‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 16 sur 97 · LE PREMIER JOUR DE MAI · texte numérisé non relu

LE PREMIER JOUR DE MAI

Laissons le lit et le sommeil,

Cette journée :

Pour nous Taurore au front vermeil

Est déjà née.

Or* que le ciel est le plus gai, En ce gracieux mois de mai,

Aimons mignonne.

Contentons notre ardent désir :

En ce mondie n'a du plaisir

Qui ne s'en donne.

Viens, belle, viens te promener

Dans ce bocage ; Entends les oiseaux jargonner

De leur ramage.

Mais écoute comme sur tous Le rossignol est le plus doux,

Sans qu'il se lasse.

Oublions tout deuil, tout ennui, Pour nous réjouir comme lui.

Le temps passe.

Plessis et succéda à Ramus dans sa chaire d'éloquence au Collège de France. Il fut, avec Nicolas Rapin et Jacques Glllot, un des principaux auteurs de la Satyre Ménippée. Ses vers, latins ou français, qu'il n'avait faits qu'en manière de délassement, ne furent publiés qu'après sa mort.

Ce vieillard, contraire aux amants,

Des ailes porte, Et, en fuyant, nos meilleurs ans

Bien loin eonporte.

Quand ridée un jour tu seras.

Mélancolique tu diras :

a J'étais peu sage Qui n'usais point de la beauté Que si tôt le temps a ôté

De mon visage. »

Laissons ce regret et ce pleur

A la vieillesse ; Jeunes, il faut cueillir la fleur

De la jeunesse.

Or'que le ciel est le plus gai, En ce gracieux mois de mai.

Aimons, mignonne. Contentons notre ardent désir :

En ce monde n'a du plaisir

Qui ne s'en donne. (1)

Jean Passerat.

(1) Tous les poètes de la Pléiade et de l'école de Ronsard se sont essayé à paraphraser la fameuse ode de celui-ci :

Mignonne, allons voir si la rose...

Jean Passerat est celui qui a le plus volontiers rimé des variations sur ce thème.

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