‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 97 sur 684 · JO C0NFE.SS10.\S DE SAINT · texte numérisé non relu

JO C0NFE.SS10.\S DE SAINT

mniparabicnmt menifiirqu'elln, quoique étant tout bon , il n'ait pu les créer que bonnes 1 Voilà de quelle sorte il les environne et les remplit. Mais cela étant ainsi, d’où peut donc procéder le mal ? et comment s'estnl (glissé dans le monde? quelle est la racine dont il est sorti? quelle est la semence dont il a été produit? Mais peut-être aussi qu'il n'y a point de mal. Si cela est, pourquoi dont; le craifpions-nous, et nous tenons-nous sur nos qardes contre un ennemi purement imaginaire? Que si c’est sans cause que nous craignons , cette crainte est donc un mal elle-même, puisqu’elle agile et tourmente notre esprit sans aucun sujet : et ce mal est d’autant plus grand , qu’il nous porte à craindre sans qu’il y ait rien à craindre. Ainsi, ou il n’y a point de mal que nous devions appréhender, ou cela même est un mal que nous appréhendons comme un mal , ce qui en effet n’est point im mal.

«Quel est donc le principe du mal, puisque Dieu , qui est tout bon , n’a rien fait qui ne fût bon? U est VTai qu’étant le souverain bien, il n'a pu communiquer sa bonté à ses créatures dans la plénitude qu’il la possède; mais cela n’empêche pas que le Créateur et les créatures ne soient bons. D’où peut donc procéder le mal? Viendrait-il de la matière de laquelle Dieu aurait créé toutes choses? Y avait-il quelque matière mauvaise qu’il ait formée et mise en ordre, mais en telle sorte néanmoins qu’il ait laissé quelque chose de manvais qu’il n’ait pas voulu changer en bien? Et pourquoi aurait-il lait cela , puisque étant tout-puissant , il ne lui aurait pas été difHcile de la convertir et de la changer entièrement, sans qu’il restât en elle rien de mauvais? Ou pourquoi a-t-il voulu se servir de celte matière corrompue pour en lormer quelque chose? et que ne l’a-t-ii plutùt anéantie par sa toute-puissance? Pouvait-elle subsister contre sa volonté? ou bien, si elle était éternelle, pourquoi, durant tous ces temps inhnis qui ont précédé la naissance des siècles, a-t-il smiFTert qu’elle demeurât de la sorte, et pourquoi s’est-il avisé si tard de s'en servir pour en hirmer (|uelqne créature? Que si Dieu s’est résolu loutd’uncoup de lairc quelque chose , ce qu’il devait faire était plutôt d'anéantir reltc matière mauvaise, aüo de demeurer lui seul, comme étant le bien suprême et véritable et la source infinie de tons

les biens. Ou si celai qui est innniment btm devait communiquer sa bonté et la faire reluire par la création de quelque eicellent ouvrage, ne pouvait-il pas détruire cette matière nuuvaise et en former une bonne , dont il eût créé toutes choses? Car il ne serait pas tont-puissant s'il ne pouvait rien créer de bon sans l'aide d’nne matière mauvaise que lui-même n’aurait pas eréée. >

Voilà les pensées que je roulais dans mon esprit , qui était alors en un état déploraJde, agité sans cesse par la frayeur de la mort , et rongé de mille soins qui le dévoraient. Et quoique je ne connusse pas encore la vérité, mon cœur néanmoins était ferme et inébranlable dans la foi de Jésus-Oirist notre Seigneur et notre souverain maître, que l’Église catholique nous enseigne. Ce n’est pas que la foi que j'en avais alors ne fût très informe, et comme flottante en plusieurs points; mais elle demeurait enracinée dans mon âme , et s'y fortifiait tous les jours de pins en plus.

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