CLXXVIII
Mesures prises par le parlement pour avoir de r argent.
Samedi 15 mai 1417.
Ce jour est venu céans mons. le chancelier et, les ii chambres assemblées, a exposé la nécessité d'avoir argent prompt pour .pourveoir à résister aux adversaires d'Angleterre qui se mettent ou sont desjà mis sus pour grever ce royaume, et à certains banniz et autresgens.de campaigne qui, soubsumbre du duc de Bourgongne, Font plusieurs raaulx en cedit royaume. Et a requis que la cour fait aucune somme ou aide en général ou particulier, par prest ou autrement, au Roy, sur quoy la court a pris à délibérer après disner.
Et cedit jour, après disuer, furent en la chambre (deux présidents et trente quatre conseillers). Et fut conclud que sur les propos et requestes dudit chancelier et sur certaines faultes qui sont au gouvernement de cedit royaume, leds. m. P. d'Oger, G. Pelis Sens, O. Baillet, Ja. du Gard, Ja. Braulart, J. Vivien et G. Laillier feront une cédule d'avis qui sera leue en la court et puis portée ou baillée au grant conseil du Roy.
{Arch. de FEmp. — Reg. XIV du Cou»., fol. 91).
Lundi 24 mai U17.
Et n'a point ce jour esté plaidié pour ce que paravant le avoit mandé ainsi estre fait mons. le chancelier, qui, et aussi le conte d'Armignac, connestable de France, messire Tanneguy du chastel, prévost de Paris,- M. Robert le Maçon, chaucellier de monseigneur le Dauphin, G. Cousinot, chancelier du duc d'Orléans, les évesques de Clermont et de Paris et de Chartres, mess. G. Seignet, sénescbal de Beaucaire, M. P. de I^esclat et autres maistres des requestes de l'ostel du Roy, M. Miles d'Angeul, M. G. Leclerc et autres de la chambre des comptes, M. Raymon Raguier, Alexandre le Boursier et Jehan Coiguet, généraux commissaires sur le fait de toutes finances pour le Roy, Bureau de Dompmartin et autres trésoriers de France, vindrent en la chambre de parlement, et s'assist ilec ledit connestable au dessus dudit chancellier et de tous, et ylec, assemblez les seigneurs des m chambres, c'est, assavoir de parlement, des enquestes et des requestes du Palais, et aussi les advocaz et procureurs du Roy,
après aucunes choses dictes par lesdiz chancellier et connestable afin d'apviser à avoir argent prest et prompt pour la neccessité du royaume, comme ilz disaient, et comme autrefois nagaires l'avoit dit et exposé led. chancellier à la court, fut requis par lesdiz généraulx, commissaires par la bouche dudit Raguier, qu'ilz feussent deschargez de leurs offices et veuz leurs estaz des finances. Et oultre dit qu'il fault, pour un ou v mois prouchainement venans, de vin à rx m fr. Et il n'y a rien de finances qui ne soit jà emploie et mengié jusques au mois de juing prouchain. Et ont laissiez devers la court certains quayers de papier, contenans estaz comme disoient. Et en parlant sur les choses dessus touchées, ont apporté, maistre Raoul Aucher, lieutenant, et G. Paris, clerc criminel dudit prévost de Paris, certaines lettres patentes envoyées de Rouen et trouvées atachées aux portes d'aucunes églises d'ilec, scellées du petit séel du duc de Rourgongne et signées de sa main, comme l'on dist, contenans menasses de feu et de sang contre ceulx qui gouvernent à présent pardeçà et entour le Roy, qu'il appelle rapineurs, dissi peurs, tirans, trais très, empoisonneurs et murtriers, et leurs adhérans Et ont esté ycelles lettres leues in dicta caméra palam omnibus et en retenu copie et l'original rendu audit chancellier.
(Ibid., fol. 92'«).
Vente de rentes sur l Hôtel de ville pour les fortifications
de Paris.
Du mercredi 9 juin 1*17.
Ce jour ont esté céans nions, le chancelier et plusieurs maistres des requestes et du grant conseil du Roy avec lui> et ont apporté certaines lectres royaulx par lesquelles est octroyé aux prévost des marchans et eschevins de Paris, qu'ilz puissent vendre sur les rendes de la ville mil 1. p. de rente à vie ou à héritage, à rachat, pour, tourner l'argent qui ystra de ce ès réparacions, emparement et défense de ladicte ville. Et à icelies lectres, dont est demouré autant au registre de la court, a esté obtempéré, pourveu que au compte rendre aura aucuns des seigneurs de céans avec ceulx de la chambre des comptes.
