CHAPITRE XXIII
Q» les bonnes actkxu d’un Cbréüea doivent «ootenlr I MO étlL
n n'y a point de disünclion entre les emplois oA chaque Chrétien est engagé par son état , et b grande aRaire de son salut; et personne ne peut foire plus sûrement cette affoire qu'en s'aquittant exactement des devoirs auxquels sa condition l’oblige. Le démon nous dresse un piège fort subtil pour noua empêcher d’arriver û notre perfection, quand il excite en nous le désir de foire de grandes choses dans un autre lieu et dans une antre profession que celle où Dieu nous a mis. Ce désir partage l’esprit, l'embarrasse , et lui ùte l’attention qu’il doit aux affaires qu’il a entre les mains, et qui dépendent de son état. Celui qui après avoir choisi avec une prudence ordinaire un genre de vie, en cherche on autre où il s’imagine qu'il servirait Dieu avec une plus grande perfection , se trompe extrêmement : il néglige ses obligatimis , et ne fait rien de ce qu'il doit , dans le temps même qu’il s'empresse pour foire plusieurs grandes choses qu’il ne doit pas foire.
La perfection de la vie chrétienne dépendant de b bonté de chaque action , ceux-U y apportent un grand obstacle, qui, s’étant accoutumés à ne s’acquitter qu’avec négligence des devoirs auxquels leur état les oblige , ont l’esprit perpéluellemeDt occupé à toute autre chose qu’à ce à quoi Us devraient l’avoir. Us s'arrêtent pendant toute leur vie au commencement des bonnes entreprises; Us font plusieurs résolutions et n'exécutent rien ; ib ont beaucoup de fouiUes et point de fruits , comme des arbres qui , ayant été plusieurs fou transpbntés, n'ont pu jeter de profondes racines en aucun lieu.