CHAPITRE X
Que le» créatara élut pauaséro, l'Iqie oe peut y litWTer ■00 rrptM.
Dieu des vertus, convertissez-oous ; montrrznous votre visage, et nous serons sauvés. Car, de quelque cùté que se tourne l'àme de l'homme, et quoi qu’èlle recherclic pour y trouver son repos, elle n’y trouve que des douleurs jusqu’à ce qu’elle se repose en vous , quoique les choses i|o'eIle recherche hors d'elle et hors de vous soient toutes belles , parce qu’elles sont vos créatures, qui ne seraient rien du tout si elles I n'avaient re^ de vous tout ce qu'elles sont. Elles naissent, et elles meurent. En naissant elles commencent d'être ; elles croissent ensuite potir venir à la perfection de leur nature , à laquelle
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elles ne sont pas plutùt arrivées qu'elles vieillissent et qu’elles meurent. Car tout dépérit en ce monde; tout est sujet à la défaillance et à la mort. Ainsi elles ne sont pas plus tôt nées, qu’elles tendent en croissant à un être plus parfait ; et plus elles se hâtent d'être plus parfaitement tout ce qu’elles sauraient être, plus elles se hâtent de n'étre plus. Telle est leur nature; c'est tout ce qu'elles ont reçu dévoua, et tout co qu'elles en devaient recevoir, puisqu'elles font partie des choses qui ne peuvent subsister toutes en un même temps, mais qui en s'écoulant et en succédant les unesaux autres, composent ce grand corps de l'univers dont elles sont des parties. C'est en cette même manière que le discours se ftirme dan^ notre bouche par une suite de plusieurs sons, puis qu'adn qu’il soit achevé, il Riut qu'aussitôt qu'une parole s'est fait entendre elle passe pour donner lieu à une autre.
Quemon àme vous loue de toutes ces dxtses,
A mon Dieu, mats qu’elle ne s’y attache point par cet amour violent qui la tient captive lorsqu'elle s'abandonne aux plaisirs des sens. Car comme ces créatures périssables passent et courent à leur fin, elle est déchirée par ces diffiéreates passions qu'elle a pour elle, et qui la tourmentent sans cesse ; parce que l'àme désirant naturellement de se reposer dans ce qu'elle aime , il est impossible qu’elle se repose dans ces choses passagères, puisqu'elles n'ont point de substance, et qu’elles sont dans un Rux et un mouvement perpétuel : elles n'ont pas plus têt paru qu’elles disparaissent et s'enfuient avec une telle vitesse , que lors même qu'elles sont présentes aux sens corporels , les sens ne peuvent les atteindre ni les suivre dans une course. Ce ^ qui arrive, parce que nos sens sont terrestres et grossiers, comme il fallait qu'ils fussent pour être proportionnés à ce corps pesant et matériel. Ils ont assez de force et d'activité pour recevoir les impressions de ces choses extérieures, et les rapporter à l'àme, qui est la fin à laquelle ils ont été destinés ; mais non pat pour les arrêter dans ce mouvement si rapide, par lequel elles passent du point qui leur est marqué pour commencer d'étre, au terme qui leur est marqué pour n'étre plus. Car comme c'est votre Verbe, mon Dieu , qui eu les créant leur donne tout rêlrc qui leur est propre , c'est lui
CÜINFESSIÜINS DE SAIWT AUGUSTIN. — UVRE IV.
aussi qui leu prescrit, et le moment de I«ir ' ori^oe pour commencer d'être, et son terme pour n'étre plus.