‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 660 sur 684 · A LE DIRECTEUR DES · texte numérisé non relu

A LE DIRECTEUR DES

jours dans imr «l'esprit que rien ne trouille, toujours constans à aimer, A louer, à bénir le Scipncur. Ni 1rs nuages qui s'élèvent dans l'intérieur, ni la violenccdes impressions des sens, ni la froideur de leur âme, ni l'engourdissement de l'esprit, nila sédieresseducirur, ni la violenccdestentations, rien an monde, les peines non plus que les douceurs, ne les tirentde la tranquillité, ni ne font sortir leur Ame de son assiette. Ce n'est pas qu'ils soient insensibles aui impressions de ces mouvemeiistles uns les flattent, et les autres lesaffligent; mais la supériorité de la raison les met au-dessus des sentimens de la partie inférieure de l'Ame. I.e fond de la volonté .« conserve dans le calme au milieu du tumulte qui s'élève autour d'elle. Elle est tranquille, parce que toujours conforme A ce qu'il plaît A Dieu d'ordonner ou de iiermellrc, elle se contente de désavouer tous les mouvemens qui s'élèvent contre l'ordre rie la raison.

Ueureiu état! oft l'homme appuyé sur la pierre ferme, e'esl-A-dire , sur la eharité, s*t tr ouve Inébranlable dans l'amour qu'il a pour son Dieu , cl incapable de goûler aucune cnn.solalion que dans une parfaite soumission A ses ordres. Heureux état! où l'on fuit avec ardeur lout ce rpii déplaît à Dieu, où l'on regarde avec horreur ce rjui pourrait souiller le moins du monde la pureté de l'âme , et où l'on se remet de lous les évi nemens de la vie A la Providence. Comme on a par ce moyen le cœur pur , libre et tranquille, un est véritablement dévot ; car c’est dans celte pureté, dans cette liberté, dans cette tranquillité , que consiste la vraie dévotion et la plus agréable aux yeux de Dieu.

Pour celle tpi’on nomme dévotion sensible , elle n'est ni d'une aussi longue durée, ni si capable de nous rassurer. .Xti.ssI voyons-nous que Dieu la donne plus communément A ceux qui sont depuis peu convertis, ou qui commencent A entrer dans la vie spirituelle, qu'â ceux qui y ont déjà fait des progrès considérables. Elle ne lais.se pourtant pas d’ètre d’une grande utilité quand on sait eirfaire un bon usage ; c’est pourquoi clic est aussi l'objet des désirs des Ames les plus avancées, de ceux que Jésus-Christ dit qu'il n'appellera plus serviteurs , parce qu'il les regarde comme ses amis. Oui , ceux-ci recberclient les consolations intérieures, dont les diarmes sont si délicieux, et dont la furcc pour

X.MES RELIG1EUSE.S

I soutenir dans la vertu est si merveilleuse.

peine en sont-ils privés , qu'ils s'en plaignent I A leur divin maître , et le conjurent avec le pro- I phète de leur « rendre cette joie sainte , qui est I le gage précieux de sa protection. » Ils ont une I ardeur inconcevable pour ces communications où Dieu se laisse voir à découvert , et où l’on 1 jouit de ses cliasles et délicieux cmbras.srmens ; I mais le désir qui les anime est pur, spirituel, ! plein de modération et de retenue . et par-IA I bien différent de celui des faux dévots , qui I n'est qu’une avidité indiscrète, une vraie sen- ! sualité, un effet de légireté et de faiblesse, un ' empressement inquiet et plein de trouble. Les . VTais dévots soupirent apres les douceurs de la I grâce ; mais loin d'avoir en vue leur satisfaction i particulière, ils ii'y eberebent qu'un nouveau I moyen de croître en ferveur , de se puriSer sans ces.se de leurs imperfections et de plaire i de plus en plus A leur divin epoux. Ils aiment les consolations, et quand Dieu les leur fliit I goûter , ils ne manquent pas de l'en remercier ; I mais ils les aiment comme des moyens, et non I comme leurfln. En sorte que, ne les prenant ! jamais pour motif ni pour règle de leur conduite j et des mouvemens de leur cœur, ils sont à cet I égard dans une liberté et une indépendance parfaite, prêts A faire également leur devoir quand même ce secours leur serait ôté. C’est, encore un coup , que ces faveurs ne sont pas la fln où ils tendent , maùi le canal par où ils remontent josqu'A Dieu , jusqu'au souverain bien, A qui l'on est obligé de lout rapporter , et en qui seul il est permis de s'arrêter. Enfln pour comble de bonheur, moius ils .sont attachés A cette sorte de grâces , plus elles leur sont données avec profusion.

Quelque riches qu'ils soient des dons célestes, on ne remarque point en eux d'élèvement j de leur cœur; ils ne s'en estiment pas davantage,

I et n'en conçoivent (tas le moindre mépris pour 1 1rs autres; s’e.stimant peu eux-mêmes, les fa- I veurs dont ils sont isimblés , loin de leur inspi- I rer de l'orgueil , leur font sentir de plus en plus ! qu'étant indignes de toute grâce spirituelle , le |>eu qu'ils en ont vient de la pure miséricorde i du Seigneur, et que ceux A qui l'on a fait de ; plus riches préseiis, et confié des dépôts plus considérables, en rendront A Dieu un compte ! plus sévère. Dans cette idée ils se regardent

Page 1