CHAPITRE XII
Dr la phii parftiir i^faifpialwm iniorirurr dr rAmr , r( du tranipori par WqtiH retpril «’ablrm* UniI ro Wru , rt ne dnrtml pliu qu'itttr iiirmr rboar atic lui par le owycu d’uur pauvreté rérilalilr , d de* idilimm» de mépri* |iuur •01 'même.
Nous avoas parlé jusqu'à pré.smt de la résignation qui appartient â l'âme, en tant qu'elle communique la vie au corps, et â laquelle on donne le nom de résignation extérieure. Il faut traiter maintenant de la résigualinn intérieure
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qui a rapport k l'eapnt seul , qui ne sert point d’or^ne corporel pour af^ir; mais dont les opérations pures , immatérielles et indépendantes du temps , s'élèvent jusqu'à un bien corporel et incréé, qui est Dieu même. Cest là que l'esprit étant attiré d'en haut , et faisant eflbrt en toutes scs puissances, agit par une vigueur \ i-uruaiurelle, aime et est embrasé d'un amour î surnatiirei , et s'attache à cet être pur et séparé (le tmiie matière, non dans le dessein de paraître dans le temps, mais par un violent d^ir (le l'éternité; et, se dépouillant entièrement de soi-niéine, il abandonne sincèrement tout ce <|ii'il est , tout ce qu'il sait , tout ce qu'il peut , tout ce qu'il aime, tout ce qu'il voit, tout ce qu'il possède ; toulesces choses se sont évanouies devant lui , elles ont péri et ont fait naufrage dans l'abime inépuisable de la Divinité, et il est deveitii en quelque sorte à leur égard sans mouvement , sans vie, sans action et sans puissance.
Il n'y a (toint de langue capable de parler dignement de la grandeur de cette résignation intérieure, mais il Faut confesser notre Faiblesse et dire avec Jérémie : « Ah ! Seigneur, je ne puis parler, parce que je ne suis qu'un enbnt.i Cela n'empéche pas néanmoins qu'on ne poisse l'acquérir par le secours de la toute-puissance in- Rnie de Dieu, và qui rien n'est impossible. > Au reste , du grand nombre de moyens que l'homme a de sanctifier sa vie, c'est celni-ci auquel moins de personnes s'appliquent avec sincérité et sans surprise , dont la raison est que la plupart ne s'appuient que sur sa propre complaisance et sur ses sentimens particuliers, et ne se laissent conduire que par leur amour-propre. Or, quiconque veut entrer dans cette sainte carrière , il faut qu'avant toutes citoses il retranche l'amourpropre, qui n'est autre chose qu’un fardeau pesant et incommode, qui empêche par son poids que l'esprit ne puisse passer par la porte étrc'le dé Jésus-Christ, c'est-à-dire qu'il ne s’anéantisse dans cette résignation eilérieure dont nous avons parlé - auparavant , qui est la voie qui conduit à la résignation sublime et intérieure dont nous traitons.
