‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 66 sur 684 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Qm In créslun» aoat chugetotc* ; et qn*fl b’t a que Uta d’immuable.

O non Sue, ne te laisse pas aller an vain amour des créatures , et prends garde que le brait et le tumulte de tes vanités et de tes passions ponr les choses périssables, ne rendent sourdes lesoreillesdeton cœur, et ne l'empêchent d'ontr la voix de la parole étemelle. Car c'est cette parole étemelle, c'est le Verbe qui te crie <hi bant du ciel qnc tu retonraes à lui, et c'est en lui que tu trouveras un repos inébranlable , parce que c'est en lui seul que l'amour est assuré de n'étre jamais abandonné de l’objet qu'il aime, si Ini-mêffie ne l'abandonne le premier, et s’il ne cesse d'aimer cet objet si divin et si aimable. Les créatures ne demeurent point dans un état ferme et immobile ; elles passent toutes, et il fimt qu’elles pâment nécessairement, aRn qu'elles soient suivies des autres, et qu’elles accomplissent par cette succession continueUe le coursde ce monde inférieur et sensible, dont toutes les parties sont mobiles et passagères. Mais le Verbe de Dieu ne passe point ; ü est immobile et immuable. Cest en lui , mon ême , que tu dois établir ta demeure ; c'est à lui que tu dois donner en garde les dons que tu as reçus de lui-méme ; et le Ihire au moins maintenant que tu dois être lasse d'avoir été si long-temps trompée. Attachetoi désormais ê la vérité. Remets en ses mains ce que tu as reçu de ses mains. Tu conserveras tout en le rendant dépositaire de tout. Et de plus tes plaies se refermeront ; toutes tes languctirs se guériront ; tes défauts se réformeront; ta force se renouvellera ; les choses qui en toi sont sujettes à l'incoustanee et au changement ne s'écouleront point hors de toi ; elles ne te porteront point eu bas vers le néant où elles tendent : mais elles seront Immobiles avec toi , étant appuyées sur celui qui est toujours le même, et incapable de changer jamais.

Pourquoi es-tu si malheureuse que de le corrompre en suivant les vicieuses inclinations de la cliair? N'est-ce pas plutôt à elle à se purifier par la pureté et i te suivre? Toutes les choses que tu connais par les sens de celle chair ne

' sont que les parties de ce tout que tu ignores, et dont les parties ne laisaent pas de le plaire. Mais si tes sens charnels avaient une activité si étendue qu'ils fussent capables d'embrasser et de comprendre ce tout ; et que Dieu en punition de tes offenses ne les eftt point bornés, comme il a fiiit , ê n'en connaître que quelque partie . tu désirerais que ce qui s'en présente devant toi passât aussitôt , afin que le reste suivit, et que toutes les parties se succédant l'nne â l’autre, et composant la perfection de ce tout, elles te ! plasseat davantage étant considérées toutes en- [ semble. Car U en serait de tous les sens ce qui estdecelui de l’ouïe, par lequel tu entends tout ce que l’on peut dire. Or tu ne veux pas que les syllabes demeurent fixes, mais qu'elles passent avec vitesse, 'afin que les autres leur succèdent , et que tu entendes tout le discoinu. Par oô il parait clairement que lorsqu'un tout est composé de plusieurs parties, et que ces parties ne subsistent pas toutes ensemble en même temps pour le composer, elles plaisent beaucoup davantage, lorsqu'on les peut considérer toutes , que lorsqu’on en considère seulement quelqu'une en particulier. Mais l’auteur de toutes ces créatures passagères est incomparablement plus exoelleut qu'elles , et il n'est point sqjet à passer, parce que rien ne lui peut succéder et remplir sa place. Que si les corps te plaisent, ô mon âme, prends d’eux un sujet de louer Dieu, et porte ton amour vers cet admiralde ouvrier qui les a formés: de peur qu’en te plaisant seulement en eux , et n'élevant point ta pensée vers leur auteur, tu ne viennes à lui déplaire toi-même.

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