CHAPITRE XXII
De quelle nuaien UD CbrVIica duO Mre eee actloiu.
Un Chrétien doit fiiire Unîtes ses actions avec une grande tranquillité et une grande douceur , et considérer avec .soin toutes les circonstances du lieu , du temps . des personnes et principalement de la fin. Il n'agira jamais avec précipitation, parce qu'elle vient plutèt d'une impétuosité soudaine de la nature, que de la raison ou de la grâce. Il se gardera bien de se répandre légèrement sur quantité d’objets inutiles, parce qu'il sait que cette dissipation le rendrait moins présent à soi-mème et moins disposé à recevoir les inspirations de Dieu , auxquelles il obéira avec joie aussitôt qu'il les aura reçues. Il prendra garde de ne rien faire par préoccupation , autrement il se tromperait souvent dans le discernement des choses, et se porterait à des entreprises qui pourraient être blâmées. An commencement de chaque action, il implorera la lumière et l'assistance de Dieu : il examinera après cela la part que Dieu y prend, et la part qu'il y prend luiméme; dans la suite il évitera les sentimens de la complaisance qui flatte l'âme, et qui la détourne de sa fin , et il prendra garde enfin que la vaine gloire ne se mêle dans ses desseins , et n'en ruine le mérite. Il se proposera surtout de ne point chercher les louanges des bonimes, mais la seule gloire de Dieu; et foisant souvent réflexion sur son néant , il étouffera les pensées de vanité et d'orgueil dans leur naissance; il ne se mêlera d’aucune affiiire du siècle , à moins que Dieu ne l'y engage. Mais alors il lui obéira avec joie, et désirera de devenir anathème, et d'être éloigné de la présence de Jésus-Christ pour ses frères, parce qu'il sait que la perfection de la vie que nous menons sur la terre , ne consiste pas dans la jouissance sensible de Dieu , mais dans l'accomplissement de sa volonté; il n'entreprendra rien au-dessus de ses forces, et ne s'appliquera à l'exécution de ce qu'il aura entrepris qu’autant qu'il le pourra faire sans rien perdre de sa liberté ni de son repos, parce qu'il est certain que celui qui se répand sur les choses extérieures, et qui s'empresse, étoufle l'esprit de Dieu , et trouble la paix de sa conscience.
Comme l'ange qui était chargé de la conduite de Tobic lui rendait tnu.s les devoirs qu'aurait pi - lui rendre un domestique qui aurait été à ses