LA TOUR DU LOUVRE
Lundi vif jour de sept, nu" xim, furent mis de commandement du Rov nostresire en la tour du Louvre par ledit Chanteprime, présens Jehan de Montagu et moy J. Creté, en x sas de cuir, cinquante mile frans, en un coffre estant ou moyen estage de ladicte tour, et fu portée la clef dudit coffre avec les clefs des huis du dit
estage au Roy par ledit Montagu, scellées en un sac du séel de moy Creté en la présence du chastellain et de plusieurs autres. De laquelle somme de L m frans ledit Chanteprime a descharge, donnée le x e jour de sept, nu" xiiii, contenant xl™ fr., tant pour raons. le conestable dont mencion est faicte cy dessus, comme pour x m fr. de monsieur de Bourbon, dont cy après sera faicte mencion ; pour ce L m fr.
{Arch. de fEmp. — Reg. P. 1189.)
Mention de V affaire de Bureau de la Rivière et de Jean
le Mercier.
Vendredi 29 jairrier 1395.
Maistre Thomas Rebechen, queux de l'arcevesque de Rouen , lequel estoit tenuz de comparoir en personne en la court de céans a certain jour passé, auquel il est deuement comparu prest d'ester à droit, sur ce que on lui imposoit estre coulpable du fait pour lequel furent pieça emprisonnez messire Bureau de la Rivière et sire Jehan le Mercier, par ordenance de la court, tout considéré, est eslargy partout in statu quousque, etc., et sud pénis, etc. Domicile en Tostel à la Serainne en la parcheminerie près de la rue de La Harpe.
id, pour Perrin Pelizot.
(Jrch. de fEmp. Reg. XIII de Crim., fol. 238»».)
Gages de bataille. — Mention de l'expédition du duc d Anjou.
Jeudi onze mars 1395.
Entre Jehan Bouquin, demandeur en cas de gaige de bataille d'une part, et Jehan de la Touche, défendeur, d'autre part. Dit le demandeur, quemons. d'Anjou, en la conqueste qu'il fist ou pays d'Ytalie, conquesta le chastel d'Argence, et illecques laissa plusieurs robes et autres joyaux, et laissa Jehan de la Touche pour la garde dudit chastel. Et tantost que mons. d'Anjou fu parti dudit chastel, ledit de la Touche envoia lettres par devers raessire Charles de la Paix, qui estoit anemi dudit mons. d'Anjou. Etvindrentles anemis, et prindrent le chastel et tuèrent pluseurs bons chevaliers et escuiers qui gardoient ledit chastel, et qui rienz ne savoient de cette t raison. Pour laquelle faire ledit de la Touche ot mil frans à sa part. Et après ce que mons. d'Anjou fu retourné, et il sçeust ceste traison, il fist copper la teste au frère dudit de la Touche, et ledit Jehan de la Touche s'en fouy. Dit pour ce, que ledit Bouquin, qui est bon et vaillant escuier, a parlé au pays de ceste traison, ledit de la Touche a mis peinne de le mettre à mort, et assambla pieça sept gros varies armez, en un bois, pour espier ledit Bouquin, qui estoit à une ville près d 'illecques appellée Liez. Et depuis ot débat sur ce entre lesdictes parties pardevant le séneschal de Mortaigne, et getterent leurs gaiges de bataille par pluseurs fois l'un contre l'autre
Défend Jehan de la Touche et dit, qu'il est nobles ho m s, mais ledit Bouquin n'est pas gentilhomme, car son père fu munier. Dit qu'il a servi le roy Loys, duc d'Anjou, et ala avecqueslui ou pays d'Italie et lui aida à conquerre le chastel d'Argence et le bailla en garde à un capitaine appelle messire Jehan Chapperon, qui est encores en vie, et avec lui pluseurs chevaliers et escuiers. Dit que mous. d'Anjou se parti dudit chastel pour faire sa conqueste et ala oultre ou pays d'Italie et ledit de la Touche en sa compaignie, ne oncques puis ledit de la Touche ne entra oudit chastel. Et dit que quant ledit chastel fu prins, ledit de la Touche estoit prisonnier des anemis mons. d'Anjou
Réplique le demandeur et dit, qu'il fu noble et son père noble, lequel moru es guerres du Roy à Mortaigne. Dit que il charge sa partie adverse d'avoir demouré au chastel d'Argence pour la garde d'icellui, et en sa compaignie son frère, et d'avoir escript lettres aux adversaires de mons. d'Anjou, et par leur mauvaise traison avoir fait prendre ledit chastel. Et quelque chose que dye partie adverse au contraire, il le nye. Et s'il dit qu'il se parti d'Argence quant le roy Loys se parti, dit qu'il se parti malicieusement pour couvrir le fait
(Jrck. de rEmp. — Reg. XIII du Crira., fol. U&°.)
