‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 87 sur 684 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

BRinpie mémoraMe 4la rintégrité d' Alipe, et de l’ardeur qu’avait un autre dcaea amia noiomé Ne brûle, pour la ncbercbc de la vérité.

J’avais rencontré AUpe, dont je parle, dans la ville de Rome ; et il s’unit à moi par le lien d’une si étroite amitié, que lorsque j’allai à Milan, il se résolut d’y venir aussi pour ne me point quitter, et tout ensemble parce qu'ayant appris la jurisprudence , il était bien aise d'y trouver quelque emploi pour l'exercer, suivant en cela plutôt l’inclination de sa parens que la sienne propre. U avait déjà été trois fois en charge, et témoigné une probité si incorruptible, qu’il était admiré de tous la autra; au lieu que lui au contraire admirait qu’il pût y avoir da personna qui préforasseni un peu

d’argent à l’intégrité et à l’innocence. Car étant employé à Rome en qualité d’assesseur auprès d’un da principaux ofHciers da finança de l’empereur au département d’Italie, on avait tâché d’ébranler sa fermeté et sa constance, non-seulement par la intérêts do bien et de U fortune , mais encore par la terreur et par la menaça. U y avait un sénateur extrêmement puissant, qui s’était assujetti la plupart da officiera, ou par la considération de sa bicnfiiits, ou par l’appréhension de son crédit et de son autorité. Comme il avait accoutumé de ne trouver rien qui lui résistât, il voulut foire quelque chose qui était défendu par la lois. Alipe s’y opposa. On lui offrit da présens , il les rejeta avec mépris ; on le fit menacer , il te moqua de ca menaça. Tout le monde admirait que par un courage et une générosité toute extraordinaire, il ne désirât point d’avoir pour ami , ni ne craignit point d'avoir pour ennemi un magistrat si considérable , et qui avait mille moyens ou d'obliger ceux qu’il aimait , ou de perdre ceux qu’il baissait. L’officier même dont Alipe était assesseur n'osait le refuser ouvertement , quoiqu’il ne souhaitât pas non plus que l’affoire réussit; mais il s’excusait sur lui, disant qu’il s’y opposait, et il disait vrai, puisqu’en effet Alipe aurait plutôt quitté sa charge que d’y consentir.

La seule chose qui pensa tenter Alipe à cause de son amour pour la lettres, fut de recevoir quelque argent dans l’exercice de sa charge, dont il aurait pu acheter des livra. Mais ayant consulté la régla de la justice, il prit une meilleure résolution , et jugea qu’il valait mieux ne pas faire ce que son devoir lui défendait, que d'abuser du pouvoir qu’il aurait eu de le foire. Je sais bien que ce n’at pas là une grande chose, mais celui qui at fidèle dans les petita , le sera aussi dans les granda ; et cet oracle , mon Dieu , de votre vérité étemelle at infaillible : < Si vous n'avez été fidèle dans la dispensation da fousses richessa , qui vous confiera la véritabla? Et si vous n’avez pas été fidèle dans le maniement d'un bien qui est iiors de vous, qui vous donnera la biens de l'àme qui sont seuls proprement à vous Pu Alipe donc était dans la disposition d'aprit que je viens de dire. Et pour lors nous étions unis ensemble d’une amitié très étroite, étant tous deux agités da

tna COAFESSlOiNS DK SAINT

Kkwrtes cl d’inquiétudes louchant la manière de vie que nous devions suivre.

Il y avait aussi un de mes amis nommé Néhride, leqnel ayant quitté son pays qui était proche de Cirthajje, ayant quitté Carthage niétneoà il demeurait d'ordinaire, ayant quitté •oh bien paternel qui était tris considérable, a}'ant quitté .sa maison et sa mire mime , qui n'était pas femme i le suivre comme b mienne, n'était venu à Mibn pour antre raison que pour vivre avec moi , et [tour travailler ensemble, selon l'ardeur violente qui l'animait i la recherdie de la vérité et de la safsesse. Il soupirail comme moi ; il était dans l'irrésolttlion et dans le doute, cherchant avec une passion extrême la vie bienheureuse, et asTint Ime lumière et une vivacité d'esprit admirable pour pénétrer dans les questions les plus difRciles. Ainsi nous étions trois amis ensemble, tous trois pauvres et misérables , gémissant l'un avec l'autre et déplorant notre misère, et vous présentant nos bouches ouvertes dans la Faim qui nous pressait , afin que vous daignassiez les remplir de la nourriture céleste après laquelle nous soupirions, attendant le temps favorable que vous aviez marqué dans l’ordre de votre étemelle providence. Et parmi tous les dégoAls et les déplaisirs que nous Causait notre vie tonte séculière , par une secrète conduite de votre miséricorde sur noos, lorsque nous voulions un peu considérer quel était notre but dans tous les maux que nous souffirioos , il ne .se présentait à notre esprit que des fantômes et des ténèbres. Nous en avions peine nousmêmes , et nous nous disions l'un h l'autre ; a Ne sortirons-nous donc jamais de cet étatmisérable?» Nous redisions celte parole fort souvent , et nous n'cii sorlkns pas néanmoins , parce que nous ne trouvions rien de ferme et d’assuré sur quoi nous nous pussions appuyer en quittant toutes rrs choses vaines et périssables.

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