LE DIRECTEUR DES
racbeCés pour èire le prix de sou uu^. Qu'aiosi les Faiblencs d'autrui, loin d'exciter en vous une indii^na'iun amère, vous portent i une tendre compassion. Supportez dans vos Frères, avec une patience èf;ale, et les déFauls du corps, et les imperFectiunsde l'esprit. Il est écrit :« Portez les Fardeaux les uns des autres , et vous accomplirez ainsi la loi de Jésus-Cbrist.
Ce serait une jalousie de démon que de regarder avec peine les bénédictions de la grtce dont les autres sont favorisés. Cette vue doit toqiours vous inspirer une sainte émulation et une pieuse complaisance, tt quoique vous vous trouviez dépourvu des bleus spirituels dont vous voy ez un autre enrichi , ne laissez pas de vous en réjouir, puisque le Seigneur y trouve sa gloire. Rendez-lui-en des actions de grâces, comme si ce bien vous était propre. En eflet , il serait à vous par ce moyeu. Vous en profilerez. On couionnera eu voire personne le mérite d'autrui, et ce qui vous élait auparavant étranger commencera dès lors de vous appartenir en propre, et d'ctre regardé comme à vous.
Prenez pour maxime qu'il ne Faut ni affecter de plaire au monde, ni craindre de lui déplaire. Dans les personnes même qui vous sont unies par les noeuds les plus étruils de la nature, n'aiinez que Dieu , que la gricc de Dieu , que l'ouvrage de Dieu ; cl dans ceux qui vous paraissent le plus digues de haine, ne haïssez que les vices, les péchés ei Icé iinperFecllOns. Qu'il n'y ait point de moliF de parenté , d'amitié ou de reconnaissance, capable de vous fiiire jamais commettre la moindre oFFense contre Dieu, ou de vous porter à seconder, flatter, approuver qui que ce soit dans son péché.
On est quelquefois inquiet de l'ahscncc tfun ami, et fiché de ne point jouir de la ranipaipiie et de l'entretien de certaines personnes. Ix>in de vous ces regrets Frivoles. On ne peut les justifier que quand ils ont pour fondement le profil spirituel que ces personnes pourrairnl nous procurer par leur présence ; encore faut-il alors donner des bornes I son chagrin, .\iinez Dieu dans tous les hommes et tous les hommes en Dieu , et n'aimez personne par des motifs humains, par un rapport cThumeur, par des vues d'intérêt ou de plaisir. Il arrivera de li qite ni l'absence des gens de bien et de vos amis , ni la présence des méchans et de vos ennemis, ne
A.MES RELIGIEUSES
vouscauseroat point une tristesse excessive. Que dis-je, vos ennemis? Vous n'aurez point d’ennemis alors, puisque vos persécuteurs même vous seront chers, parce qu'ils coiilribuenl le plus! votre mérite et à votre salut.
Ne vous attaciiez point aux choses de ce monde, quelque afp-ément et quelques merveilles qu'elles renferment dans leur nature , à quelque pcrFecliou que l'art et l'industrie les aient portées, et quelque bien que vous puéesiez y trouver, ou que vous en entendiez dire. I.es créatures ne sont faites que pour être rap|iortées à la gloire de leur auteur , les biens périssables ne vous sont accordés que pour réveiller en vous le désir des biens éternels , et la joie ne vous est permise qu'autant qu’elle est en Dieu, et selon le Seigneur. Tout plaisir sensible , de quelque part qu'il vienne, doit donner de la crainte. ( juels mauvais effets ne produit pas une vaine satisfaction recherchée ou goûtée mal û propos! L’éme s’y eni;age souvent à ne pouvoir s'en déprendre, et cette mallieureuse satisfaction lui fera cuntracter une infinité de taches qui la souilleront.