Batterie dans Paris entre des Bretons et des bouchers.
27 juillet 1395.
Lundi xxvi e jour de juillet, mil ccc im" xv, après disner.
En laTournelle criminelle du Palays furent assamblez messeigneurs : monseigneur le chancel lier , messire Guichard Dauphin, messire Philippe des Essars, chevaliers, messire Pierre Boschet, maistre Henry de Marie, messire Ymbert de Boissy, messire Jehan de Blasy, chevalier, le prévostde Paris, maistre Jaques de Rully, maistre Jehan duDrac, maistre Robert Cordelier, maistre Jehan Darcies, maistre Jaques Boqué?, maistre Gaillart Petit- Cesne, maistre Pierre de Lesclat, maistre Regnault du Mont-S. Eloy, maistre Robert Maug, maistre Symon de Nampterre, maistre Nicole de Biencourt, maistre Pierre Buffière, maistre Guillaume de Celsoy, maistre Martin Double, maistre Guillaume Drouart, maistre Jehan Truquain, maistre Andry le Preux, maistre Jehan de Tuillieres, maistre Robert Petit Clerc, maistre Robert de Pacy, maistre Hutin de Rive, maistre Gérart de la Haye, maistre Jehan de Fontenay, maistre Nicolas Chaon, conseillers du Roy nost resire. Et illec fu par mondit seigneur le chancellier racontée la manière de la guerre et du débat d'entre maistre Alain du Molin, breton, et pluseurs autres d'une part, et Thomas Le Goix, boucher, et pluseurs autres bouchers de Saincte-Genevesfe d'autre part. Et en après fu levée en la présence des dessusnommez une re-
queste adrécant au Roy nostresire au nom desdiz bouchers. Item, une autre requeste adreçant au Roy nostredit seigneur pour et ou nom des maistres escoliers estudians à Paris et bourgoys de la nacion de Bretaigne, habitans à Paris. Et ce fait, fu par mondit seigneur le chancellier demandé par oppinions aux dessusdis quelle provision est bonne à mectre en ceste matière. Et finablement fu délivré que certaines lettres royaulx soient faites par moi Jehan de Cessières adrécans au prévost de Paris ou à son lieutenant, par lesquelles soit mandé à faire certains emprisonnemens et autres exploiz déclariez èsdictes lettres ausqu elles je me rapporte. Et fu enchargié à maistre Jehan Truquain, lieutenant dudit prévost, qu'il exécutast lesdictes lectres , lequel se excusoit pour les périlz qui pourraient advenir des sergens et aydes qu'il lui convendra avoir en procédant contre aucuns qui se dient estre de l'Université de Paris. Et aussi pour les périlz et dommages qu'il pourroit avoir s'il en estoit rais en procès . Auquel fu respondu et commandé par la bouche dudit monseigneur le chancellier, qu'il procédast seurement et que le Roy et son conseil le garderaient tellement que aucune poursuite.... le chancellier. . . . qu'il feust enregistré. . . .
(Areh. <U tEmp. Reg. XIII du Crim., fol. Mi».)
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PIÈCES IMÉDITKS.
Mention de V affaire de Bureau de la Rivière. Du jeudi 26 août 1395.
Jehan le Neveu dit Preudomme, prisonnier long temps en la Conciergerie du Palais de par nossei gneurs de Parlement et les réformateurs généraux nagaires estans à Paris, pour la fausse déposicion qu'il avoit faicte touchant crime de lèze-majesté à Fencoutre de messire Bureau, seigneur de la Rivière, chevalier , et pour aucuns autres cas , pour lesquels il fu prins par les justiciers du conte d'Alençon, dont les procès sont tous pardevers Jehan Duboys, notaire du Roy et registrent (sic) desdis réformateurs, est banny du royaume à tousjours , et partant est délivré de prison.
