PRINCIPES DE LA VIE CHRETIENNE
te présflMc i son propre tribunal pour «rr jugé par soi -même. Malheur à l'amequi, s'élevant par une rilrav,iganlc vanité, et sen-pandant sur les choses Cïlérieures, ne s'apen^it pas de sa perle et de sa ruine. C’est pour cela que l'Écriture exhorte les pécheurs A retourner A leur c«nir, aHn qu'en pénétrant tous les replis et en déoouvTant la misère, ils s'abstiennent de condamner les antres. Cependant la plupart manquent en ce point ; et , par un malheur qui ne peut jamais être assez déploré , bien qu'ils soient dans un aveuglement si prodigieux qu’ils ne connaissent point leurs vices, ils recherchent avec une curiosilé incroyable les défauts des antres.
C’est le propre des imparfaits de ne se point connaître et s'occuper continuellement A reprendre les défiiuts d'autrui. Au contraire, plus ceux qui se mettent en peine de connaître le fond de leur Ame avanemt dans la connaissance d'eux-mèmes, plus ils confessent qu'ils sont iraparfoils , parce qu'étant éclairés d’tme plus vive lumière, ils voient combien ils sont éloignés de la sainteté et du comble de la perféction. Ils ne jettent jamais la rue sur les autres, s'ils n'y sont obligés par le devoir de leur charge, parce qu'ib sont assez occupés A corriger leurs propres défouts. Ij pratique des saints est de bréler d'un zèle fort ardent contre eux-mémes, et de supporter les défauts des autres avec une extrême patience. C’est la marque d’une notable imperfection de ne pouvoir soufiVir les imparfoils. Comme dans Tordre de la nature Dieu a tiré tous Ica éfres du néant , ainsi , dans l’ordre de la grAce , il tire toutes les vertus du néant d’une Ame qui est bien persuadée qu’elle n'est rien et qui le confesse franchement. La solide vertu est celle qui est éprouvée par les moqueries, par les injures, par le mépris et par une pratique continuelle de l'humilité. Sans cela, tout ce qui parait n’est qu’illusion , hypocrisie et làntdme. Celui qui ama.sse des vertus sans humilité , jette de la poussière au vent.