(Reg. XIV du Conseil, fol. 94").
Guy T urpin 9 chevalier , enlevé par force des prisons de fa Conciergerie.et conduit a Vhotel Saint-Paul.
Juin 1417.
Dimanche xm - jour curia vacat.
Ce jour, entre rx et x heures avant midi, vindrent environ vin hommes, y avoit ni chevaliers, eulx disans venir de par lé Roy, ès prison de la conciergerie du palais et rompirent le premier huis desdictés prisons
et ini'itis custodibus prindrent en la grosse tour messire Guy Turpin , chevalier, soy disant seigneur de Laval, qui par ordonnance de la court estoit prisonnier en ladicte tour, et l'emmenèrent de fait devers le Roy en l'ostel de Jez Saint-Pol à Paris.
Lundi xini' jour. Ce jour n'a point esté plaidié, mais a l'en esté au conseil sur ledit fait dudit Turpin. Et est le registre de ce au greffe criminel.
(Reg. IX des Matin., fol. 248).
GLXXXI
Emprunt demande aux avocats et procureurs. «.
Juin 1417.
Jeudi tiers jour. Ce jour, avant les plaidoieries, ont esté mandez en la chambre les advocas et procureurs seulement, et exhortés par la court de par le Roy de prestrer au Roy pour sa neccessité urgent qui est de présent pour résister aux Anglois et autres adversaires de ce royaume qui se mectent sus pour le grever. Et a esté au fait desd. empruns, avecques maistres N. de Baye et R. Houel jà commis et esleuz à ce par la court, commis maistre Jehan Milet, notaire du Roy céans. *
(Reg. IX de* Matin., fol 242).
Exil de plusieurs conseillers du parlement, comme partisans
du duc de Bourgogne.
Du mardi 30 août! 4 17.
Mardi xxx e jour dessusdit, après disner, furent assemblez en la chambre de parlement les présidens et conseillers dudit parlement, de la chambre des enqu estes et des requestes du palais, pour avoir advis et délibéracion sur ce que on avoit rapporté et exposé en ladicte court : C'est assavoir que le Roy avoit voulu et ordonné en son grant conseil pour maintenir la villa de Paris en plus grant seurté, paix et transquilité et autres causes, de faire partir et eslongnier de ladicte ville de Paris par aucun temps aucuns des conseillers et officiers de ladicte court nommez et escripz en certain roole, sauf à eulx corps, honneurs, offices et biens quelconques. Ouquel roole estoient escripz et nommez maistres Jehan de Longueil, G. Petitsaine, G. de Sens, G. de Besze, G. de Celsoy, G. de Gy, Es tien ne > Joffron, Ja. Braulart, Estienne des Portes, G. Perière, J. de Saint-Rouimain, Hugues de Morueil, Philippe le Bègue, conseillers du Roy, J. Aguenin, procureur du Roy, J. Hue, J. Milet notaires, J. du Bois, greffier criminel, C. de Buymont, Ja. de Buymont, Théo. Raat et aliter Cachemaire, huissiers dudit parlement, soubz umbre de ce que on les soupçonnoit d'estre favorables ou affectez au duc de Bourgorigne, lequel on disoit venir et adrécier son chemin pour vouloir entrer à Paris à compaignie de gens d'armes, contre les inhi-
bicions et deflfenses du Roy. Et finablement ladicte court députa et ordonna certains commissaires présidens et conseillers de ladicte court pour aler devers les gens du grant conseil et leur exposer et remonstrer entre autres choses l'innocence desdiz conseillers et officiers dessuz nommez, afin que ledit roole ou regard d'eulx feust aboli, et ne feussent contrains de partir de ladicte ville de Paris. Laquelle chose lesd. commissaires n'ont peu obtenir, jà soit ce que les dessus nommez ne feussent accusez, convaincus ne atains d'aucunes faultes. Et après ce fu ordonné que les dessus nommez et chacun d'eulz auroit lectres du Roy et de ladicte court, contenans en eflfect saufconduit et sauvegarde espécial, faisans narracion que le Roy envoie yceulz conseillers et officiers dessus nommez et chacuns d'eulz à certaines parties de ce royaume, pour certaines besongnes touchans le fait du Roy et de ladicte court, etc., ut in forma cuilibel predictorum supranominatorum tradita,
(Reg. XIV du Con*., fol 104).