Il y en a d'aulres qui ne sont spirituels qu'en ap|>arcnce, et qui ont tant de compbisance pour eus-inénies et si bonne opinion de tout ce qu'ils font, qu’ils s'imaginent avoir traversé cette première route si difficile avec une sainteté
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imaginaire dont ils s'attribuent la (moprlété, pendant que ce n'est au dedans et au dehors d'eux qu'immortification et amour-propre. Ces sortes de personnes sont incapables de marcher dans celle voie parfaite qui consiste dans le renversement de la nature, et néanmoins s'y laissant conduire par une lumière trompeuse, elles pensent être déjà montées au plus haut degré de la perfection, lorsqu'il leur serait bien plus avantageux d'être dans l'ignorance de ceux qui commencent ; car les démons . qui sont des esprits de malice, après avoir perdu la grâce, font leur jouet de ces personnes, et les amusant dans un très pernicieux jeu d'esprit , les séduisent par une lueur fantastique et décevante dont ces malheureux font leur Dieu , et l'objet de leur culte et de leur adoration. Ce qui est, à vrai dire, ladiute de toutes la plus funeste, puis(|ue c'est le démon même qu'ils adorent sous cette fausse clarté , et que tout le monde convient que c'est le plus grand de tous les péchés ; car il est plus belle de sc reconnaître après avoir commis cent brigandages que de se relever de cette extrême chute. Il arrive néanmoins par un juste jugement de Dieu, que personne ne peut comprendre , que quelquesuns de ceux qui sont parvenus à ce haut point de perfection ne laissent pas de tomber cl de se perdre avec ceux des anges prévaricateiu^ qui étaient dans la plus haute élévation , et que d'autres obtiennent avec les plus élevés des anges fidèles la sonveraine béatitude. Et c'est ce que dit Jésus-Christ : > De deux itersonnes qui seront au même temps dans un même lit (c« lit signifie le repos, la douceur et le plaisir de la vie contemplative) l'ime sera prise et l'autre laissée,» c'est-à-dire efbcée du livre de vie, et passera tout en riant dans les pleurs et les gémissemens étemels. Que le creur juste et vertueux prenne donc garde de ne pas résister aux impressions de l'Esprit saint, de peur que l'effet d'une menace si rode et si dangereuse ne tombe sur lui ; car comme cet esprit divin est le maître de cet art noble et relevé , Dieu le père en est le conservateur fidèle, et Jésus- Christ le guide et le conducteur assuré de ceux qui en sont les apprentis bien-aimés, o qu'il garde comme la prunelle de ses yeux , • comme il le dit lui-même par son prophète.
Il faut donc que ce cœur qui est mh et con-
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«un par l’Esprit salut dans œt ouvrage sublime et intérieur, ait une crainte amoureuse et une vénération sainte pour la parole de Dieu, et qu'il en fasse si grand état qu'il perde plutPt le souvenir du ciel et de la terre que d'en négliger le moindre mot ; car l'esprit du Seigneur ne regarde que celui • qui a l'esprit de pauvreté et de pénitence, et qui reçoit ses discours avec tremblement,» comme il l'assure lui-mémc par son prophète ; et c'est sans doute |KHir cette raison que sa providence nous a donné la duc- Irine pure de Jésus<llu'ist et des apôtres, toute l'Ëcriture sacrée et les exemples éclatans avec la conduite des saints , pour nous servir de rempart contre les erreurs, et pour nous fournir un chemin sùr dans lr(|uel nous puissions marcher sans crainte d'égarement. Que si, outre ces luroièrcii , quelqu'un se sentant le cœur pur et net SC trouve encore éclairé par quelque sentiment rare et sublime , |>ar quelque image formée dans l'imagination , il ne fàiit pas qu'il s'y attache et se la rende propre, mais qu'il ronsullc quelque ami de Dieu, ou son directeur, et qu'il suive leur avis pour agir sftrement.
Il y a encore une excellente observation qui peut servir beaucoup pour un véritable avancement spirituel , et pour faire croître en nous la haute idée que nous devons avoir de la grandeur et de la majesté de Dieu : c'est que notre esprit dans sa méditation et dans .vm exercice conçoive et se représente Dieu toqjours de plus grand en plus grand, et de plus incompréhensible en plus incompn'hcnsible ; et que .sachant que son sentiment n'est pas fondé sur l'incertitude de son opinion, mais sur la vertu de l'étre divin, il régie suivant cette maxime son entendement et sa conception autant qu'il est en son (louvoir, et autant qu'il plaira à Dieu par une bonté féconde et effective, de se manifester à lui dans ces ténèbres lumineuses. Celui qui profile dans cet accroissement intérieur de l'esprit , rejette toutes les (lensécs et toutes les atnsidéralions des choses créées; car ph» Dieu parait grand à la connais.sancc de l'âme, plus les créatures lui deviennent petites et imperceptibies ; de même que le glorieux père saint Benoit vit autrefois dans celte lumière tout le monde recueilli en abrégé comme sous un rayon du soleil.
