‹ Choix de chansons galantes d'autrefois; avec une introd. et des notes. Ouvrage orné de deux planches gravéesChapitre 22 sur 97 · LES LENDEMAINS · texte numérisé non relu

LES LENDEMAINS

Air ; Réveillez vous, belle endormie.

Philis, plus avare que tendre, Ne gagnant rien à refuser, Un jour exigea de Sylvandre Trente moutons pour un baiser.

Le lendemain, nouvelle affaire.

Pour le berger le troc fut bon, Car il obtint de la bergère Trente baisers pour un mouton.

Le lendemain, Philis, plus tendre.

Tremblant de se voir refuser.

Fut trop heureuse de lui rendre Trente moutons pour un baiser.

dans le Vexin normand, en 1639, mort en 1720. Commensal et protégé des deux princes de Vendôme, qui le dotèrent généreusement de nombreux bénéfices, il est peut-être le plus célèbre des « abbés galants ». Ses poésies légères, qui sont le reflet de sa vie épicurienne, le firent beaucoup estimer dans la société du Temple où il vécut et dont Voltaire l'a baptisé VAnacréon. Il est vrai que Voltaire corrige ce compliment en affirmant, dans son Temple du goût, que l'abbé de Chaulieu « prodiguait des beautés sans correction »».

Le lendemain, Philis, peu sage, Aurait donné moutons et chien Pour un baiser que le volage A Lisette donna pour rien.

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