fête de huit jours; il offrit mille hosties pacifiques ; et , au son des trompettes et parmi des cris de joie , il plaça solennellement l’arche d’alliance dans le lieu qui loi était préparé :

Et moi , malheureux et le plus pauvre des hommes , comment vons ferai-je entrer chez moi, qni sois à peine capable d'employer dévotement une demi-heure?

Et plCit à Dieu que je pusse employer une seule fois dignement un temps pins court encore I

6. O mon Dieu ! combien ces fidèles serviteurs ont -ils fait d'efforts pleins de zèle pour vous plaire !

Hélas! que ce que je fais est peu de chose I que je mets peu de temps à me préparer à la communion, rarement tout-à-fliit recueilli, et plus rarement encore libre de toute distraction !

Et certes, en la salutaire présence de votre divinité , aucune pensée indfcente ne devrait s'offrir à mon esprit , aucune créature ne devrait m'occuper, puisque c'est non pas un ange, mais le Seigneur des anges qne je dois recevoir en moi.

6. n y a cependant une différence bien grande entre l'ardie d’alliance avec tout ce qu'elle renfèrmait, et votre corps très pur avec sesinelTables vertus;

Entre les sacrifices de la loi , qni n'étaient que des figures de l'avenir, et la véritable hostie de votre corps, qui est l'accomplissement de tous les anciens sacrifices.

7. PourqnmdMK ne sui*-Je pas embrasé en votre adorable présence?

Pourquoi ne me préparé-je pas avec plus de soin pour recevoir vos saints mystères, puisque CCS anciens saints, les patriarches et les prophètes, les rois et les princes, avec tout leur peuple , ont montré tant de dévotion et de zèle pour le culte divin?

8. David , ce roi si pieux , dansa de toutes ses forces devant l’arche de Dieu, au souvenir des bienlaits accordés autrefois à ses pères; il ht foire divers instmmens de musique, il composa des psaumes, et les fit chanter avec allé{;re$se ; et, rempli de l'Esprit-Saint, il les chanta souvent Ini-méme sur la harpe; il apprit au peuple d'Israèi à louer Dieu de tout son cteor, et à le bénir et le glorifier chaque jour unanimement.

Si l’on avait alors tant de dévotion , et si l’on se souvenait de chanter les louanges de Dieu en présence de l’arche d’alliance, quel respect et quelle dévotion ne dois-je pas avoir aujourd’hu i , aussi bien que tout le peuple chrétien, en présence du sacrement par excellence , et en recevant le piécieux corps de Jésus<lhrist !

9. Plusieurs courent en divers lieux pour visiter les reliques des saints, et sont dans l’admiration an récit de leurs actions;

lis considèrent avec étonnement la grandeur des basiliques élevées en leur nom , et ils baisent leurs ossemens sacrés enveloppés dans l’or et dans la soie ;

Et voici que je vous vois présent sur l’autel , vous, mon Dieu, le saint des saints, le créateur des hommes, et le Seigneur des anges I

Souvent ce qui porte les hommes h ces pèlerinages, c’est la curiosité et l’envie de voir ce qu’ils n'ont pas encore vu; aussi en rapporte.t-on peu de finit pour son amendement , surtout quand on foit ces courses si légèrement et sans être touché d'une vraie contrition.

Mais ici , dans le sacrement de l'autel , vous êtes présent tout entier, 6 Jésus-Qirist , vrai Dieu, et vrai homme;

Et l'on y reçoit un finit abondant pour le salut étemel tontes les fois qu’on vous reçoit dignement et avec forveur.

Or, ce qui nous y attire , ce n’est ni légèreté , ni curiosité, ni sensualité; mais c'est une foi forme, une espérance vive, et une charité sincère.

10. O Dieu ! créateur invisible du monde, que la manière dont vous agissez avec nous est admirable I

Avec quelle douceur et quelle bonté traitezvous vos élus, à qui vous vous donnez vousmême pour nourriture dans ce sacrement I

Car cria passe toute intelligence; oela surtout ravit lescnrars des pmonnes pieuses et embrase leur amour.

En effet vos vrais et fidèles serviteurs, qui travaillent toute leur vie i se corriger, reçoivent souvent dans ce très saint sacrement un accrois. sement considérable de ferveur et d’amour pour la vertu.

11. O grâce admirable et cachée du sacrement , qui n’est connue que des fidèles serviteurs de Jésus -Christ, et que les âmes infidèles et esclaves do péché ne peuvent sentir I

Cest dans ce sacrement que se confère la grâce du Saint-Esprit, que l’âme recouvre la fixée qu’elle avait perdue, et que renaît sa beauté défigurée par le péché.

Cette grâce est quelquefois si grande, que, par la plénitude de dévotion qu'elle produit , non-seulement l’esprit, mais le corps même y trouve dans sa faiblesse un surcroît àe fiircet.

13. Noos devons cependant bien gémir et nous ailliger de notre tiédeur et de notre négli-: gence, parce que nous ne noos portons pas avec plus d’empressement à recevoir Jésus -Christ, en qui est toute l'espérance et tout le mérite de ceux qui doivent être sauvés;

Car c'est lui qui est notre satisfoctioa et notre rédemption; lui qui est le consolateur deseiir lés dans cette vie et le bonheur éternel des saints.

n y a donc bien lieu de s’affliger de ce que plusieurs font si peu d’attention â ce mystère salutaire, qui foit ht joie do ciel et la ressource do monde entier.

Oh ! quel est l’aveuglement et la dureté du emur humain de ne pas foire plus d’attentkm à ce 00 ineffoble, et d’en venir è cette inseosir bilité par l’usage même qu’on en fait tous les jours!

13. Car, ai ce très saint mystère ne se célébrait qu’en un seul lieu , et n’était consacré que par un seul prêtre dans le monde, avec quel empressement pensez-vous que les hommes courraient en ce lieu et vers ce prêtre unique pour voir célébrer les divins mystères? Maii mainlo-

4f4 IMITATION DE JÉSUS-CHRIST,

nant il 7 a pliuieun prêtres , et Jéaiu-Ciirist est offert m plosietirs lieux, afin que la grAoe et l’amour de Dieu pour les hommes paraissent avec d'autant plus d’<dat que la sainte communion est plus répandue dans le monde.

Je vous rends grâces, 6 bon Jésus, pasteur étemd , qui avez daigné nourrir de votre corps et de votre sang précieox de pauvres exilés tels que nous , et nous inviter de votre propre bouà la participaüoo de ces saints mystères, en nous disant ; Vene% à mm, vous tous qui êtes dans la peine, et qui êtes cluirgês, et je vous soulagerai.

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