‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 508 sur 684 · PAR LE CARDINAL BONA. — PARTIE I. S · texte numérisé non relu

PAR LE CARDINAL BONA. — PARTIE I. S

plaire à persoooe , et n'apprélieiide de déplaire qu'à Dieu. Il hait son corps comme un corps de péché, et le châtie continuellement, de peur qu'il ne se soulève. Il conserve en toutes rencontres une fértneté inébranlable , et , s'élevant au-dessus de tout le inonde , il n'est ni épouvanté ni ému des menaces , des persécutions et des ityttres. Il jouit de la même tranquillité d'esprit dans les prospérités et dans les disgrâces. Jamais il ne se détourne de la lumière de h vérité. Il condamne la jouissance des biens présens par l'ardeur du désir avec lequel 11 soupire après les biens à venir. Vivant de loi , d'espérance et de charité, il croit ce qu'il ne voit pas encore, il espère ce qu’il n’a pas, et aouiiaite ce qu'il ne possède pas pariaitement. Il aime Dieu avec une si ardente diarité , qu'il n’y a point de travail ni de danger auquel il ne fût prêt à s’eiposer pour son service , quand il n'y aurait aucune récompense promise à ceux qui combattent pour sa gloire. Attendant le royaume du ciel , par la confiance qu'il a mise en la miséricorde de Dieu et en sa propre conscience, il iwut dire avec l'apûtre : a J'ai bien combattu, j’ai achevé ma course, j'ai gardé la foi; il ne me reste qu’à attendre la couronne de justice qui m'est réservée, que le Seigneur, comme un juste juge, me rendra en ce grand jour. »

Il est rempli de joie quand il a été jugé digne de souflrir des opprobres pour le nom de Jésus- Christ , et il croit avoir perdu tous les jotms auxquels il n'a rien souRert pour lui. Sa gloire, sa félicité et sa sagesse consistent an des choses qui passent parmi le monde pour déshonneur, pour misère et pour fblie. Il déteste les faux principes de la prudence de la chair, qu'il faut |Hw.séderd'immenscs richesses, s'élever au-dessus des autres, et ne point souHrir le mépris. Il suit exactement les vérités que la foi enseigne, qu’il fiiut mépriser les richesses, renoncer à soi-iuème , ne se glorifier qu'en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ; enfin il se conduit de telle sorte (|u'il semble que toutes ses actions et toutes ses paroles crient : < Mon royaume n’est pas de ce

monde, s

Tout ce que je viens de dire est fort relevé et fort difficile , mais le royaume du ciel se prend par violence ; il mérite bien que l’on fasse toutes sortes d'efforts pour le posséder , et on ne le possède point autrement.

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