CX?XVII
Augmentation du service de Phôtel de Charles,
duc d Orléans.
2 avril 1409.
C'est l'ordonnance faicte par monseigneur le connestable, messeigneurs de Poitiers et de Roussay, par le. commandement et ordonnance de la Roy ne et dÇ moWrgueur deBerry, du nombre de xxmi chevaliers .et escuiérs qui acoropaigqeront monseigneur te duc d'Orléans et seront ên son service oultre et par-dèssus le notaire des cÔnsèille'rs, chambellans et autres gentilz hommes officiers servans continuelmént en son hostel, ainsi qu'il est en" unautre rooleséellé du selé de la Royne et de monseigneur de Berry touché et déclaré.
Lesquel xxxiiii chevaliers et escuiers serviront de deux mois en deux mois, huit à la foys, c'estassavoir quatre chevalierset quatre escuiers, et auront leur haroois pour acompaignier mondit seigneur quant besoing sera. Et moyennant ceste ordonnance seront cassez et mis au néant tous autres souldoyers qui estoient à Bloys en la compaignie de mondit seigneur, et n'en y mettra l'en nulz autres fors ceulz qui cy après sont nommez, que ce ne soit par l'ordonnance et commandement de la Roy ne et de mondit seigneur de Berry. Et premièrement.
Les huit chevaliers et escuiers qui serviront les mois d'avril et may un 6 et ix prochainement venant :
Jaques du Peschin, \ Pour chevalier», et auront ces qua-
Messire Guy Gourle , J" le » m0y 5 qu '!? serv,ront . cbascun
Morviller S boucne à court, fomg et avoine pour
Messire Lyonnet de Braquemont, quatre chevaulx et V». p. d'ostel
I par jour sans autre chose.
Robin * ^ Pour escuiers, et auront ces qua-
Louvet I mo y s qu'ils serviront chascan
Darguerv Aymery. \bouche à court, foing et avoine pour
Le ulz au Biigle. \ deux cn eveaulx et «eux s. p.d ostel
/ sans autre chose.
Les huit chevaliers et escuiers qui serviront pour les moys de juing et juillet après ensuivans.
Messire Jehan de Montjoye, 1 Pour chevaliers, et auront pareille
Messire Charles le Bouteillier, (ordonnance quant ils serviront que Messire Enguerrau de Fontaines, i les autres quatre chevaliers dessus
Messire Macede Boirgne, * ordonnez.
Saillant, J Poar escuiers, et auront ces qua-
Jehan Louain, ( tre quant ilz serviront pareille or-
Guiot Raillait, 1 donnance que les autres escuiers
Anthoine Moriz, ) dessus ordonnez.
Les huit chevaliers et escuiers qui serviront les moys d'aoust et de septembre ensuivans. '
Le sire d'Atechy, j Pour chevaliers, et auront quant
Le sire de Chaumont, f ilz serviront pareille ordonnance
Le sire de Bocqueaux, (que les autres chevaliers
Messire Jehan de Guierlay, ) nommez.
Boucliart de Mornay. 1 n • .m
~ „ . J 1 \ Pour escmers, et auront quant ilz
Guillaume Beruart, \ • •„ • 1
Robert de Laire > serviront pareille ordonnance que
Jaquin Prunele ' ) autrc * escu * ers dessus nommez.
Et par ainsi chascun servira quatre moys en Tan, et au bout des quatre mois seroit bien fait que monseigneur leur donnast aucune courtoisie selon ce qu'il seroit ad visé.
Item. Demourront avec monseigneur xn arebiers et six arbalestiers des meilleurs.
Et ou cas cjue aucuns des dessus nommez yroit de vie à trespassement ou qu'il ne vouldroit venir ou service de mondit seigneur selon l'ordonnance dessusdicte, les trois principaulx conseillers de mondit seigneur porront mettre un autre ou lieu de celui qui deftauldra, sans y mettre aucune creue.
Tesmoing noz seaulz cy rais le u e jour d'avril, Tan de grâce rail quatre cens et huit, avent Pasques.
(Orig. parc h. — Arch. de ÏEmp. Carton K. 56, pièce 24.)
CXXXYIII
Mention de la mort de Gui de Roye, archevêque de Reims, tué à Voltriy dans les Etats de Gènes, comme il se rendait au concile de Pise.
Samedi 8 juin U09.
Hac dîe, telo interfectus est dominus Guydo de Roya, arcbieptscopufi Remensis, cum aliquibus suis familiaribus, in villa de Voutre, prope Januam, eundo ad conetlium Pisauum, pro unione Ecclesie celebratum, a nounullis plebeiis ejusdem ville, in commocione habita inter quemdam habitatorem dicte ville et
fabrum seu marescallum ejusdeoi archiepiscopi, occasione un vel vi denariorum, ut referebatur.
(Reg. XIII du Cons., fol. 75~).
Joie dans Paris à la nouvelle de C élection du pape
Alexandre V.
Jeudi 11 juillet 1409.