{Arch. de fEmp. Reg. XIII du Cri m., fol. 260.)
Sauvegarde pour six mois, accordée par le roi à Pierre de Craon et vingt hommes de sa suite.
26 janvier 1396.
Charles, etc. A touz noz justiciers et officiers ou à leurs lieuxtenans, salut. Nous avons receue l'umble supplicacion de Pierre de Craon, chevalier, contenant : que comme pour traittier et accorder de plusieurs dissencions et débaz dès pieçà meuz entre nostre amé et féal cousin le sire de Cliçon et lui, nous eussions donné et octroyé à icellul Pierre congié et licence
d'estre et de demourer en nostre royaume par l'espace de quatre moys. Pendant lequel temps n'aient encores peu estre trouvez aucuns bons accors ou appointerons entre eulx, si comme il dit. Requérant que, actendu qu'il n'a de quoy vivre ne avoir ne tenir son estât se ce n'estoient ses parens et amis , nous lui veuillions sur ce pourveoir de gracieux remèdes. Nous, ces choses considérées , voulans paix et amour estre tousjours nourrie entre noz subgez et, afin que aucun traictié et accort puisse estre trouvé entre les dessusdiz sire de Cliçou et Pierre de Craon, et pour certaines autres causes et considéracions nous mouvans à ce, à icellui Pierre de Craon et vint hommes en sa compaignie, avons donné et octroyé, donnons et octroyons de grâce espécial par ces présentes, congîé et licence d'aler, venir, demourer et séjourner seurement et sauvement par nostre royaume chiez ses diz parens et amis et ailleurs, jusques à six mois prochainement venans à compter de la date de ces présentes, sans ce que par vous ou aucun de vous, il et ses dictes gens ou aucuns d'iceulx, soient pour cause et occasion de l'oflence par lui pieçà faicte envers nous ou autrement, aucunement empeschiez ou molestez en corps ne en biens, pourveu toutesvoies que pendant les six mois dessusdiz il ne ira, vendra ou se transportera aucunement ou pays de Bretaigne, ne à deux lieues près du lieu où nous serons. Si vous mandons, etc. Donné à Paris le xxvi* jour de janvier, Fan de grâce mil ccc nu" et quinze et de nostre règne le xvr\ Parle Roy, à la relacion de son grant conseil ouquel mess, les ducs de Berry, de Bourgongne, d'Orléans et de Bourbonnois, Vous, le mareschal Boussicaut, le sire de
Giac, le patriarche d'Alexandrie, le sire de la Trémoille et plusieurs autres estoieut.
J. Dauhoy.
(Jrch. de CEmp. — Reg. XIV du Crim., fol. 99**.)
Cortège de la reine Isabelle, pour son passage en Angleterre,
29 juillet 1396.
Le xxix* jour de jullet, Tan im n xvi, le Roy à Senlis, en son conseil, présens messeigneurs les ducs de Bourgogne et d'Orléans, monseigneur le chancellier, les évesquesde Noion et d'Arras, messire Guillaume des Bordes, messire Hervé le Coch , messires Amaury d'Orgemont et Montagu, fu ordené sur le fait de Talée de la royne d'Angleterre, ce qui s'ensieut :
Premièrement, que le Roy fera livrée aux grans seigneurs, c'est assavoir : monseigneur de Berry, monseigneur de Bourgoigne et les autres, de veluiaux veloux cramoisis, et aux autres chevaliers, de veluiaux en graine, et pareillement à madame de Bourgoigne et aux autres grans dames, de veluiaux cramoisis, et aux autres dames, de veluiaux en graine, et les escuièrs et les damoiselles, de satanin en graine ; et seront brodées entour le colet et sur les manches d'un chapelet de l'orde du Koy à genestes.
Mgr de Berry aura pour estât. . dix mil francs.
Mgrde Bourgoigne pour semblable, dix mil francs.
Mme de Bourgoigne pour semblable, vin mil francs.
Monseigneur de Harecourt, monseigneur de Lebret,
monseigneur le viconte de Meleun, auront les gages qu'ilz ont acoustumé prendre quant le Roy les envoie dehors.