GLXXXIII
Détails sur le complot de Pâques 1416.
Paris, novembre 1417.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir Que nous ayans en mémoire et recordacion les loyaulx agréables et prouffitables services que nostre amé Mengin de Trêve, varlet de chambre de nostre trèscher et trèsamé fils le Danlphin de Viennois a fait tant à nous, à nostredit filz, comme à nos loyaulx officiers
et serviteurs, aux bons bourgois et habitans de nostre ville de Paris et généralement à tout nostre royaume en révélant par lui certaine conspiracion, monopole et assemblée dampnable et détestable, machinée et excogitée par aucuns particuliers de nostre dicte ville de Paris sédicieux et desloyaulx envers nous, lesquelz
- avoient délibéré et conspiré de donner et bailler par force et à violence d'armes entrée, par une des portes de nostre dicte ville de Paris appelée la porte de Bordelles, en icelle nostre ville de Paris au duc de Bourgoigne, qui par le moien desd. conspirateurs avoit entencion de venir, et de fait vint le jour de la saint Clément dernièrement passé, à grant effort et puissance de gens d'armes, devant ladicte porte de Bordelles, pour vouloir et cuidier entrer en icelle nostre ville contre noslre gré et voulenté et en icelle faire luer et mectre à mort plusieurs de noz bons et vrays officiers et serviteurs et autres bourgois et babitans de nostredicte ville, à la déprédacion d'icelle ; et dont plusieurs autres inconvéniens et dommages irréparables se Bussent ensuis au déshériteront de nostre seignorie e! géneralment a la subversion de nostredit royaume, se nostre seigneur de sa bénigne grâce et provision n'eust voulu et permis ladicte conspiracion à nous estre révélée Et afin que ledit Mengin de Trêve ait cause de persévérer en sa loyaulté, et que nos autres subgiez puissent par effect cognoistre et appercevoir les curialitéz que nous avons de les rémunérer en temps et en lieu de leurs loyaultez selon leurs services, audit Mengin de Trêve.... avons baillié cédé donné... . v (Don de deux hôtels situés en la ville et terroir de
^Jnallo>aux lez Paris^ \ • . ^ '\/\ 7. v .
Di
Donné à Paris au mois de novembre, l'an de grâce mil cccc et dix sept et de nostre règne le xxxvm e .
Par le Roy, à la relacion de son grant conseil tenu par monseigneur le Daulphin.
- • . Mauregart.
(Très, des Ch. Reg. JJ. 470, pièce 110).
Autres.
Paris, décembre 1417.
Charles, etc. Savoir faisons à tous présens et avenir. Nous avoir receu l'umble supplicacion de Guillaume Pigalle, povre laboureur de la Villecte Saint-Ladre lez Paris, chargié de femme et denfans, prisonnier ès prisons de nostre Chastellet de Paris, contenant.
Que comme à un jour de dymânche, qui fu ou mois de may derrenièrement passé, lui estant en la ville de Pontronville où il estoit aie tant pour soy esbatre
le pour veoir traire de l'arc au pape™* u « °"
de ladicte ville d ^ ' !
voient traire, se feust tr
J^uberet, tavernier, lors demourant en icelle ville, ou- ? quel il eust trouvé, ou au moins feussent seurVeims, r uu nommé JefiW Méuregny, tixerant de toil^ lors ;
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defiiourant
très cp*apai gnons
Méuregny, tixerant de tod£s, lors ; • que il cogïçis^jt^ V^^if^ois Ftis, • c'est a^airm^' ^rin ^oussarjt, ^ ço% «t (jalet PoVeriè, qui eussent ^rit ' 1
^han^ite^l, ipaçoife 'ftC^étPoVerièy^uieu^nt^t ^ .mécO'e'la uipue ôt tradér^du vio ^avecques lesqîrel£ ledit^tmliant se. %us^assis en une assiecte oudit t hos-i
