‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 96 sur 684 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

li coolinue i représenter ses doutes loucbant l'origine du nul.

Je cherchais d’où pouvait procéder le mal , mais je le cherchais par un faux raisonnement; et ainsi ma recherche était inutile pour le découvrir. Voici donc comme je le cherchais. Mon esprit SC représentait l'univers et tout ce qui est visible dans son étendue, comme la terre, lu mer, l’air, les astres, les plantes et les animaux. Il se représentait aussi tout ce que nos yeux ne sauraient apercevoir, comme le firmament , les anges et tous les esprits célestes ; et mon imagination les plaçait en certains lieux comme s'ils eussent été corporels. De tout cela je composais une grande mas.se, où je rangeais par ordre tous ces divers corps de vos créatures, tant celles qui en effet sont corporelles, que celles qnc je m’étais imaginé l’être, quoique ce n<! soient que de purs esprits. Je me figurais cette masse aussi grande qu'il me plaisait, ne pouvant pas savoir en effet sa véritable grandeur; mais je me la rcpnîsentais toujours finie et bornée de toutes parts. Après cela , je vous considérais , mon Dieu , comme environnant et pénétrant entièrement cette masse, et demeurant néanmoins infini de tons côtés : de même que si une mer infinie de toutes parts enfermait une éponge d'une grandeur démesurée, mais pourtant finie, cette éponge serait toute remplie de cette mer sans bornes et sans limites.

Ainsi, je m'imaginais, mon Dieu, que votre essence étant infinie , elle remplissait de la même sorte vos créatures qui sont finies, et je disais en moi-même ; « Voilà quel est Dieu et quelles sont ses créatures ; ô combien il est bon et in-

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