Monseigneur Domont, monseigneur de Garencières, messire Regnault de Trie , messire Jehan de Trie, Le Galois d'Aunoy , messire Charles de Chambly , monseigneur de Saint-Cler, monseigneur de Boissay, messire Taupin de Chantemelle.
Chascun banneret avec gages pour xim chevaux qui se prennent en la Chambre aux Deniers, et mangera à court, lui, son chevalier et ses escuiers. Ef le chevalier bachelier aura gages pour six chevaux paiez comme dessus , et mengera à court lui et son escuier.
Chascun des bannerès, qui sont nn bannerès, aura v e francs.
Chascun des chevaliers bachelliers, qui sont v, aura in c francs.
Chascun des escuiers n c francs.
Chascun des escuiers aura aussi xl francs par mois et mangeront à court.
Les autres officiers de l'ostel seront délivrez selon ce qu'ilz ont accoustumé de Testre quant le Roy va en un long voiage, et auront livrée.
Madame de Préaux, qui est ordenée pour estre aveques la royne d'Engleterre, prendra gages comme dessus, pour elle, deux dames et vi damoiselles , au feur de xl chevaux, et mengera à court, elle, ses dames et ses damoiselles.
Et oultre aura madame de Préaux pour soy abiller, mil francs.
Madame de Saumont et madame de Lactainville
seront délivrées pour xl chevaux, et mengeront à court elles et leurs damoiselles.
Et oultre auront chascune pour soy abiller, v c francs.
Madame de Coursy et sa fille auront mil francs ; sur quoy seront rebatuz v c francs que elle a receu .
(Minute originale sur papier. — Arck. de CEm. Tris, des Ch. Carton J. 643, pièce M.)
C'est l'ordenance avisée par le Roy en son conseil sur le fait de Talée de Ja royne d'Engleterre à Calais.
Premièrement. Pour la conduire jusques à Calais. — Monseigneur de Berry, monseigneur de Bourgoigne, madame de Bourgoigne.
Avecques monseigneur de Bourgoigne. — Monseigneur de Harecourt, monseigneur de Lebret, le visconte de Meleun.
Avecques madame de Bourgoigne. — Madame de Préaux et une dame avecques elle. Les dames qui seront avecques madicte dame de Bourgoigne. Six autres dames, tèles que madicte dame de Bourgoigne ordenera. Et y seront les femmes messire Regnault et messire Jehan de Trie.
Chevaliers banerès pour servir la royne d'Engleterre. — Monseigneur Domont , monseigneur de Garencières.
Chevaliers bachelliers. — Messire Regnault de Trie, messire Jehan de Trie, Le Galois d'Aunoy, messire Charles de Chambly, le sire de Saint-Cler.
Maistres d'ostel. — Messire Robert de Boissay, messire Taupin de Chantemelle.
Escuiers. — Montagu, Rcgnaut d'Angennes, Nan-
toillet, Jehannin d'Estoute ville , Thibaut de Chante nielle.
Panetière. — Pierre des Roues, Thibaut de Megenez, Regnaut de Jaigny.
Eschançons. — Àncellet de Lille , Jaquelin Trousseau, Boitai, Grevelle.
Huissiers d'armes. — Havart de Campbernart, Jehan de Lisac, Fumechon.
Sergens d'armes. — Jehan d'Arras, Jaquet de Beaumarchés, Rivière, Gringues.
Escuiers d'escuirerie. — Estiennot de Noz Mesons, Le Galois de Giry.
Queux. — Menjart.
Pour la Chambre aux Deniers. — Maistre Ray mon Raguier, Hamonnet.
Pour porter les joueux. — L'Argentier.
Escuiers de cuisine.
Fruiterie.
Espicerie.
Fourrière.
(Minute originale de la main du secrétaire du roi, J. de San dis ou de Sains. — Arch. dcTEmp. Très, des Ch. Carton J. 643, n° M 6U.)
Advis de la finance qu'il faut pour conduire la royne d'En gle terre de Paris à Calais.
Et premièrement. Pour ia livrée qui a esté advisée par le Roy pour les seigneurs, chevaliers et escuiers, dames et damoiselles xvi m fr.
Item pour la despense de ladicte royne d'Engleterre, comprins ens les gages des chevaliers et escuiers que le Roy lui baille de creue xv m fr.
