PAR LE CARDI^\L CHAPITRE XXIX
Que DOW derow rapfwrfer 1out« no* Ktlom à U gloire de Dieu.
I J doctrine constante de l’apAtre saint Paul est que si nous voulons que nos actions soient des actions de véritable vertu, nous les devons rapporter à Dieu et à sa gloire. « Soit , dit-il , que vous mangiez , soit que vous buviez , et quelque chose que vous fassiez , faites tout pour la gloire de Dieu, s II dit encore en un autre endroit: c Quoi que vous fassiez , ou en parlant ou en agissant , laites tout au nom du Seigneur Jésus- Cbrist , rendant grâces par lui à Dieu le Père. » Tout ce que nous (bisons de bon, et que nous ne faisons point pour l'amour de Dieu, est un péché par le seul défaut de la bonne fin, bien que l'action semble bonne quand un n'en considère que le devoir. Or, c'est par la hn , et non par le devoir, que l'un distingue les vertus des vices.
Le devoir est l'action eztérieure que l'on doit Élire , et la 6n est le terme où l'on doit rapporter l’action que l'un fait. Que si nous demeurons attachés aux créatures, et que nous les aimions pour elles-mêmes sans les rapporter à Dieu, c'est une concupiscence damnable, selon celle parole de l'apùlre saint Jean : « N'aimez point le monde, ni ce qui est dans le monde. »
Cette doctrine est fondée sur ce que nous ne sommes ici-bas que des étrangers , qui passons pour aller à notre pays. Il nous est permis de nous servir des créatures comme d’une commodité pour achever promptement notre voyage. Mais nous devons aimer Dieu pour lui-mème, parce qu'il est notre souverain bien et notre dernière Hn, et que ce n'est que lui dans qui l'on trouve un parfait repos, l'accomplissement de tous les désirs, une jouissance assurée, et une joie immuable. Quiconque ignore celte fin ignore aussi la manière de bien vivre. Quiconque la connaît , .sait ù qui il doit rapporter toutes ses actions et les devoirs de toutes les vertus. C'est pour ce sqjet que bien que les théologiens avouent d'un aunmun consentement qu'il y a des actions qui d'elles-mèmcs ne sont ni bonnes ni mauvaises, comme de se promener, de manger, de dormir, ils ne laissent pas d’enseigner que celui qui dort, qui mange, ou qui se promène, sans rapporter ces actions-l:'i à sa fin
B0?<A — PARTIE L dernière, commet un péché, parce qu'il s'écarte de la règle générale des actions humaines, qui est aussi la fin où elles deJveut tendre. C'est ce que le Sauveur a eiprimé, quand il a dit : s Votre œil est la lampe du votre corps. Si votre œil est simple, tout votre corps sera éclairé; mais si votre œil est impur et mauvais, tout votre corps sera ténébreux. > Cet œilest riutenlion par laquelle chacun agit, et si renlenliun n'est droite, l'action est ténébreuse. Or, l'inlcnlion n'est point droite si elle ne rapporte l'aelion au souverain bien comme à son principe. Tout bien vient d'en haut , et tout ce qui s'en éuiric est péché.