C’est dans cet état qu'on scdépraiillcde toute l'aRèction des objets Icnrslres et passagers , et
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que Dieu, par un prodige qui surpasse tout autre prodige, enlève et ravit tellement l'esprit de l'homme au-dessus de sa portée et de ses forces par l'édat admirable de sa lumière, que s'élevant au-dessus delui-mème et cessant d'èire ce ()u'il était , il se voit comme revêtu de la forme et de l'image de Dieu. C'est l'â que l'esprit humain se trouve comme dépouillé de sa propre lumière auprès de cette lumière si éclatante, et de sa propre connaissance auprès d'une autre connaissance qui est si relevée, et de l'amour qui lui est propre auprès d'un autre amour infiniment plus parfait qu'il ne possède pas; non |)üint qu'il soit effectivement sans amour, mais parce que réfléchissant pendaiil sa contemplation sur la connaissance qui lui est propre, il ne trouve rien ni dans son essence, ni dans sa vie, ni dans scs facultés, ni dans sa connaissana’, ni dans son amour qui ne soit trop faible et trop limité iH)ur comprendre la grandeur de Dieu; car comme un petit moucheron n'est pas capable d'embrasser par sa connaissance la vaste étendue du ciel , de même l'esprit humain reconnaît qu'il n'est pas capable de renfiTiiier Dieu dans la sienne; et ainsi il s'élève jusi|u’au trône de la majesté divine en s'abaissant dans son propre néant, et il avoue qu'il n'y a aucime puissance en lui qui puisse atteindre â l’intelligence )>arfoitc de cet être souverain. Il n’a garde néanmoins de faire cette injure â la gloire infinie du Dieu tout-puissant , que de révoquer en doute et de nier qu'il ne puisse lui cuimntiniqucr cette lumière d'une façon sunialiircllc; mais sc tenant renfermé dans l'humble l uonaissance de ses défauts, il reconnaît l’honneur qui est dfl au •Seigneur, comme â son père , et la vaste étendue de sa domination.
Il faut que l'àme demeure ici muette et dans un pnifond silence, et non-seulement il ne lui est pas permis de parler , tuais même il lui est défendu d'agir au dedans et au deliors, quoique l’esprit souffre une agitation douce et insensible, et qui ne sc peut exprimer dans le miracle si surprenant que la Divinité impénétrable opère en lui |tar l'éclat sans pareil de sa lumière souveraine. Certes , le plaisir que Dieu prend â disposer et élever l’âme â cette nourriture céleste, est tout-â-fait rare et surprenant , car plus il se fait connaître dans cette clarté pure et brillante , plus l’esprit devient affamé de cette viamle di-
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vinc qu'il connaît et qu’il i|;norc tout cn.srmhir, et plus sa faim s'aufpnenic, plus Dieu désire de la rassasier et de remplir tout ce qu'il y a de vide en lui. Ainsi il se fait comme un cercle intiiii de l'esprit qui se rassasie ayant faim , et qui redevient aHamé après s'èire rempli, et qui trouve tout autour de lui de sacrés pAtura);es où il SC repait aussi bien pondant sa satiété que pendant sa faim.
Il SC rencontre encore un second cercle spirituel dans ce premier, lorsque Dieu se rend volontairement conqirélieiisibic à l'esprit, et que par une lumière surnaturelle et supportable à ses yeux il s’accommode à .sa faiblesse et se laisse comme renfermer dans ce cercle spirituel, c'està-dire dans la sphère de l'entendement qui l'cnvironiic.
Dieu est aussi lui-méme un véritable cercle dont la circonfiH^oce infinie n'a point de bornes, et qui renferme, comme un point au milieu de soiiamtrc, l'esprit vaste de l'homme, qui, dans la puissance qu'il a de comprendre les choses , a plus d'étendue que le ciel et ht terre , et qui est néaumoins si petit en comparaison de celte immensité incompréhensible de Dieu qu'à peine peut-on dire qu'il soit quelque chose ; ce que l'esprit venant à reconnaître, il se plonge de nouveau dans son néant , sans que sa propre essence, qui est créée, laisse pour cela de lui demeurer tout entière; et c'est seulement dans ce transport et dans cette extase qu'il se fond et le perd dans la lumière infinie et impénétrable de la Divinité , avec laquelle il s'unit d'une manière inefiable , mais plus immédiatement que l'air le plus par ne s'unit aux rayons du soleil lorscjuc, pendant sa plus jp'andc force , il y répand .ses clartés ; et quoique la splendeur du soleil et l'air soient unis ensemble par eux -mêmes, cette splendeur néanmoins n'ôte point à l'air sa nature et son essence; mais elle le puriefie, l'éclaire, l'ennoblit et le transforme.
