‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 627 sur 684 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Dca obtUflrs dr noire avanamionl apirituH , et dr« ido)'pm

au roQlrairr qui oou» conduiaiiit à une baule prrferlion.

la première chose qui s'oppose dans nous A l'esprit de Dieu , et qui met obstacle A sa grAce , est notre nature immortifiée et perverse, qui s'attache avec un amour et un plaisir dén'glé aux choses de la ten-e. Ceux qui sout remplis de cette mauvaise inclination stitil aussitôt touchés d'amour ou de haine pour toutes les choses tem-

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pnrelles, de quelque part qu'elles leur arrivent, et ainsi ils perdent l'amour de Dieu , et perstivèreot dans leurs vices et dans leurs passions sans jamais se mortifier.

La seconde chose est l'amour de soi-mtaie, la Tolouté propre , l'attache à son propre sens, et la recherche de sa propre satis^clion, qui ravissent souvent la paix de l'âme et divisent les (xnirs ; car qui n'aime et ne cherche pas Dieu plus que toutes choses , et plus que soi-mème , celui-lâ tombe aisément dans la né|;li(;ence du ^ culte de Dieu et de toutes les autres vertus , et de Dieu même. Il ne regarde que soi-méme , ne songe qu'à ses intérêts , n'envisage que son propre honneur, et ne recherche que son plaisir : d'oâ il arrive qu'il est facilement séduit par les illusions, et vaincu par les tcntatkios diverses qui l'environnent.

troisième est que nous sommes trop faciles à nous dissiper et à sortir hors de nous-mêmes par les sens : nous prenons plaisir à la compagnie des hommes , nous tenons des discours vains et superflus, nous nous mêlons de beaucoup de choses sans nécessité , et nous mettons en peine de plusieurs qui ne nous regardent pas , ce qui nous prive de la douceur et de l'entretien secret avec Dieu.

La quatrième est que nous agissons avec trop de véhémence, d'irnpéluosilé el de hardiesse, et que nous faisons trop peu d'état des petites foutes et des médiocres défauts, quoiqu'ils nous fassent perdre la paix et la pureté de cœur.

La cinquième est que nous nous laissons emporter à des mouvemens d'estime de nousmêmes et de vaine complaisance pour les vertus et les bonnes œuvres qui en effet ne viennent pas de nous , et par un fond d'orgueil nous voulons être en ré|iulation auprès des autres, ce qui ruine en nous la véritable humilité , et nous rend dignes d'être souvent abandonnés de Dieu.

la sixième est que nous sommes trop enclins à juger de ce que nous voyons et de ce que nous entendons, et que nous entrons avec trop de légèreté dans de mauvais soupçons et dans des mouvemens d'envie , ce qui étoufe en nous la charité pour nos frères.

La septième est qnenous sommes pares.seux à prier et tièdes dans l'oraison , d'où vient que nos élévations à Dieu et nos désirs s'évanouissent, la huitième est ipic nous n'exaimnons pas le i

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fond de notre cœur, que nous ne nous efforçons pas de répondre aux inspirations divines par l'abnégation de nous-mêmes , et que nous ne nous tenons pas en la présence de Dieu avec une résolution mâle et vigoureuse; ce qui foit que détournant les yeux de notre âme de dessus cette simple lumière qui est en nous , pour les jeter sur les différens objets qui se présentent , Dieu cesse de nous éclairer, et nous perdons la connaissance de nous-mêmes : notre âme est partagée par une multitude de pensées et d'affections qui la jettent dans l'instabilité , et nos sens extérieurs sont insatiabies.

La neuvième est que nous faisons toutes nos actions plutôt par une espèce d'acxxiutumance, quoique Iwnne en soi , que par un mouvement d'amour, ou par un sentiment intérieur, et que nous foisons plus d'estime de certaines singularités ou pratiques particulières, et du grand éclat et de la multiplicité des bonnes œuvTes , que de la pureté de l'intention et du brûlant amour de Dieu , c'est pourquoi nous ne ressentons point comment Dieu demeure en nous par la plénitude de sa grâce.

La dixième est queuous recevons Comme des créatures ce que nous devrions ne recevoir que de Dieu seul ; et dans celle façon de recevoir les choses , nous sommes occupés et travaillés de beaucoup de soins et d'inquiétudes, sans avoir de véritable confiance en Dieu , d'où il arrive certainement que ne nous abandonnant jamais à une véritable résignation , nous ne possédons aussi jamais la véritable paix du cœur.

Il y a semblablement de certains points de perfretion oppo.sés à ces défouls , qui rapporteront des fruits très considérabies à ceux qui tâcheront d'en foire leurs exercices pendant leurvie.

I.e premier point est que l'Iiomme en toutes choses agisse purement pour Dieu , qu'il se renonce en tout temps soi-même, el qu'il ne se cherche en aucune rencontre.

I,e second point est qu'il explique toutes choses en bonne part , et qu'il prenne occasion d'avancer son .salut de tout ce qu'il verra et de tout ce qu'il entendra.

Le troisième est qu'il ait pour tous les hommes indiffrremment une cliarilé générale ; qu'il les regarde tous comme ses frères, sans rien dire d'eux dans leur absence que ce qu'il dirait s’ils étaient présens.