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Au béret. Et lui estant audit escot et assiète, eust entendu entre autres paroles que lesdiz compaignons et en espécial ledit Jehan Meuregny, commença à parler et dire — Que il convenoit et a voient, lui et autres, advisé faire à Paris une seconde assamblée de gens et mander par un message au duc de Bourgoigne que à certain jour il envoiast secrètement près de Paris de ses gens d'armes, et que iceulx ainsi venus, lui et autres qui avoient grant gent de leur aliance, comme disoit ledit Menregny, feroient tant qu'ilz bailleroient entrée à Paris aux gens du duc de Bourgoigne et eulx ainsi entrés vroient devers nous et nous feroient chevaucher et aler aval la ville, sans déclarier à quel fin, et que tous ceulx qui à ce vouldroient résister seroient mis à leur obéissance, et feroient tant qu'ilz seroient les maistres. Et ces choses, et aucunes autres dont il n'a mémoire, sur ce pourpalées, oy ledit suppliant que ledit Meuregny et autres de ladicte compaignie dirent que le lendemain se assembleraient à Paris en certain hostel, qu'ilz ne déchirèrent point, pour sur icelle assemblée plus amplement parler. Et pou de temps après se feussent les dessusdiz partis dudit hostel et taverne sans plus avant parler de ladicte assemblée, ne quilz requissent oncques oudit suppliant qu'il feust en icelle, ne faist finance de gens, ne que icellui suppliant eust à ce donné consentement ne promis estre à icelle, ne sur ce fait serement de tenir la chose secrète en la mai» dudit Meuregny ne d'autre, ne sans avoir promis faire le message devers ledit de Bourgoigne ne aussi qu'il en feust oncques requis. Pour occasion des queles choses, et aussi pour ce que ledit suppliant n'avoit pas révélé à noz gens et ofH-
ciers ce que dit est dessus, icellui suppliant briefs jours après eust esté emprisonné es dictes prisons, esqueles il a tousjours esté depuis détenu et encores est....
(Suit la rémission adressée au prévôt de Paris.)
Donné à Paris ou mois de décembre, Tan de grâce mil cccc et dix sept et de nostre règne le xxxvin*.
Par le Roy, à la relacion du conseil,
R. Camus.
(2W#. <Us Ch. Reg. JJ. 170, pièce 69.)
Discours sur la paix , prononcé en parlement par le cardinal
de Saint-Marc, légat.
Du mardi 3 mai 1418.
Ce jour, le cardinal de Saint Marc, qui estoit envoié par le pape en ce royaume, principaument pour soliciter et poursuir l'apaisement des divisions et guerres estans entre les seigneurs dudit royaulme et subgetz du Roy, exposa certaine créance qu'il avoit à dire et exposer, ou grant conseil du Roy tenu par monseigneur le Daulphin , et entre autres choses, les causes et manière de sa légacion et ambassade, et proposa plusieurs causes, raisons, et exemples notables pour exorter, induire et amonester touz à entendre à l'apaisement desd. guerres et divisions, et print pour theume Pax huic doniui. Lesquelles paroles ledit cardinal déduit moult notablement, si comme on disoit. Et fu ledit conseil continué à lendemain, ouquel furent mandez les présidens et plusieurs des conseillers de la court.
(Reg. XIV du Cous., fol. 135'-).
GLXXXVI
L hôtel d'Armagnac donné au comte de C haro lais. Paris, 21 juillet U18.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Savoir faisons à touz présens et avenir. Que comme pour plusieurs crimes, délys et maléfices notoirement commis et perpétrez envers nous et nostre royal majesté et encontre la chose publique de nostre royaume par feu Bernard, jadis conte d'Armignac, icellui feu Bernard ait esté prins et détenu prisonnier en noz prisons à Paris où il a finéses derniers jours. Et comme criinineulx de lèze majesté aient esté et soient tous ses biens à nous confisquez et acquis, et mesmement soit aujourd'hui escheue et advenue par le moien de ladicte confiscacion la maison ou hostel où demouroit à son vivant ledit feu conte d'Armignac, appelle à présent l'ostel d'Armignac, situez et assiz en nostre dicte ville de Paris près de l'église S. Honnoré, et en puissons faire et disposer à nostre plaisir et voulenté comme de nostre propre chose. Et de la partie de nostre trèscher et trèsamé filz le comte de Charrolois nous ait esté exposé, que icellui nostre filz n'avoit en nostre dicte ville aucun hostel pour lui et pour nostre trèschière et trèsamée fille la coiitesse de Cfiarrolois logier quant ilz vendront pardevers nous , en nous suppliant humblement qtie ledit hostel nous voulissions donner et transporter à nostredit filz, etc. • } - -
(Suit la donation.)
Donné à Paris le xxi e jour de juillet, Tan de grâce
mil iiii c et xviii et de nostre règne le xxxvni*. Ainsi signé.
Par le Roy ,
J. Milet.
(Ank. Je tgmp. Reg. JJ. 170, pièce 160.)