8. Ayez en liorreurtouteaFFection aux péchés même les plus légers. Quand pourtant vous en commettez quelqu'un par surprise et par fai blesse , n'en concevez point un ch.vgrin capable de vous jeter dans la pusillanimité. Contentezvous de vous en accuser humblement devant Dieu, de renouveler en sa présence vos bons desseins, de ranimer votre confiance et voire ferveur, en jetant tous vos péchés dans l'ablme immense de scs miséricordes, nu dans les ouvertures salutaires des sacrées plaies de Jésus. Tant que vous habiterez ce corps de boue, l'àme se ressentira toujours de la fi-agilité de la chair. Vous pourrez, il est vrai, étouffer dans votre ccrur toute attache pleinement volontaire aux plus petites fautes; mais vous ne pourrez jamais vous garantir loul-û-Fait du péché.
la» âmes les plus justes, les religieux les plus dévots, ne sont pas impeccables. Ils manquent quelquefois, et peut-être souvent; mais avant leur chute , ils tâchent de l'éviter,. et après être tombés, ils se relèvent. Pour les mauvais religieux , ils pèchent ; mais sans s'inquiéter de leurs péchés, sans songer â les prévenir par la fuite des occasions, ni â les n’-parer par la péniteucr. Ils ne soupirent qn'aprés le relâchement
PAR LüLlS
de la diicipline réipilièi'e , aprte un train de vie dont la liberté approdie du libeftiaa^e. L'oFlice divin et les autres exercices de la règle sont pour eux un joug onéreux, et ils n'ont jamais plus de plaisir que quand ils trouvent quelque prétexte de s'en dispenser. Ils veulent dans le boire et dans le manger de la superfluité et de la délicatesse, ilsclierrhent avec empressement les occasions de se dissiper et de s'amuser, l-a vie religieuse n'a rien que de dégoûtant pour eux, et c'est pour en charmer les ennuis, qu'ils SC livrent aisément i de folles joies, û entendre les nouvelles du monde , à chercher tout ce qui Hatte leur curiosité , à s'accorder l'usage de ce qui est le plus selon le monde , et par cela moins convenable A la simplicité religieuse. C'est nue cliose monstrueuse que leur amour-propre, le ridiciile de leurs amusemens, la perle qu'ils font du temps, l'mutilité de leurs entretiens, la dissolution de leurs discours, leur air évaporé, et leurs manières toutes séculières. Ce qu'il y a déplus pernicieux en tout cela, c'est qu'ils s'imaginent ou qu'ils ne font point de mai , ou qu'il est si petit qu'on ne doit pas s'en foire une peine de conscience. Déplordite insensibSité I qui, les rassurant quand ils ont tout i craindre, et leur persuadant qu'ils se portent bien lorsqu'ils sont tout couverts de plaies, les empêche de gémir sur leur malheureux état , et de travailler à l'amendement de leur vie et à la guérison de leurs blessures.
Religieux infortunés ! religieux insensés ! religieux dont la conduite dément si visiMement la profession qu'ils ont embrassée! Leurs blessures leur paraissant peu de chose ils les négligent et n'en sont point du tout effrayés. Mais qu'ils tachent que n'usant d'aucune précaution pour les éviter, ni d'aucun remède pour s'en guMr, elles se multiplieront sans nombre, elles s'aigriront de plus en plus et ne tarderont pas à leur donner le coup de la mort ; sans compter que celte coupable négligence, cet endurcissement si marqué , ne manquera pas de les précipiter tût ou lard dans l'orgoeil, la révolte, la déso- Missance, les murmures, la médisance, la haine, l'envie, la hcrlé, l'intempérance, en un mot dans tous 1rs vices , et dans tous lescrimes même les plus énormes.
btoQ cher fière, n'imitez point ces mauvais religieux ; ils ne sont i>oint du nombre des vrais
disciples de Jésus-Christ erneiflé; ils ne sont pas du nombre des amis diérisde Dieu; iis n'en sont point , et ils ne sauraient jamais en être qu'en cessant d'étre ce qu'ils sont. Soyez plus zélé pour vos véritables intérêts ; abandonnez, éloignez , rejelez , sacrifiez tout ce qui pourrait arrêter dms votre oonir le progrès de l'amour divin. Haiez-vous d’arriver i la perfection de votre état par une entière abnégation de vous-i:iémc, comme par le chemin le plus court, le plus assuré, et même l'unique capable de vous y conduire.