LA BELLE NUIT
Hâ I mon cœur que je vis heureux Maintenant que suis amoureux !
Hâ 1 belle nuit entre les belles, Si sauvent j'en avais de telles, , Je ne voudrais pas être Dieu !
Tantôt nous nous fâchons ensemble, Tantôt un baiser nous rassemble Doucement ; puis ce boutefeu Amour, entre deux bouches closes, Invente mille douces choses Pour nous en donner à choisir:
Sa flamme n'étant paresseuse En la passion amoureuse D'allumer un nouveau plaisir.
Tantôt nous luttons bras à bras Dessus le lit, entre les draps ; Tantôt ma mie me veut combattre, Avecque son tétin d'albâtre
secrétaire par son cousin le cardinal, il dénonça dans les Regrets les intrigues de la cour romaine, ce qui le fit tomber en disgrâce. Il rentra en France, mais n'y ayant plus retrouvé ses protectrices, les deux Marguerite, — la sœur de François I*', qui était morte, et la sœur de François II. qui venait de se marier, — il mourut assez misérablement. Ses contemporains l'avaient surnommé VOvide français.
(1) Cette « chançon » est dédiée à M. Simon Nicolas « secrétaire du Roy ».
Me pressant le ventre et le flanc :
Puis, faisant tantôt la farouche, S'enfuit, me dresse une escarmouche Et se couvre d'un linge blanc, Ou du drap, ou de sa chemise.
Pour retarder mon entreprise. Et me fait retirer honteux.
Ne voulant pas que je l'approche.
Ferme tout ainsi qu'une roche Encontre les flots écumeux.
Comblé de plaisirs, je m'endors.
Elle, aussitôt, dessus les bords De mes lèvres se vient étendre :
Moi, sentant de sa bouche tendre Mille petits baisers mignards.
Le bout de sa lèvre mignotte, Couleuvrant, qui flotte et reflotte De çà, de là, de toutes parts.
Je me meurs, si mon âme, atteinte De trop de plaisirs, n'est contrainte Laisser ce corps ; puis, sur son sein Penché, tout transi j€ soupire, Faisant signe qu'elle retire Sa bouche, ou je mourrais soudain.
Remy Bellbau (1).
(1) Né à Nogent-le-Rotron en 1528, mort à Paris en 1557. Il fut le précepteur du duc d'Elbeuf, Charles, grand écuyer de France, dont il resta le commensal. Membre de la Pléiade, il traduisit les odes d'Anacréon et des parties du Cantique