‹ Choix d́ pièces inédites relatives au règne de Charles VIChapitre 41 sur 75 · CXXXIV · texte numérisé non relu

CXXXIV

Publication des pouvoirs conférés à la reine pendant

la maladie du roi.

Septembre 1408.

Mercredi v* jour. Furent tous les seigneurs de céans au 1 Louvre en la grande salle où estoient en personnes la Royne, le duc de Guienne son fils ainsné, le duc de Berry, le duc de Bretaigue, les contes de Saint Pol, de Mortaing, d'Alençon, le duc de Bourbon, les contes de Clermont et de Dompmartin, la duchesse de Guienne, la dame de Charrolois, le conte de Tancarville, le connestable, le chancellier, les présidens de parlement, le, grant maistre d'ostel', les arcevesques de Bourges, deTolouse et de Sens, les évesques de Sentis, de Beauvais, d'Amiens, d'Evreux, de Lodève, d'Alby, de Thérouanne, de Séez, de Maillezès et plusieurs autres évesques et abbez, le prévost de Paris, et le prévost dos Marchans acompaignié de cent bourgois de Paris ou environ. En la présence desquels et de plusieurs autres notables personnes et gens du conseil du Roy, fu publié par la bouche de maistre Jehan Jouvenel, advocat du Roy, la puissance octroyée et commise par le Roy à la Royne et audit monseigneur

de Guienne sur le gouvernement du royaume, le Roy empeschié ou absent.

(Reg. XIII da Conseil, fol. 42*».)

GXXXV

Procédure du parlement contre le duc de Berri au sujet a^une fille quil voulait marier à un peintre allemand.

Novemhre 1408.

Mardi xxi* jour, assez tost après ne heures au matin, firent les seigneurs de la court partir les advocas, procureurs et autres estans aux plaidoiries, et tindrent conseil sur certeinnes lectres envoyées depar le duc de Berry à monseigneur Henry de Marie, premier président, sur ce que la court avoit eu plainte d'une juesne fille, d'environ vin ans, née de Bourges, de bourgoisie, que roloit marier icellui duc à un peintre alemant qui besoignoit pour lui en son hostel de Wincestre lez Paris; contredisant la mère et autres amis, si comme l'en dtsoit. Et de fait avoit fait détenir icelle fille, le duc, en son chastel d'Estampes, où- il estoit alé un huissier de parlement, par Justice, quérir ladicte fille, que l'en lui avoit refusée. Pour quoy avoit adjorné les désobeyssaris céans. Sur quoy avoit en présent [supp. le duc de Berry], envoyé lesd. lectres aud. président, contenans eu effect qu'il se pranroit à sa personne et à ses biens se la chose prenoit autre conclusion qu'il n'eust ordonnée. Sur quoy fu délibéré que aucun, ou aucuns des seigneurs de céans alassent audit duc le desmouvoir, combien que ledit président se présentast d'y aler en personne.

(Reg. XIII du Conseil, fol. 50'«>.)

Discours prononcé par le chancelier , Arnaud de Corbie, à r ouverture du parlement^ sur les dangers des temps.

Novembre 1408.

Lundi xii* jour de novembre mil coccvin, tint le parlement messire Arnaut de Corbie, chevalier et cliancellier de France, présens messire Henri de Marie président premier, maistre R. Mauger président, les patriarche d'Alexandrie, arcevesque de Tours, évesques de Lisieux, de Paris, de Senlis, du Puy , Tournât, Uses, Limoges, Lodève, Mirepoiz, Terbe, Évreux, Lussoh et Coustances et l'abbé de Saint-Denis en Erance, plusieurs des maistres des requestes de l'ostel du Roy nostre sire, les seigneurs des grant chambre, des enquestes, et requestes du Palais. Et furent leues les ordonnances et fais les services acoustumez.

Cedit jour, ledit messire Arnaut de Corbie, chancellier, a dit au conseil à la court, qui lui estoit mandé de par le Roy nostre sire, qui estoit, comme Ton disoit, à Gien sur Lm'ire, qu'il alast à lui ; qui lui estoit bien grief, actendu son ancien aage et le temps, et pour ce que le temps qui est à présent estoit bien dangereux. Car Ton disoit que monseigneur le duc dë Bourgoigne estoit autour le paiz de Flandres, garni ès*paiz de' Picardie et de Champaigne de moutt'grant nombre de gens d'armes, et ne savoir l'en son etitencion. Et le Roy nostredit sire, la Roine, monseigneur le Dauphin et les autres seigneurs du sang royal estaient ,ou chemin de la rivière de Loire, et s'estoient puis xv jours partizdc Paris assez hastivement, et le Roy estant ma-

lade de sa maladie acoustumée. Qui amonesta la court de diligemment faire justice, car ceste court estoit le seul refuge de justice qu on puest de présent avoir en ce royaume. Car partout avoit grant tribulacion, et souffroit et avoit moult à souffrir le peuple et par espécialen la Langue Doy, par la grant multitude de gens d'armes qui, hors feux bouter, gastoient et destruioient les plas paiz en pillant, en rançonnant les villes et les singulières personnes, et par espécial les églises et gens et subgiez d'église, et les subgiez et hommes et villes du Roy par tout, et singulièrement puis nu ou v ans, le païz de Champaigne et de Brie, et aucunes foiz tuoient et souvant batoient plusieurs bonnes gens de plat païz.

(Reg. XIII du Coiueil, fol. 49.)

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