134 PIECES INEDITES.
Item, pour le maistre des garnisons in m fir.
Pour Testât de monseigneur de Berry x m fir.
Pour Testât dê monseigneur de Bourgoigne x M fr.
Pour Testât de madame de Bourgoigne vni 91 fr.
Pour dons ordenez estre fais à aucuns des chevaliers et escuiers, dames et damoiselles pour eulx ordener et abiller xn" fr.
Item, pour ceulx qui iront avecques elle oultre Calais xii* fir.
Item, sur la somme de xx B donnée à mons. de Renty? (ou Roucy) pour soy abiller x" fr.
Item, pour aucuns serviteurs qui ont servi et servent la royne d'Engleterre, pour eulx abillier nn m fr. 1
(Minute originale sur papier. — Areh. de tEmp. Très, des Ch. Carton J. 643, n» U ter.)
Don fait par Charles VI a Louis, duc d'Orléans, d'une somme de 300000 francs dor, en dédommagement des villes de Gênes et de S avoue.
Paris, 12 décembre 1396.
Charles , par la grâce de Dieu roy de France. A tous ceulx qui ces présentes lectres verront, salut. Comme de puis que nostre très chier et très amé frère le duc d'Orléans, eut, pour les causes et considéra-
i . En marge de ces articles on lit le nom de Michel du Sablon, sauf les trois articles des ducs de Berri et de Bourgogne, où on lit : La Taille.
cions qui le meurent , entrepris d'avoir la seigneurie des cité, pays et territoire de Gennes , et tant fait que pour venir à son intencion de et sur ce, il ot et a pardelà, en sa main ou de par lui, la ville et le chastel de Saonne 1 avec certains autres chasteaulx villes et lieux, le duc et les gouverneurs desdites cité, pays et territoire ou la greigneur et plus saine partie d'iceulx, aient plusieurs foiz envoyé devers nous et requis que nous voulsissions prandre ou accepter ladicte seigneurie. A quoy, pour certaines considéracions et causes, avons incliné et y sommes condescenduz. Savoir faisons, que pour contenter et defïraier nostredit frère des très grans fraiz, missions et despens par lui en plusieurs manières faiz et soustenuz, en et pour ce fait et à cause et occasion d'icelui, montant à très grans sommes de deniers, nous avons avec nostredit frère, traictié et accordé sur, de, et pour ces choses et leurs dépendances, à la somme de trois cens mille frans d'or pour une foiz. Laquelle somme avons promis en bonne foy et promettons, par la teneur de ces présentes, à nostredit frère ou à son certain mandement, paier ou faire paier, bailler et délivrer par égal porcion en trois ans prochains et continuelment ensuivans, aprez ce que nous, ou autres pour et ou non de nous, aurons eu la possession et saisine desdites cité, pays et territoire de Gennes et des diz ville et chastel de Saonne et autres chasteaulx , villes et lieux qui sont en la main de nostredit frère , ou de par lui tenuz comme dessus est dit, et d'icelle somme le agréer ou
1. Savone, port de mer, sur la rivière du Ponent, dans la république de Gênes.
faire contenter ainsi que dit est, senz refuz, contredit et délay. Et à ce avons obligié , et par ces mesmes lettres obligons , nous et noz biens meubles et immeubles, présens et avenir. En tesmoing de ce nous avons fait mettre nostre séel à ces présentes. Données à Paris, le xn e jour de décembre , Tan de grâce mil ccc mi" et seze et de nostre règne le xvn e . Ainsi signé : Par le Roy en son conseil , où mess, les ducs de Berry et de Bourguoingne, le sire de Lebret, Vous, et le viconte de Meleun estiez.
P. Matoulc.
(Dans on vidimus du bailli de Blois du 13 janvier 1460.) (Arch. de CEmp. — Carton K. 54, pièce \ 1.)
Lettres de Richard II, roi d Angleterre , sur son entrevue
avec Charles VI,
Calais, 24 octobre 1397.
