‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 661 sur 684 · FAU LOUIS · texte numérisé non relu

FAU LOUIS

miimic le» derniers des scrviieur» de Dieu, marrlieiil toujours avec une sainte frayeur , et font d'autant plus de progrès dans riiumilité que les bénédictions que le ciel verse sur eus sout plus abondantes.

Quelle Joie, quels transports, quelle gloire pour eux, si i l'exemple de Jésus-Christ ils se voyent diffiim 's , noircis de calomnies , accablés d'outrages, d'iqjurcs, d'humiliations, .sans y avoir donné aucun sujet ! Cest alors qu'ils se réjouissent dans le fond de leur cœur, et qu'ils sont plus conteiis que s'ils avoient des révélations et des visions , ou qu'ils opéra.ssent les plus grands prodiges. Ces roules extraordinaires leur paraissent é craindre plutôt qu'à souhaiter, et ils sont toujours en garde contre ce qui pourrait les porter à la vaine gloire et à une secrète complaisance en eus-ménics. Le démon a beau se transfigurer en ange de lumière , ils ne donnent point dans scs pièges , et avec le signe de la croix , ils savent rendre inutiles les artifices qu'emploie le serpent infernal pour les st‘duire.

Us n'ont pas la présomption ni l'orgueil de fonder l'espérance de leur salut sur le nombre ou sur le mérite de leurs bonnes Œuvres; mais ils mettent toute leur confiance dans les mérites de Jésus-Clu'ist , qui leur a acquis par son sang la liberté des enfans de Dieu.

Pour vous, mou cher frère, après avoir reconnu la difierence qui se trouve entre les foux dévots et ceux qui le sont véritablement , faites vos efforts pour être du nombre de ces derniers. Si par malheur vous étiez encore de ceux dont vous ne voudriez point être, gémissez, bumilicz-vous : Dieu donne sa grâce aux humbles, et c'est avoir déjà un pied dans la compagnie des véritables sers iteurs de Dieu , que de reconnaître avec humilité et confesser avec douleur qu’on est encore au rang des serviteurs lâches, inutiles et infidèles ; mais travaillez cependant jusqu'à la mort , et ne craignez rien. A ce prix vous ne serez point rejeté avec les mauvais serviteurs , mais vous entrerez avec les bons dans U joie et dans la gloire de votre maître.

6. Il y a une troisième espèce de gens engagés au service de Dieu, qu’on ne saurait regarder en aucun sens comme ses serviteurs , et qui sont plutôt de vils esclaves du démon. Je parle de ces misérables et infortunés religieuxqui ne font aucun cas de la dévotion et de la grâce ,

qui négligent tout-à-foit le soin de leur salut , qui honorent Dieu des lèvres, tandis que le cŒur est loin de lui. Plongés dans un déluge de maux , à peine jettent-ils les yeux sur le danger qui les environne et sur le moyen d'en échapper. Ils sont aujourd’hui tels qu'ils étaient hier ; ils sortent du chœur tels qu'ils y étaient entrés, pleins de vices et de défauts, tièdes, lâches, di.ssipés, immodestes, le dirai-je? effrontés. Que sert à ces malheureux de mêler leur voix à celles de leurs frères pour chanter les divins cantiques? Leurs lèvres souillées irritent le Seigneur, loin de l'apaiser.

Plût au ciel que le monde côt retenu ces gens-là! Pourquoi sont-ils venus dans le monastère? Faut-il que leurs pieds impurs foulent une terre aussi sainte? Faut-il que la piété de ceux qui ont fait des libéralités aux maisons religieuses serve contre leur intention à nourrir de tels sujets? Faut-il que les pécheurs dévorent ce qui n'a été donné que pour la subsistance des justes? Faut-il enfin qu’ils profanent, par de» plaisirs grossiers et charnels, la maison de Dieu , le lieu saint , l'école respectable où l'on doit ' apprendre à mener sur la terre la vie des anges , cl à foire leurs fonctions. Puisqu'ils voulaient croupir dans le vice, que ne se 16001001-11.1 dans le siècle, qui est le lieu de la corruption? et pourquoi sont-ils entrés dans la religion , qui est le lieu de la pureté? lai vie criminelle qu'ils auraient menée dans le monde ne leur eût attiré qu'un enfer , au lieu que la vie molle et sensuelle qu'ils mènent dans la maison de Dieu leur prépare un double supplice ; mais mon dessein n'est pas de vous entretenir au long sur leur sujet. Revenons donc à vous.

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