Cedit jour, s'est levée la court, environ vin heures, et est alée aux processions générales à Sainte-Geneviève, sur ce que après le scisme qui a duré par xxx ou xxxi ans entre n contendens du papat, l'un pardelà les nions, l'autre deçà, et que longuement et par espécial puiz la créacion de Pierre de Lune derrenièr rement eslu en pape pardeçà les mous, qui Bénédict XIIP se nommoit, eussent laboré, le Roy, les seigneurs de son sanc, l'Université de Paris et le clergié de France à l'union de l'Église et à ce que lesd. contendens voulsisseut pranre la voie de cession, et que pour çe que ledit Benedict n'y voloit entendre, et lui eust esté faicte substraction jà piecà par bulle, laquelle n'eust volu accepter ledit Benedict. Puiz, cellui de Romme, par manière de collusion qu'il eust faicte avec ledit Benedict, eust nyé qu'il eust prins ladicte yôye de cession* au moins ne l'eust volupoursuir, et se fussent ses cardinaulx subtractiou (sicbm substraicts), et le Roy et son clergié àussi* se^ fussent rendus neutres dudit BénédicL Et se fust parti du paiz de Janhes où es toit et s'en fust àlez/au paiz d'Arragon. tt sur ces choses eusl esté célébré çouseil général deir
ii obéissances, à Pise, où eussent esté les cardinaulx d'icelles u obéissances, les clergé, princes temporelx, ou leurs commiz. Derrenièretnent, le xxvr* de juin derrenier passé, a esté esleu en pape, après ce que lesd. u contendens ont esté déclarez notoires scismatiques hérétiques, et aient esté privez de toute honneur et dignité papal et autre quelcunque, et ait esté ordonné d'exécuter la sentence contre eulx selon le cas, maistre Pierre de Candia, Grecus naciorw, maistre en théologie, de Tordre des Frères mineurs, qui paravant estoit cardinal de Milant, dont les nouvelles vindrent lundi matin à la cour et à Paris. Dont cedit jour fut faicte moult grant et joyeuse leste à Paris par toute la ville, tant en feux que en mengiers publiques.
(Rcg. XIII du Conseil, fol. 8*.).
Don fait par le Dauphin, Louis, duc de Guienne, à sa sœur, Marie de France, religieuse à Poissy, d'un fief qut avait été confisqué sur le grand maître de Montagu.
Mclun, M décembre 1409.
Loys, atnsné fils du roy de France duc de Guierme et Dalphin de Viennois, etc.... 1 . * 1 *
Laquelle conhscacion Monseigneur nous' à donnée,
1 , Les lettres commencent pair Tappeler le don que le Roi son pèr« lui a tait des biens confisqués sur Jean de Montagu, en date du 26 octobre 4 401)! Le Dauphjn donna la terre *de MaYcoussis, qui faisait la poriion importante de cette confiscation, à < son' très cher et très^ahié^oncle, Loys, conte Palatin du Rin, et duc en Bavière, frère germain de Madame c'est-à-dire la Reine, par lettres du moisde décembre 1409. .
nous considérant la très grant affeccion et amour naturelle que nous avons et devons avoir à nostre trèschière et trèsamée suer, Marie de France, religieuse de Poissy, et que entre autres choses ledit feu Jehan de Montagu a voit un hostel nommé l'ostel de Montagu, avecques un petit fief nommé le fief (TA union t, avecques deux arpens de vingne, six arpens de prez, un pou de terres labourables, et les bois appartenais audit hostel, séans à demie lieue ou environ dudit lieu de Poissy; lequel hostel, fief, appartenances et appendances dessusdictes pevent valoir chascun an quarante livres parisis ou environ. Et lequel hostel, fief, appartenances et appendances dessus déclairées se~ roient bien propices à nostredicte suer pour y faire de la nourriture pour le gouvernement de ses gens et serviteurs. Àclendu regart à ce, et afin que nostre dicte suer ait mieulx et plus honnestement son estât et provision en ladice religion, à icelle suer avons donné, etc....
Melûn, 11 décembre 1409.
(Orig. parch. — Tri*, des Ch. Carton J. 369, pièce 8.)
Emeute à Abbeville occasionnée par une exportation de blés,
Paris, décembre 1409.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir, nous avoir receu l'umble supplicacion de Robin Leroy, povre jeune homme chargié de femme, contenant :
Comme environ le moys d'avril, Tan mil cccc et huit, à un certain jour, en nostre ville d'Abeville, cer-
taine esmeute et assemblée de peuple eust esté, pour ce que l'en disoit que en la maison Raoul de Catheu a voit plusieurs Angloys et HoUandoys qui menoient et faisoient mener plusieurs vesseaulx aval la rivière chargiez de blez, et que iceulx HoUandoys les menoyent à Calais, ainsi que renommé couroit. Et tant avoient prins et chargiez d'iceulx blez ou pays que le pain en estoit enchéry de deux deniers ou environ sur chascun pain, et aussi en estoit bien enchéry le petit huvrage d'icelle ville. Et pour ce que ledit suppliant vit entrer en la maison dudit Raoul grant nombre de gens, et si en avoit grant quantité devant Fuis, ledit suppliant entra avec autres en icelle maison et là trouva le lieutenant du séueschal de Pontieu et le bailli d'Abeville qui mectoient paine de sauver iceulx HoUandoys. Lequel suppliant, qui cujdoit que se feussent Angloys, dist audit bailli « Maugré ! Dieu voulez vous sauver ces faulx traîtres Anglois. Parla char Dieu! ilz seront mors, » Et lors sacha sa dague et en féry l'un d'iceulx Hollaadois, sans mort ne mehain. Et le lendemain, pour ce que l'en disoit que à Saiftt-Valery avoit grant quantité de navire anglois, se parti de la ville ledit suppliant avec plusieurs autres et y alèrent, et estoit ce jour la feste du saint. Et pour ce que on feist defFense que aucun ne touchast audit navire, ledit suppliant s'en retourna sans faire aucun mal. Pour occasion desquelles choses icellui suppliant a esté banny par justice de nostre royaume....
Paris, décembre 1409.
{Très, de Ch. Reg. JJ. 164, pièce 137.)
PIÈCES INEDITES