La même chose arrive à l'esprit humain. Il est parfaitement éclairé , ennobli et Iransfiimié dans la ressemblance et l'image dp Dieu , sans que cette proximité et cette union avec Dieu lui fasse perdre son essence créée ; car pour rendre à Dieu son créateur l'adoration i|ui lui est dur , il confesse que cette essence créée , qui est fiiile de rien , tire son origine )>ar une émanation comme naturallc de resscnce incréce de Dieu ,■
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et que par un retour surnaturel elle remonte à sa source. L'esprit qui est arrivé à cet état se perd et est submergé dans la mer profonde de la Divinité, en sorte qu'il peut dire; Dieu est au dedans de moi , Dieu est au dehors de moi. Dieu est tout à l'entonr de moi , il me tient lieu de toutes choses , et je ne connais rien qne lui seul. Au reste, le otrnr de l'homme vertueux et de bonne volonté , qui soupire après ces choses sans néanmoins en goûter ni en ressentir les douceurs , ne doit pas Iais.ser de publier hautement et de toutes ses fitrees les richesses immenses dont Dieu comble ses élus, et ce sera un moyen véritable pour en obtenir sa part et voir ses désirs satisfaits selon la mesure de sa disposition .sainte.
Certes, si un homme était père de neuf filles qu'il aimât toutes chèrement , et qu'on en élevât une seulement d'entre elles à la qualité de reine, et qn'on lui mit la couronne sur la tète , les huit autres seraient obligées, par l'affection qu'elles portent à leur sceur, et par l'intérêt qu’elles prennent dans l'honneur de leur père , d'en témoigner un transport de joie extraordinaire , et de les en congratuler, quoiqu'il n'y en eût qu'une seule qui nurntàt snr le trùne. Il faut que tous 1rs orurs purs et sanctifiés entrent dans les mêmes sentimens et imitent eette même conduite. Or nous remettons le soin d'enseigner cette voie si élevée, cette approche vers Dieu et celle union avec lui si agréable, cette science sublime et cette profonde sagesse, à relui qui est , comme nous avons dit auparavant , le docteur universel et le souverain maître de tout le monde.
Il ne faut pas ignorer néanmoins que les pei^ sonnes Us; plus .spirituelles qui sont dans une plus haute élévation , et dont le zèle e.st plus pur, SC sentent quelquefois accablées d'une si grande pauvreté au dedans d'elles-mèmea, qu’il n'y a point de mort du corps, quelque rude et cruelle qu'elle puisse être, quelles ne soiiffi-issent volontiers, .si c'était le plaisir de Dieu, pour se délivrer de celle indig<‘ucc où elles se trouvent dénuées de toute comsolalion spirituelle.
F.n effet, cette affliction inlérirvire est un mal qui (lénèlre jn.squ’au fond des os , et qui loiirmentc d'autant plus ceux qui en sont travaillés (gie, les Faisant comme sécher de douleur sur un échafaud. Ils sont contraints de soufIVir
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les aiffullloiu de la mort sans pouvoir mourir et sans qu’aucune créature leur puisse donner de consolation dans le temps ni dans l'élemilé; mais ils demeurent comme étouffés et sans respiration , au milieu de l'un et de l’autre , jusqu’à ce que Dieu , par sa miséricorde, brise les chalues et les détache de leurs crois. Les créatures sont pluscapablcsd’irriter la douleur de ces personnes que de l’adoucir ; car ce n’est pas un petit supplice à un esprit généreus, quand il considère ee qui convient à la noblesse de sa nature, et à quoi le porte rinclinatiun de la )jràce, d’étre obligé de demeurer dans le commerce des créatures, parce qu’il sait bien qu’il ne peut pas posséder immédiatement et sans l’entremise d’aucune qualité terrestre , l’état glorieux qui lui est propre, s'il n'est dépouillé, affranchi et dé gagé de toute matière. C’est pourquoi il ne considère ce corps que l'esprit anime et vivifie que comme une prison obscure et affreuse où l’âme est retenue (tins les supplices. Il oc regarde aussi l’abondance de l’or, de l’argent et de toutes les richesses, que comme de la bouc, ne pouvant rien trouver en elles qui flatte son goût et qui lui donne du plaisir.
