LE ROULIER
Tout en menant ma charrette, A moi r péri pour vous m'ner ça,
Aye, hue, oh I J' vis l'un' demoiseir qui s' crotte Sauf vot' respect jusqu'au cul.
Eh diah, eh diah, eh diah, Eh tir' cadet, tire.
Faut qu'un roulier roule, roule, Et toujours joyeusement.
Il fut nécessairement ruiné par la Révolution, mais ne perdit rien de sa bonne humeur et continua à fréquenter assidûment le Caveau moderne comme il avait fréquenté l'ancien. En 1807, l'Académie française l'accueillit pour remplacer le ministre Portails. Cette élection permit de juger à quel point il était timide : présenté à l'Empereur, il fut tellement troublé qu'il ne put pas citer le titre d'une seule de ses pièces et n'arriva môme pas à articuler son nom.
(1) <« Lorsque les troupes de Berny et de Bagnolet décidèrent, en 1754, de se réunir pour jouer ensemble une parade chez le comte de Clermont et choisirent Léandre ambassadeur en Perse (qui devait être précédé par Isabelle commissaire et bouffon italien), un accident se produisit. Le roulier qui transportait les décors de Bagnolet à Berny versa dans une ornière. On demanda à Laujon de faire une annonce — amusante — sur l'accident et il composa cette « ronde grivoise » qui ouvrit le spectacle. Cette ronde eut beaucoup de succès. Auteurs et spectateurs se félicitèrent d'un heureux accident qui avait fourni à Laujon. expert en la matière, de si agréables sous-entendus. -> (Hbnri d'Alméras et Paul d'Estrée, Les théâtres libertins au diX'Iiuitième siècle, 179. — H. Daragon. édit.)
J'pus pas voir crotter les charmes De c*te beir petit' dondon.
Aye, hue, oh I J* la montis dans c'te voiture, Ça m'gagnit son amiquié.
Eh diah, etc.
J* vous lui d'mand' comme cil* se nomme (Comm' fait z'un queuquun d' galant).
Aye, hue, oh I A* m' répond : « T'nez je crois qu*y gêle(l). » J* lui dis : a J' ne crois pas ça, moi. » Eh diah, etc.
La beir sent queut chos* qui craque A' m* dit : « Vous allez m' verser. »
Aye, hue, oh I En disant ça, v'ià l'orgnière Où c* que j* gliss' jusqu'au moyeu.
Eh diah, etc.
La beir fit un cri... d'merluche Qui fit peur à mon cadet ;
Aye, hue, oh I J' vous r'mis ma dondon par terre.
Pour soulager 1' bricolin.
Eh diah, etc.
Laujon.
(i) Allusion à quelque rôle des parades de Laujon : Isabelle, Zirzabelle, etc.
ADIEU L'OISEAU î
De la jeune Isabelle Déplorons le malheur.
Un moineau, chéri d'elle, Faisait tout son bonheur.
Mais, hélas I quel dommage I En flattant le moineau, La belle ouvrit la cage :
Adieu l'oiseau I
Belles qu'amour engage, Voulez-vous qu'un amant Soit sous votre esclavage Jusqu'au dernier moment ?
Faites un bon usage Du malheur d'Isabeau :
Si vous ouvrez la cage.
Adieu l'oiseau !
Recueil Gosse et Xeauline (1).
(1) Le succès de Vadé vint surtout de ce que ses chaiisuiis poissardes étalent à proprement parler le contre-poids de tout ce qu'on trouvait à l'ordinaire dans la plupart des recueils de poésies et surtout des recueils de chansons de l'époque où foisonnaient les <• bergeries », les « brunettes », les « musettes » et autres fadaises ([ui ne laissaiiMit pas d'être assez monotones. Cependant il n'en était pas ainsi