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CHAPITRE XVIII

Que )e juite rit de U foi.

Ce que la racine est A l'arbre , ce que le fon. dement est A l'êdifire, ce que la source est au ruisseau, laTni, sans laquelle il est impossible de plaire A Dieu, l'est A la vie chrétienne et aux vertus. C'est par elle que l'on doit commencer A régler sa vie spirituelle , selon l'autorité de l'Écriture, qui dit que «le juste vit de la foi.» Il est certain , et toutes les personnes savantes et spirituelles en demeurent d'accord , que c'est A elle proprement qu'appartiennent les éloges les plus magnihques qui s<mt donnés A la sagesse dans les livres sacrés. ■ Tout l'or au prix (t elle n'est qu'un peu de sable, et l'argent devant elle sera considéré comme de la boue. Elle est un trésor infini pour les hommes, et ceux qui en ont usé sont devenus les amis de Dieu. Elle est l'effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant ; elle est l'éclat de la lumière rtemelle , le miroir sans tache de la maje.slé de Dieu, et l'image de sa Uinté, • Elle enseigne tontes les

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PAR LE CARDINAL

vérilés, rt nous montre ce que nous devons si- | nier, et poursuivre ce que nous devons haïr et fuir, lüle nous apprend que les biens du monde sont des maus , et que les maui sont des biens quand on les souffre avec patience. Elle apprend A mépriser tout ce qui se présente aui yeux rt tout ce qui flatte 1rs sens. Elle nous donne la connaissance de Dieu et de nous -mêmes, en laquelle consiste notre salut et notre perfection. Elle nous délivre des erreurs d'une multitude insensée, et nous inspire les maximes d'une véritable sagesse. Elle npus retire de la captivité du siècle , et nous fait respirer l'air de la liberté.

Il n'y a rien de si éloi)^ que ces principes et ceux de la doctrine du monde.

l.e Sanveur, par la miséricorde duquel nous avons reçu la foi, ne pouvant se tromper, c'est une conséquence nécessaire que nous sommes obligés de vivre de la foi , de suivre les maximes qu'elle prescrit , et de détester la fousse et la pernicieuse doctrine du monde. Il fout cependant remarquer et reconnaiire qu'il ii'y a |ioinl d'inclination ni de faculté en nous qui ne nous pousse avec une extrême violence i renverser la foi dans son fondement. Le principal soin et la plus forte application qu'aient les pei^ sonnes du monde est de rechercher les commodités de la vie présente, sans penser Jamais à l'éternité. Nous sommes entraînés dans ce déplorable dérèglement par l'esprit d'Adam et par la concupiscence qui régne dans ce corps de tnort. Cest le sujet du gémissement des élus, qui disent : < Je ne fois pas le bien que je veux , mais je fois le mal que je ne veux pas. Malheureux que je suis ! qui nous délivrera de ce corps de mort ?» L’apôtre répond : • Ce sera la grâce de Dieu, par Jésus -Christ notre Seigneur.» C'est elle, en effot, qui, nous délivrant de l'aveu glement et de la faibles.se, nous donne la connaissance du bien et la force de le pratiquer.

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