CRITIQUE DE LA MÉTHODE
A) Intradermoréaction première :
L'inconvénient majeur de ce procédé est son inape \ 2 » pe titude à déjouer l’accoutumance. Il est gros de consequence : en effet, on ne pourra pratiquer une intradermo première si l’on doute que l’animal sollicité a été tuberculiné en sous-cutanée dans le mois précédent. C’est là une contre indication formelle dont il faudra tenir compte dans le choix d’une méthode.
On lui reproche un trop £$rand nombre de réactions douteuses. Effectivement elles ne sont pas rares, mais dans ce cas on peut recommencer l’intervention dans les jours suivants : l’intradermo seconde est souvent utilisée pour pallier les résultats incertains d’une première inoculation intradermique.
Ses avantages par contre sont incontestables. Contrairement à la tuberculination hypodermique elle peut être appliquée sans précautions. Inutile de maintenir les animaux au repos, de s'inquiéter de leur état thermique avant l’épreuve. On peut même tuberculiner des sujets fiévreux, sans risques d’influencer sur leur état de santé. L’intradermoréaction peut être pratiquée chez des bovins dont la température dépasse 39°5 alors qu’une
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injection sous-cutanée est contre-indiquée dans ce cas. Or l’été, par temps orageux, de telles températures ne sont pas rares chez des animaux pourtant indemnes de toute affection. De plus, les tuberculeux présentent fréquemment de l’hyperthermie (observation n° 1).
En outre, l’abandon du relevé thermique n’est pas un des moindres attraits pour le propriétaire.
Mais surtout, l’intradermotuberculination présente l’avantage énorme de ne pas créer l’accoutumance L'épreuve intradermique peut être répétée plusieurs fois (8 à 15 fois à une semaine d’intervalle d’après PLUM) avec un succès complet. De ce fait, les fraudes consistant à «saturer » un animal n'existent plus. On conçoit aisément que cette propriété, donne à la méthode une certaine supériorité sur la tuberculination hypodermique.
B) Intradermoréaction seconde.
On peut lui adresser les mêmes critiques. Elle possède cependant un avantage irréfutable sur la méthode précédente : elle se révèle capable de déjouer en partie ‘les phénomènes d’accoutumance. D’après certains auteurs, elle ne semble pas en effet influencée par une injection unique de tuberculine en sous-cutanée, à dose simple ou double. Il est donc possible de l’utiliser là ou l’intradermo première est vouée à l’échec. Par contre les injections hypodermiques répétées à de courts intervalles suppriment la réaction à l’intradermotuberculination seconde.
Cette dernière paraît être également sans action sur une tuberculination sous-cutanée consécutive... Nos observations en témoignent, comme nous l’avons signa-
Shore
lé dans un autre chapitre. L'on doit même penser que le silence d’une tuberculination sous-cutanée après une intradermoréaction seconde positive semble devoir être attribué à une sensibilité plus grande des animaux à cette dernière méthode, plutôt, qu’à une action inhibitrice de la première sur la seconde {CUILLE et CHELLE).
Effectivement, l’intradermo seconde donne un pourcentage plus élevé de réagissants que la tuberculination $ous-cutanée, elle dénonce des formes de la tuberculose (avancée, cachectisante) qui échappent à l’interrosation d’une injection sous-cutanée de tuberculine (observation n° 11).
En fait, est-elle supérieure à l’intradermoréaction première ?
Les uns, arguant que la pratique vétérinaire doit être avant tout simple et économique, lui reprochent de nécessiter trois interventions (deux pour l'exécution, une de contrôle). Est-ce là un obstacle exécutoire ? Elle donne lieu, prétendent les autres à de trop nombreuses réactions douteuses (plus de 50 % d’après Lucas). Ce jugement paraît beaucoup trop sévère. Si la méthode s'appuie sur une bonne technique, avec de la tuberculine d’excellente qualité, sur une rationalisation de sa mise en œuvre, et surtout sur une interprétation minutieuse des résultats, les défaillances ne doivent pas dépasser considérablement le pourcentage de celles que l’on enresistre lors d’une intradermoréaction première. Bien au contraire, l’imprécision de cette dernière est. souvent éclairée par une intradermoréaction seconde qui constitue un élément de diagnostic des plus sûrs.
Un perfectionnement à l’intradermoréaction secon-
AE et
de consisterait à pratiquer la seconde injection de tuberculine, sept jours après seulement la première. La réaction est positive quand l’épaississement dépasse 6 milli- - mètres. C’est le test de STORMONT. Les réactions douteuses n’existeraient pratiquement pas. Cette méthode est officiellement reconnue en Irlande du Nord. Nous ne l’avons pas expérimentée. Le délai entre les deux interventions est longs. Il pourrait constituer une entrave au commerce et attirer la méfiance des propriétaires.