CHAPITRE XXVII
De hsÜliM de U prtem de Oiea
U n’y a point de roeiUeore règle pour nous acquitter eiactanent de nos devoirs que de reganier Dieu comme présoit en chacune de nos actions , et de songer que c’est de lui , qui opère tout en toutes choses, qu’elle doit recevoir le mouvement , la vie et l'étre.
Cette nécessité où nous vivons, d’ètrc exposés.
soc TRI.NCIPES DE LA
à xMil momenl aui yeux d'un Dieu A qui non ne p«i( échapper, nous oblicc A faire liiuirs nos actions avec foule la perfection possible. Oiro nous remplit, c’est par lui que noos avons la vie, le mouvement et l'ètre, et jamais il ne nous abandonne si nous ne nous detoumous pas de lui pour nous tourner vers les rn'alures. 1,'inrlination violente qui nous porte aux plaisirs qui flattent nos sens est comme une semence rorrompue qui nous reste du vieil Adam , et qui nous détourne de la présence de Dieu ; car il est certain que si nous étions dégagés de l'amour des créatures, nous jouirions sans cesse de celle sainte présence, selon la promesse que le Sauveur nous en a faite par ces paroles : a Bieulieureux ceux qui ont le cusir pur, parce qu'ils verroot Dieu. > La douceur que Dieu a réservée A ceux qui le craignent est infinie et inexprimable; mais elle est cachée, cette douceur, et il n'y aque ceux qui la goûtent qui la connaissent.
Pour être riche il ne suflit pas de posséder un trésor, il faut être assuré qu'on le possède et en savoirle prix et l'usage. Nous avons dans nous uu trésor d'un prix inestimable, un bien infini. Pourquoi donc le négligeons nous pour courir après les atomes imperceptibles des biens qui n'ont qu'une fausse apparence, et qui ne sauraient jamais apaiser la soif qui nous presse? • Knfins des hommes , jusqu'A quand aurez-vous le cn>ur pesant ? Jusqu'A quand aimerez-vous la vanité et chercherez-vous le mensonge? t II ne tient qu'à nous de posséder Dieu A tout moment. Nous avousd inuneuscs richesses que nous ne connaissons point. Nous pouvons goûter comme par avance la douceur de la félicité dont les saints jouissent dans le ciel , et noua nous en soucions fort peu , parce que la partie inférieure et les sens trouvent que cette présence continuelle de Dieu les incommode , et qu'ils tâchent de s'en défaire et d'attirer A eux la partie supérieure. Comme nous sommes quelquefois privés de la consolation qui vient des biens du ciel , nous en cherchons aussitôt une autre sur la terre , si nous n'avons soin de regarder Dieu comme présent, et de nous unir A lui par la foi.
Dieu même a donné ce (uéceple A Abraham , le père de tous les fldéics , pour le porter an comble de la perfection , quand il lui a dit ; • Marchez en ma présence et soyez parfait. » David a dit aussi : t J'ai toujours le Seigneur
VIE ClIRÉTiEiNNE
devant moi. C'est pour cela que mon cœur se ré jouit.! Celui qui a le souverain bien présent, a grand sujet de se réjouir.
CIIAIMTRE .\XVm.
D'ex) vM.'Ut que rimklalKNi ilr* MiDU Minttle diffkate.
Nous croyons qu'il est très difficile de régUr notre vie sur celle des saints, jtaR'e que nous les concevons comme des esprits dégagés du corps, comme des hommes (|ui jnuis.sent d'uu souverain bonlieur dans le ciel , qui est leur patrie, et où il y a une paix parfaite, une joie inexprimable, une lumière très éclatante, et où se trouve le comble de tous les biens. Mais si nous voulons les imiter comme nous y sommes obligés, nous devons les considérer d'une autre manière. Ils ont été des hommes comme nous, chargés d'un corps semblable au nûlrc, infKlés de la même corruption de la concupiscence de la chair, exposés aux mêmes tentations et aux mêmes dangers ; et cependant , par la foi , ils ont conquis les royaumes , ont accompli les devoirs de la justice et de la vertu, et ont fait des actions merveilleuses. « Élie, comme dit l'apôtre saint Jacques, était un homme sujet OHimie nous A toutes les misères de la vie; et cependant , ayant prié Dieu avec grande fi-rveur (|u'il ne plût |K»int , il cessa de pleuvoir sur la terre durant trois ans cl demi ; et ayant prié de nouveau , le ciel donna de la pluie , cl la terre pniduisit son fhiil. > On peut dire la même cliuse des autres saints, dont nous admirons la rare vertu et les héroïques exploits. Us ont été semblables A nous, formés du même limon, et exposés aux mêmes Icnialinns sur la terre, et nous ont cependant presque iufiniiiient surfxi.ssés par la grandeur de courage par laquelle ils se sont élevés au-dessus de la faiblesse de la chair , de l'orgueil du monde, et de l'envie des démons. Pourquoi donc reculons-nous? Il nous est aisé d'imiter les saints si nous le voulons , et si renonçant A la paresse, et mettant notre confiance, non dans nos forces, mais dans le secours de Dieu , nous tachons de monter au comble de la perfection , où ils sont heureusement parvenus, line grande partie de la sainteté consiste A vou loir efficacement facquérir.