Richard, par la grâce de Dieu roy d'Engleterre ef de France et seignur d'Irlande. A touz ceux qui ces lettres verront ou orront, saluz. Comme pour le bien qui en pourra avenir, ait esté assentu par entre nostre très chier et très amé pière de France et nous, que à certain jour et lieu nous assemblerons pourentreveoir et parler, à certain nombre de gentz, et par manière comme il a esté pourparlé et accordé ains ces heures, et sur ce ait esté accordé que serement se fera de l'une partie et de l'autre. Nous, pour acomplir le dit accort pour nostre partie, jurons en bonne foy et par la foy de nostre corps asseurée en la main de nostre
très chier et amé oncle le duc de Berry et en parole du Rov et sur la vraie croix, et sur les saintes Euvangiles de Dieu, pour nous, nos subgiz, amis, alliez et bienveullans, que nous ne ferons ne soufTrerons eslre fait par nous ne aucuns des dessuz diz, mal, dommage, empeschement, grief, arrest ne destourbance en nulle manière pour le temps de la dite assemblée et pour huit jours mesmes devant rassemblée, et pour huit jours après, à nostredit pière ne à nul de ses subgiz, amis , alliez ne bienvuellans, durant le temps dessuz dit. Et les poius et seremens des trièves prinses par lui et nous deraourans en leur force et vertu. Et se par aucun cas, riote ou débat sourdist par aucun de noz dessuz diz, que Dieu ne vueille, nous promettons en parole de roy et par le dit serement que nous le ferons duement reformer, redrécer et réparer senz nul délay, et en faire punicion promptement sur la place et aussi raison et justice en icelle mesme place telle comme au cas appartendra, de ceulz de nostre partie. Et jurons en outre sur le dit serement, que se aucun ou aucuns de quelque estât ou condicion qu'ils soient voudroit ou voudraient venir au contraire de nostre dit serement, nous serons en aide de nostre dit pière à nostre povoir pour résister la malice des malfaiseurs dessuz diz , et garder nostre dit pière et les siens par manière comme nous ferons nous et les nostres. Et à ce tenir du tout et parfournir et faire garder et tenir l'ordennance sur ce faite senz fraude ou mal engin, nous jurons et promettons comme dessus, et avons fait jurer en nostre présence toutes les choses dessuz dictes, noz très chiers et très amez uncles les ducs de Lencastre et de Gloucestre, et noz très chiers et foiaux cousins les
contes de Derby, Ruteland, Huntyndon, nostre frère, Mareschall et de Nortliumbre. En tesmoing de ce nous avons fait mettre nostre privé séal à ces présentes. Donné à Calais, le xxtm* jour d'octobre, Tan de nostre règne vyntisme (24 octobre 1397).
Sur le repli: Par le Roy en son consail, présens mes» seigneurs les ducs de Lencastre et de Gloucestre.
' (Orig. parch. scellé en cire rouge sur double queue. — Très, des Ch. Carton J. 635, pièce 23 bu.)
Acquisition de V hôtel de Giac par le duc £ Orléans.
16 décembre 1397.
Vente faite à Louis, duc d'Orléans, par Pierre seigneur de Giac, chevalier, conseiller du Roy, de « Un hostel, court, jardin, louages, édifices, drois, etc. séant à Paris en la rue de Jouy et dont la maistre entrée d'icelui hostel est en ladicte rue de Jouy, et aiant issue en la rue St Anthoine, tenant d'une part tout au long à la rue Percée et d'autre part aux murs anciens de la ville, aboutissant par derrières aux maisons et héritages de Guillaume d'Orgemont des hoirs feu Pierre de Montigny, jadis notaire du Roy nostre sire oudit Chastellet de Paris, et à l'ostel de la Nef qui est en ladicte rue St Anthoine et qui en icelle rue fait le coing de ladicte rue Percée, ès censives des religieux de Thiron et de S. Eloy de Paris, » pour 8,000 écus d'or à la couronne et pour deux maisons du duc « Séans à Paris en la grant rue S. Anthoine à l'opposite de l'ostel de la conciergerie de l'ostel du Roy
nostresire lez Saint- Pol, tenans d'une part à une alée qui va de ladicte rue Saint-Anthoine en la cousture Saincte-Katherine laquelle alée l'en dit estre aux religieux de Saincle-Katherine , et d autre part à la maison Jehan Paien , escuier, avecques les jardins, pressoir, colombier et vigne derrière icelles deux maisons, tout entretenans tenant d'une part aux jardins de révérend père en Dieu monseigneur l'évesque de Paris, et d'autre part à ladicte cousture Ste Katherine. »