U est indigne de la grandeur de l’aigle de se repaître d’herbe, comme font les bceufs et les chevaux ; et le prophète assure que « toute chair se sèche et se flétrit comme l’herbe. » Aussi l'esprit épuré ne trouve qu’une amertume insupportable dans les plaisirs de la terre, et il est semblable à une personne extrêmement altérée , à qui on présenterait un breuvage amer et du vinaigre lorsqu’il demanderait du vin excellent pour se rafraîchir.
Au reste, l’humble résignation que Dieu nous prescrit dans ces langueurs et dans ces dégoûts est ce qui nous fait demeurer dans une certaine égalité d'esprit , et attendre en repos ce qu’il désire de nous, afin de ne vouloir rien que ce qu'il veut. Et parce que c’est son dessein que nous souflrions, nous devons nous y soumettre sans chagrin, et n’ayant plus de volonté propre , il faut que nous soyons tout prêts à recevoir avec une profonde humilité tout ce qui nous viendra de la part du Seigneur, comme s’il nous disait : t Je ne vous connais point, je ne sais qui vous êtes, toute votre vie m’est étrangère et inconnue; s ce qui est sans doute une grande épreuve et une tris rude tentation. C’est là qu’on remarque la
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différence qui est entre le fils et le serviteur; car le serviteur recule lorsque la persécution est proche , au lieu que le fils demeure inséparablement attaché à son père , aussi bien dans l’adversité que dans le bonheur; en sorte que quand il se mettrait en colère contre lui, qu’il lui refhserait toute sorte d'assistance et de consolation , et qu’il s’emporterait même jusqu’à le frapper, il or l’abandonnerait pas pour cela , mais il lui demeurerait çonstammcntattacbé. C’étaient lesscntimens de l’apôtre qui a marché si sûrement dans cette haute carrière , et qui étant livré de Dieu à une tentation si noire et si honteuse, ne songeait qu’à exécuter les ordres adorakes de sa providence. Il portait en lui-même tout ensemble, comme dans un vase animé d'un esprit pur, et les tén&rcs impures de la tentation et la lumière éclatante de la grâce, et il n'était pas moins agn'abic à Dieu dans cette tentation basse et infâme que lorsqu'il fut ravi jusqu’au troisième ciel.
Dieu agit de la même sorte dans les autres élus qu’il aime, car il les lai.sse souvent dans une si extrême indigence, et dans une si grande sécheresse intérieure , qu’ils ne croient pas qu'il y ait aucun Clirétirn qui soit si dépourvu qu’eux de grâces , de foi , de charité et de toute sorte de biens. Il demeure pourtant caché dans le secret de leur cœur, d’où il les préserve sans qu’ils s’en apen^oivent , et il les éprouve par cette croix rigoureuse de la pauvreté qui les fait soupirer ardemment apr^ la mort qui les fiiit et qui s’éloigne d’eux toujours davantage. Ainsi Dieu par sa sagesse les perfectionnant dans leurs souffrances, les conduit au comble de la glaire. Souvenez-vous donc incessanament, ô âme sainte, de ces maximes et de celle doctrine , afin que vous persévériez à jamais dans la résignation vraie et parfaite, et qu’ainsi vous possédiez toujours la véritable perfection en Jésus-Christ , notre Seigneur. Ainsi soit-il.