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Le i|ualntinc est qu'il rceoive toule» cIhwcs (le la seule main du Sei)^eur , et que s'uflraiit à lui avec toules les cn'ntures, il lui en Fasse un sacritice deluuanf;cs cuntinucllcs; et ainsi Dieu, rejpirdanl favorablement celle sainte reconnaissance de son servitcMir , lui fera trouver la paix en toutes cluses.

la; cinquième est qu'il vive dans une paisible tolérance des afilictiuns que Dieu lui envoie, sans murmurer en aucune sorte contre Dieu ni contre les bumnies,suil du peu de bien qu'il a re(;u ou des fp^iids maux qu'il souffre; mais (|u'étant satisfait de tout , il persévère avec palieuccdansrétatoi'i Dieu l'a luis, sans en vouloir sortir par sun propre cituix , cl de celte sorte il jouira d'un repus solide et d'une vtTilable joie.

Le sixième est qu'il soit tcllenient disposé et préparé en lui-méme, qu'il soit Uwt 1 Dieu en toutes choses , que Dieu lui suit toutes choses en lotit, qu'il connaisse et qu'il aime Dieu en chaque créature , et cliaque créature en Dieu , et qu'il re|;arde aussi toutes les créatures scion la plus nolile maniérequ'un les puisse considérer, sa voir, en ce qu'elles sont émanées de Dieu comme de leur source.

Ije septième est qu'il tienne son esprit élevé é Dieu dans la |Hirelé , dans le dé|;;agement et dans la fermelc, au-dessus des choses passagères et (lérissablcs, et que demeurant toujours seul, unique et indivisible en sui-méme, il continue dans la constante et dans la ferveur de ses exercices ; qu'il s'attache amoureusement dans le fond de son cccur et de toutes scs forces au Dieu tout-puissant , en sorte qu'il donne è tous les liommcs un exemple de vertu et de sainteté en sa propre personne, et qu'il ramène 1 Dieu tout le monde par scs )>aroles, par scs enivres et par la conduite de sa vie. Il faut de plus qu'il embrasse une pauvreté volontaire, la patience dans les adversités , l'abnégation de sa propre volonté ; que l'obéissance qu'il rend à Dieu suit sans bornes et sans réserve, et qu'il aiinejusques à ses cnnciiiis ; car ce sont là les marques qui nous font counallrc que l'amour divin et la perfèction de la vie spirituelle est cachée dans une âme.

Or, afin qu'une personne puisse acquérir et eonserver plus sûrement toutes ces rares qualités, il faut quelle ait soindes'exercerdons les choses suivantes :

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Elle élèvera souvent sou cusir à Dieu , en implorant par de Ferventes oraisons le secours de sa grâce, puisqu'elle ne peat pas aui-niémc rien faire de bien. Que si elle tombe dans les moindres péchés, elle rentrera incontinent en elle-même avec uue forte contrition de ctrur, et retournera â son Dieu dans un Ferme propos de se confesser et de faire tous ses effbrs pour se corriger de ses fautes. Elle ne manquera aussi jamais d'entendre tous les jours la sainte messe avec uue grande dévotion et une profonde reconnaissance , car c'est dans ce sacrifice que se renouvelle chaque jour cette étonnante et inconcevable cliarité , par laquelle le Dieu d'amour s'est donné et laissé conmie un gage sacré à nous autres pauvres et misérables créatures. Et la elle désirera de toute l'étendue de son conir , avee une forte application d'esprit à ce mystère et une grande pureté d'intention, de recevoir tous les jours le corps auguste de Jésus-Christ, par le ministère de tuus les prêtres de l'univers; et elle l'offrira avec eux à Dieu sun père , tant pour elle que pour les vivans et les morts ; mais pour ceux princi|>alemeot auxquels elle désire que le mérite en soit appliqué , et elle en tirera (le très grands avantages ; car le corps du Seigneur lui est donné spirituellement par tous les prêtres qui sont au-delâ de la mer, et peut-être aussi d'une façon beaucoup plus excellente et plus utile qu'â plusieurs prêtres mêmes, qui ne sont pas si bien disposés à le recevoir.

Elle se préparera aussi fort souvent , mais particulièrement les jours de fêtes , à la communion de ce sacrement adorable ; et si elle ne peut pas avoir ce bonheur , qu'elle demeure sans trouble, et en repos dans une véritable résignation , et qu'elle s'alnissc dans la vue de son propre néaul; mais qu'elle se dispose cependant â le recevoir en esprit , afin de répondre au moins selon l'étendue de scs forces à l'excès de l'amour de son Dieu. Elle écoulera encore avec avidité la pamlc de Dieu , lorsqu'un l'explique dans les senuons suivant le sens et la tradition de l'Église sainte. Elle la lira aus.si elle-même, tant par le désir de s'instruire (lue par la volonté de l'imiter; cl puis elle s'arrêtera |>cndant quelque temps dans un esprit de recueillement , comme si elle avait reçu le corps adorable du Sauveur, afin que la parole de Dieu, qui est la nourriture de I l'âme, puisse agir en elle. Enfin elle fuira de tout

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«an pouvoir toute sorte de compiguie , quelque sainte qu'elle puisse être, lorsqu’elle la mettra en danger de négliger les vertus dont nous venons de parler , ou qu'elle lui Fera naître l'occasion de tomber dans quelque péchd.

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